Venu à Dakar présenter Sen System : Le reggaeman Sun Sooley à la reconquête du Sénégal

Il avait décidé de quitter le Sénégal pour aller à la découverte d’autres genres musicaux. Mais il se fait rattraper par son passé de reggaeman. L’artiste musicien Sun Sooley, ancien membre du groupe de rap Jant Bi est revenu au bercail pour présenter son album international intitulé One day inna Babylone mais surtout son dernier single Sen System qui interpelle les autorités sénégalaises. Il a également l’ambition de redynamiser le mouvement reggae au Sénégal.


Après plusieurs années d’absence, l’artiste reggaeman Sun Sooley est revenu au Sénégal, sa terre natale pour reconquérir son public. Venu présenter son dernier single intitulé Sen System, cet ancien membre du groupe Jant Bi qui, aux côtés de ses amis Moussa et Doudou, a remporté en 1996 avec leur opus Boul Ma Djoylo et pour la première fois dans l’histoire du Sénégal, la palme de la meilleure vente en écoulant plus de quatre vingt mille exemplaires, dit vouloir « reconquérir le cœur de son cher public du Sénégal ».

Et pour s’y prendre, Sun Sooley reste en phase avec le style de sa musique qui se veut à la fois « révolutionnaire et dénonciateur ». Ainsi le nouveau titre qu’il a ramené pour signer son retour au Sénégal, dénonce la mal gouvernance et les malversations des dirigeants africains. Cette composition musicale, d’une virulence qui ne surprend guère, venant d’un artiste qui se dit panafricaniste et rasta dans l’âme, évoque de manière crue de nombreux problèmes et difficultés que rencontre au quotidien la population sénégalaise, voire africaine. « Je ne peux pas m’empêcher de poser certaines questions relatives à certains dysfonctionnements notés dans des secteurs aussi vitaux que la santé, l’éducation et l’emploi. Pourquoi la fourniture de l’eau et de l’électricité n’est pas toujours correctement assurée etc. Alors que nous sommes en 2010 et que les autorités avaient pris l’engagement de régler tous ces problèmes. Il faut le constater et il est vrai que pour la majorité des citoyens, rien n’a vraiment changé », affirme le reggaeman, pour justifier sa production.

Aussi, informe-t-il, « j’ai effectué ce retour au bercail pour faire ressortir l’image de Sun Sooley, après cinq années d’absence. Par la suite je vais m’atteler à faire sortir l’album après ce single. J’ai aussi décidé de m’investir un peu plus dans la relance du mouvement reggae au Sénégal. Car j’ai remarqué qu’il est assez dispersé. C’est ce qui m’a poussé à vouloir produire une compilation qui sera intitulée : Sénégalaises Reggae Stars ». Et pour tous ces projets et ambitions à venir, Sun Sooley de son vrai nom Souleymane Bâ, qui a par ailleurs été membre du groupe de rap Pee Froiss en 1993, veut rallier à sa cause tout le mouvement reggae du Sénégal. « Je réaliserai ces projets avec l’appui de mes partenaires autrichiens de la structure dénommée House of Ridim. Mais également j’ai déjà pris contact avec presque l’ensemble des musiciens reggae et ils ont tous donné leur accord. Ils vont, tous, participer dans l’optique de renforcer cette belle musique reggae et lui donner une force dans une belle symphonie unitaire », explique Sun Souley.

Selon cet artiste, qui compte bien « fédérer » les reggaemen du Sénégal, ce projet est de bon augure, « d’autant plus que j’ai remarqué un manque de confiance notoire du public envers les chanteurs sénégalais adeptes du reggae. Je suis parti du postulat simple qui veut que quand Alpha Blondy ou Morgan Héritage joue en concert au stade Demba Diop, ce soit rempli à coup sûr. Alors que si c’est Daara J Family, Timshel ou Dread Maxim, ce ne sera certainement pas avec le même impact ».

C’est donc frustré par ce manque d’intérêt que les mélomanes accordent au reggae, que Sun Sooley insiste : « Je suis aussi revenu pour changer cet état d’esprit en faisant de la bonne musique dans l’optique de faire évoluer l’état d’esprit du public. Il faut dire que les Sénégalais sont bien capables de produire de la très bonne musique. En parlant de reggae, il faut aussi admettre qu’il s’agit d’un rythme sur lequel des chanteurs posent leur voix, donc il n’est pas question d’un reggae sénégalais, jamaïcain ou italien. »

Véritablement décidé à reprendre sa place au niveau du champ musical national, Sun Sooley envisage également de faire une tournée au Sénégal et dans les pays de la sous-région. Une manière de faire découvrir à ses fans ses nouvelles options mais surtout leur présenter son premier album international sorti le 10 février dernier, mais qui jusque-là est peu connu en Afrique. Réalisé dans la pure tradition du reggae roots, et intitulé One day inna Babylone, cet opus entièrement enregistré en live, est déjà disponible sur le marché sénégalais.

Par Gilles Arsène TCHEDJI

Source : LE quotidien

One day inna babylon de Sun Sooley : Le rappeur retrouve le tempo reggae, sept ans après

Reggaeman au lycée, puis rappeur dans le groupe Jant Bi, Souleymane Bâ ‘Sun Sooley’ retrouve ses premières amours de musique, après sept ans dans le Hip Hop. Le chanteur a sorti son premier album international sur fond de style reaggae One day inna babylon, traduisez Un jour à Babylon.

L’ex-rappeur du groupe Jant Bi, Sun Sooley, établi en Italie depuis quatre ans, sort son premier album international. Le nouvel opus, servi sur fond de sonorités reggae, est vendu sur le marché musical européen depuis le 19 février dernier. La production est intitulée One day inna babylon (Un jour à Babylon : Ndlr). Elle sera disponible au mois de juin au Sénégal. Le reggaeman, en vacances à Dakar, a ramené dans ses bacs un single Sen System, gratuit, destiné à la promotion dans les radios et télévisions. Malgré le changement de tempo, Souleymane Bâ de son vrai nom, reçu dans les locaux de Wal Fadjri, garde son ton virulent de rappeur. Il indexe dans ce morceau les politiques gouvernementales mises en œuvre depuis l’alternance. Sun Sooley évoque sans détours les maux du pays, avec les problèmes de l’enseignement, du système sanitaire, etc. ‘C’est bien beau de faire des routes, mais cela n’est pas suffisant, la vie coûte chère et cela est dû à la mal gouvernance de nos politiques’, fait-il savoir. Le single fait partie des douze titres de l’album. Le disque One day inna babylon aborde des thèmes d’amour, de justice et d’égalité. Le musicien chante son vécu d’émigré et évoque les conditions difficiles de l’homme Noir et particulièrement de l’Africain face au monde. Cette thématique panafricaniste est développée sur une musique reggae au style jamaïcain. Le chanteur indique que cette production, qui est 100 % live, a été entièrement enregistrée et mixée à Milan en Italie au studio First floor.

L’artiste vit dans ce pays depuis 2007. Sun Sooley est accompagné par des musiciens italiens tels que les frères Catinella : Fabrizio à la guitariste basse et Lorenzo à l’accompagnement. Le batteur Alex Soresini, qui a déjà travaillé avec Morgan Heritage, y a également joué sa partition.

Sun Sooley a débuté dans le reggae. Au lycée Lamine Guèye en 1988 il forme sa bande, le Black Keman. Il fait des excursions dans le Hip Hop à partir des années 1993 avec les groupes Pee Froiss puis Jant Bi. En 2000, le chanteur retrouve son style reggae et se lance en solo. Il crée avec le bassiste, feu Abdourahmane Wone alias ‘Countryman’ le Back-up band reggae Akiboulane en 2002. Le groupe réussit à s’imposer avec une compilation regroupant 12 artistes venant du reggae au Hip-Hop. Sun Sooley sort son premier album solo reggae en 2003 au Sénégal. Intitulé Siratikal Moustaqim, traduisez le droit chemin en français. Une vidéo-clip avec Baaba Maal sous le titre Soukanayo fera la promotion de l’album. Après cinq ans passés en France puis en Italie, le guitariste revient avec son premier album international One day inna babylon. Pour faire connaître son disque au Sénégal, le chanteur revient en juin pour des concerts avec son orchestre italien.

Fatou K. SENE

Source : Walf

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