Tivaouane se dédouble

Serigne moustapha Sy sur Wade : « je confirme bien que c’est à Tivaouane, ville d’El Hadj Malick Sy qu’il a été hué »

La réaction du porte-parole du Khalife général de la famille Sy de Tivaouane n’a pas laissé indifférent Serigne Moustapha Sy, guide spirituel des Mouchtarchidine wal moustarchidaty. Vingt-quatre (24) heures après le démenti de Serigne Abdoul Aziz Sy « Junior », le fils de Cheikh Tidiane Sy est monté au créneau, sur les ondes de la Rfm, pour confirmer que le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade a essuyé des hées lundi dernier, lors de sa visite au khalife général des Tidianes, Serigne Mansour Sy dit « Borom Daaraji ».


Evoquant les dénégations de Serigne Abdoul Aziz Sy « Junior », Serigne Moustapha Sy, ironisant, retient que les propos du porte-parole du khalife général des Tidianes sont en porte-à-faux avec la réalité.

« Je l’ai entendu dire que ce n’est pas à Tivaouane, la ville d’El Hadj Malick Sy que le président (Wade) a été hué. Mais je confirme bien que c’est à Tivaouane, ville d’El Hadj Malick Sy qu’il a été hué », affirme Serigne Moustapha Sy qui qualifie en même temps de « réaction épidermique », la sortie de Serigne Abdoul Aziz Sy « Junior ».

Mieux, Serigne Moustapha Sy dans le style imagé qui est le sien, estime qu’il ne faut pas nier la réalité, « il faut plutôt décrypter le message » des populations qui ont conspué le président Wade, « sinon il y aura un autre message », déclare-t-il, en invitant « Junior » à la « sérénité ».

Pour rappel, le porte-parole du Khalife général des Tidianes de Tivaouane Abdoul Aziz Sy « Junior » a fait une sortie au vitriol contre les journalistes mercredi à quelques heures de la célébration du Maouloud (naissance du Prophète Mahomet).

Dans un discours prononcé devant de nombreux fidèles, la délégation gouvernementale dirigée par Me Ousmane Ngom, ministre de l’Intérieur, des membres du corps diplomatique établi au Sénégal et de représentants des autres confréries du Sénégal, « Junior » a durement chargé la presse en wolof l’accusant de véhiculer des « contrevérités ».

Le porte-parole du khalife des Tidianes sénégalais a fustigé le compte-rendu fait par la presse sur la dernière visite lundi de Me Abdoulaye Wade à Tivaouane. Le président Wade avait été conspué par des habitants de la ville religieuse qui ont scandé des slogans dénonçant le coût exorbitant des denrées de première consommation comme le riz, l’huile, etc.

Abdoul Aziz Sy « Junior » a nié qu’il y ait eu des huées adressées au chef de l’Etat. Il a estimé mensonger les informations livrées par la quasi-totalité de la presse (écrite et parlée). « Qu’on nous laisse tranquille et qu’on ne m’appelle plus pour vérifier des informations », a mis en garde « Junior » qualifiant les journalistes de « nullards, coupables de faute de langue ». Et tutti quanti…

Avant lui, le ministre Farba Senghor, dans un communiqué publié mardi où il a indexé des « personnes malintentionnées et politiciennes » d’être derrière ce qu’il considère comme de « prétendues huées ». Farba Senghor avait noté qu’« un tel comportement ne rend pas service au milieu religieux qui doit se déterminer par rapport à de tels agissements ».

Vingt quatre (24) heures seulement après la déclaration du ministre des Transports terrestres et aériens, le porte-parole de Serigne Mansour Sy enfourche la trompette. A la différence de Farba Senghor a avancé que c’est « un groupe de jeunes talibés âgés de 10 à 13 ans » qui scandaient, à l’en croire, « Idy ! Idy ! Rewmi ! Rewmi ! » en direction de Wade et de sa délégation, Abdoul Aziz Sy « Junior » nie tout en abreuvant les journalistes de diatribes et les accusant de « semer la discorde dans le pays ».

Source : Nettali

Junior a raison : « Son » Tivaouane n’a pas hué Wade

vendredi 21 mars 2008

Junior a raison. « Son » Tivaouane à lui, n’a pas hué le Président Wade. Le Tivaouane des salons climatisés. Le Tivaouane qui voyage en première classe dans les avions. Le Tivaouane qui a ses entrées au Palais présidentiel à toutes les heures. Le Tivaouane aux réfrigérateurs garnis de fruits et de sucreries de toutes sortes. Le Tivaouane aux gros stocks de riz et d’huile… Ce Tivaouane là, n’ose vraiment pas huer le chef de l’Etat.

A vrai dire. C’est la raison pour laquelle, « Junior » a effectivement raison de dire que le Président Wade « a été hué dans « un autre » Tivaouane, mais pas dans ce Tivaouane ». Et de poursuivre : « Nous ne serons jamais les otages des journalistes. Nous remercions le chef de l’Etat pour le soutien qu’il nous a apporté pour la réussite du Gamou ».

Seulement, c’est le Tivaouane majoritaire qui a interpellé le président de la République, Me Abdoulaye Wade. Avant de le huer, au sortir de sa visite de courtoisie chez le khalife général des tidjanes, Serigne Mansour Sy. C’est le Tivaouane qui a vu ses enfants affronter l’Océan Atlantique à la recherche de cieux plus cléments. Et qui sont morts avant de rejoindre l’Espagne.

C’est ce Tivaouane cloué au lit à cause de la cherté des denrées de première nécessité, à savoir, le riz, l’huile, le savon, le sucre, qui a hué Wade. Ce peuple qui n’avait même pas le temps de suivre en direct les discours des Arabes, Emirs et autres Présidents lors du dernier sommet de l Oci, a fortiori de se pointer aux premières heures de la matinée dans le luxueux hôtel Méridien Président, pour se faire remarquer.

Un peuple préoccupé par la recherche de la dépense quotidienne et non à faire le tour du pays pour battre campagne. C’est le Tivaouane des enfants sans emploi qui veut dire à son maître : « Nous sommes fatigués et la vie est chère ». Ce peuple au moins, a préféré manifester sa colère, en scandant : « Le riz est cher, le savon est cher… ! ». Et non prononcer des injures, le jour commémorant la naissance du Prophète Seydina Mohamed (Psl).

Pire, devant des invités venus de toutes les chapelles religieuses, dans l’attente d’être informés sur les enseignements du Prophète Mohamed (Psl) et non à des règlements de compte. Toutefois, les Sénégalais ne sont pas amnésiques. Et les archives sonores et écrites sont là. Des voix aujourd’hui laudatives, y tenaient des propos blessants à l’endroit de l’actuel locataire du Palais. « Ceux qui pensent que les bienfaits d’aujourd’hui font oublier les injures d’hier, se trompent lourdement » disait le Florentin Machiavel. L’histoire ne ment pas.

Source : LObservateur

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