« Signes d’une banqueroute de l’Etat »

DAKAR - Des « signes d’une banqueroute de l’Etat » sont perceptibles au Sénégal, avec notamment d’importantes dettes publiques au secteur privé et des « difficultés de paiement dans certains secteurs de l’administration », a affirmé vendredi la Raddho, une ONG basée à Dakar.


« Les signes d’une banqueroute de l’État qui se manifestent avec les difficultés de paiement des dettes des entreprises privées et des salaires dans certains secteurs de l’administration constituent les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur les droits économiques, sociaux et culturels des populations », écrit l’ONG dans un communiqué transmis à l’AFP.

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho) souligne que « la crise chronique du secteur de l’énergie (...) est en passe de devenir un véritable détonateur et révélateur d’un malaise social profond et généralisé ».

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté leur mécontentement jeudi, dans plusieurs quartiers de la capitale, pour protester contre les très nombreuses coupures d’électricité.

Vendredi, le directeur général de la Société nationale d’électricité (Senelec) du Sénégal a admis que la compagnie « n’avait pas les revenus qu’il faut pour fonctionner correctement ».

Fin septembre, le Fonds monétaire international (FMI) s’était inquiété de « dérapages budgétaires sérieux » avec notamment un « stock important d’impayés accumulés depuis quelques années vis-à-vis du secteur privé ».

Mi-mai, le FMI avait qualifié la situation budgétaire du Sénégal de « très difficile », avec notamment des factures impayées au secteur privé tournant autour de 150 milliards de FCFA (228,66 millions d’euros), ce qui représente plus de 10% du budget de l’Etat.

(Source : AFP / 10 octobre 2008 20h47)

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