The revolution won’t be televised au Forum de la Berlinale de Berlin

Rama Thiaw, ambassadrice du cinéma sénégalais à Berlin


C’est une première dans l’histoire du cinéma sénégalais qu’un film sénégalais soit sélectionné à la Berlinale. Le documentaire de la cinéaste sénégalaise, Rama Thiaw, sera projeté en avant-première mondiale dans la section Forum de la Berlinale 2016, prévu du 11 au 21 février prochains. Ce documentaire revient sur l’histoire de la révolution pacifique de 2012 avec au centre le groupe de rap Keur-Gui, membre du mouvement Y’en a marre.

The revolution won’t be televised est le premier film sénégalais à être sélectionné à Berlin. Cette production, informe une note de presse, est aussi un des rares films réalisés par une femme africaine et qui touche le circuit international. Après sa première projection mondiale à Berlin le 15 février prochain, le film sera montré en priorité au grand public sénégalais dès le printemps 2016 (avec le soutien de la direction de la Cinématographie du Sénégal et du Goethe Ins­titut). « J’aurais aimé que la première projection se fasse au Sénégal, mais j`avais déposé en premier à Berlin », a expliqué Rama Thiaw. Elle précise par ailleurs qu’une avant-première se fera à Dakar dans la 1er semaine de la Biennale des arts Dak’art. La révolution ne sera pas télévisée montre comment Thiat, Kilifeu et Gadiaga (Tous membres du groupe de rap Keur Gui) ont créé une révolution pacifique pour s’opposer au « Président à vie » Wade en 2011-12. Dans ce documentaire, Rama Thiaw explique la manière dont des millions de Sénégalais sont descendus dans la rue au nom de la démocratie. Cette histoire urbaine africaine va aussi plus loin, en posant la question de l’engagement artistique et au-delà, de l’engagement politique. « J’ai voulu montrer un parcours d’hommes, de trois amis à la fois artistes et activistes, qui tracent une voie propre pour la jeunesse africaine d’aujourd’hui. En effet, ce sont des gens qui m’ont séduite par leur mode de vie et leur textes cohérents et intègres », a soutenu la réalisatrice. Pour Rama, il ne s’agit pas que de comparer pour comparer leur lutte au combat mené par le capitaine Thomas Sankara ou l’artiste Khady Sylla. Pour elle, ces jeunes reprennent sans concession le flambeau de leurs aînés qui sont deux personnages à part entière de son film. Elle montre par ailleurs comment ils se sont engagés dans l’action et comment ils luttent chaque jour pour rester fidèles à leur rêve et à leur art. Pour la promotion de ce film, la production est en discussions avancées avec plusieurs distributeurs étrangers afin de toucher un public international, tant en festivals qu’en salles, à la télévision et en ligne. Pour rappel, la réalisatrice Rama Thiaw, née en 1978, de nationalité sénégalaise et mauritanienne, a grandi entre l’Afrique et l’Europe. Après une maîtrise d’Economie internationale à la Sorbonne, elle obtient un diplôme en cinéma à Paris 8 et se forme aux côtés du réalisateur algérien Mohamed Boua­mari. Son premier film, produit par l’Ivoirien Philippe Lacôte, était Boul falle, La voie de la lutte (2009).

Source : Le Quotidien

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