Tiken Jah Fakoly, persona non grata au Sénégal, n’a « aucun regret »

Le chanteur Tiken Jah Fakoly, qui a été déclaré persona non grata au Sénégal, a affirmé samedi à Abidjan n’avoir « aucun regret » sur ses propos critiques envers le président sénégalais Abdoulaye Wade, estimant avoir « dit ce que tout le monde le dit » au Sénégal.


« J’ai donné mon opinion en tant que citoyen africain », a expliqué à l’AFP la star internationale du reggae qui a précisé avoir appris par la radio avoir été déclaré jeudi « persona non grata » par un arrêté du ministère sénégalais de l’Intérieur.

« J’ai toujours dit ce que je pensais par rapport à l’actualité et je me suis dit que je pouvais faire la même chose au Sénégal », a expliqué Tiken Jah Fakoly rappelant qu’il avait, par le passé, critiqué l’accession au pouvoir de François Bozizé en Centrafrique et du fils du président Gnassingbé Eyadéma au Togo ou encore récemment la politique du président français Nicolas Sarkozy. A Dakar, Tiken Jah Fakoly a dénoncé lors d’une conférence de presse le régime du président Wade, notamment le rôle joué par son fils dans les affaires publiques. Sur scène, la star ivoirienne a aussi invité M. Wade à « quitter le pouvoir » s’il aimait son pays. « Il n’y a aucun regret. Je ne regrette pas du tout parce que j’ai dit ce que tous les Sénégalais disent tous les jours : les opposants le disent tous les jours, les jeunes rappeurs le disent, tout le monde le dit », a ajouté Tiken Jah Fakoly. Le chanteur s’est aussi déclaré à la fois « surpris » et « déçu » de la décision des autorités sénégalaises. « Je pense que le président Wade n’est peut-être pas forcément au courant et que c’est le ministre de l’Intérieur qui a pris cette décision », a poursuivi en expliquant qu’en Afrique « il y a beaucoup de ministres qui cherche à faire plaisir au président ». « J’espère que le président Wade fera encore preuve de sagesse pour que le ministre de l’Intérieur revienne sur sa décision », a ajouté Tiken Jah Fakoly, rappelant que le chef de l’Etat sénégalais avait été « un exemple » pour les jeunes Africains du temps où il se battait pour la « liberté d’expression et le multipartisme ».

Source : AFP

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