Solaar fait toujours du Solaar : il cultive l’art de la rime dans un registre très consensuel

Rappeur intello, garçon délicat, jeune père aussi, Claude M’Barali a pris tout son temps - quatre ans - avant de retrouver le chemin des studios. Solaar avait besoin de se retrouver, de faire le point. Il en ressort avec Chapitre 7 (Warner), son nouvel album, truffé de ces jeux de mots dont il raffole.


lundi 3 septembre 2007, par Jalil Oumeddour

Sans s’échapper du rap, ou plutôt de son Rap auquel il reste attaché, il s’ouvre à d’autres genres musicaux. MC Solaar est de retour. Dans ce nouvel album, il fait toujours du Solaar. Il va sans aucun doute satisfaire les fans du genre, cependant le Rap a évolué et les cris de la rue se font encore et toujours plus revendicatifs. Le Rap engagé a trouvé ses hauts parleurs chez Sinik, Rohff ou encore Booba et Solaar a trouvé sa voix, définitivement loin du Rap de rue. Il propose dans ce 7e opus un rap consensuel, expérimental, mêlant une multitude d’univers musicaux. Mais après l’album Mach 6 sorti en 2003, Solaar ne parvient pas à franchir le mur du son.

Claude M’Barali, né à Dakar de parents tchadiens le 5 mars 1969, arrive en banlieue parisienne à l’âge de six mois. Il grandit à Villeneuve-Saint-Georges, dans un quartier populaire. Parmi les précurseurs de la scène Rap française, il teste ses premiers textes dans l’émission du célèbre DJ Dee Nasty sur Radio Nova tout en étudiant les langues à la fac de Jussieu. Lors d’un concert à Marly-le-Roi, il rencontre Jimmy Jay, champion de passe-passe, avec qui il enregistre une cassette démo de trois titres, dont le premier jet du désormais célèbre titre « bouge de là ». Polydor décide de donner sa chance à ce rappeur au flot extraordinairement cool, à l’opposé des autres Mc’s comme NTM, IAM ou encore Assassin, beaucoup plus hargneux et qui à l’époque haranguaient déjà les foules.

Solaar, loin de la rue...

Parmi le groupe de potes et de supporters qui l’accompagnent dès ses débuts, le 501 Posse. Collectif dans lequel on retrouve entre autres, Soon E MC et la rappeuse Melaaz. L’idée que Solaar est à la tête d’une nouvelle école ou d’un mouvement fait très tôt son chemin. Elle est décuplée lorsque Jimmy Jay commence à produire des compilations d’artistes affiliés au 501 posse. Mais Solaar est un artiste trop individualiste pour être un chef de file. Il se forge son identité très vite et devient le rappeur intello, amoureux des mots plus que de la rue. MC Solaar bouge de là et devient très vite le rappeur people, l’ami du star system.

Solaar s’adresse aux gens plus qu’à la rue et c’est ce qui dérange les acteurs de la scène Rap française. Traité de MC Solex par Joey Starr dans la célèbre émission d’Olivier Cachin Rap line sur M6 dans les années 90, Solaar n’affiche plus aucune crédibilité pour la rue. Il reste une étoile qui brille pour un très large public dans lequel les puristes ne se retrouvent plus. Il est pourtant là, et il assume son image de rappeur gentil. Solaar ne fait pas évoluer son style, ni même son « flow » dans cet album, il rivalise cependant d’originalité dans les productions et cultive l’art de la rime. Sans aucune autre ambition, Solaar continue de faire de la prose son combat

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