Serigne Saliou Mbacké ou l’itinéraire d’un soufi doublé d’un grand entrepreneur agricole

Le rappel à Dieu vendredi à Touba à l’âge de 92 ans de Serigne Saliou Mbacké, dernier fils de Cheikh Ahmadou Bamba, est symbolique de la fin d’une époque et du commencement de l’ère des petits-fils qui auront désormais à fructifier l’héritage spirituel du fondateur du mouridisme.


Serigne Bara Falilou Mbacké, considéré à l’heure actuelle comme le plus âgé des petits-fils de Serigne Touba, succède ainsi au Khalife défunt, décrit comme un guide religieux humble et totalement désintéressé des choses de ce monde.

Né en 1915 à Diourbel dans cette aire géographique considérée, surtout à l’époque, comme le bassin arachidier, Serigne Saliou Mbacké a été porté à la tête de la confrérie mouride en 1989 en remplacement de Serigne Abdoul Khadre Mbacké.

Spécialiste en droit islamique et féru d’histoire et de géographie, le défunt Khalife a fait un magistère de 18 ans au cours duquel il s’est évertué à réaliser la cité radieuse décrite dans ses écrits par Cheikh Ahmadou Bamba.

A l’actif du 5e Khalife des mourides, il faut notamment citer l’achèvement de l’université de Touba avec une capacité d’accueil de 5000 étudiants, la rénovation de la mosquée de Touba et l’installation d’une sonorisation de 12 km de portée.

Il a également impulsé le lotissement de 110.000 parcelles dont les deux tiers sont achevés (parcelles cédées gratuitement à quiconque souhaite s’installer dans la cité), ainsi que la réalisation d’un réseau d’assainissement de Touba sur 18 km.

Mais le destin fait que Serigne Saliou Mbacké n’a pu terminer les grands chantiers qu’il avait initiés en prenant sur lui-même d’investir 10 milliards de francs CFA dans ces travaux lancés récemment, dans l’objectif de rendre Touba encore plus beau et attrayant.

N’empêche, Serigne Saliou est surtout connu comme un grand entrepreneur agricole, un passionné de la terre. Ce qui est du reste attesté par l’emblématique projet agricole qu’il a mis en place Khelcom sur une superficie de 45.000 ha.

Avant d’accéder au Khalifat et alors qu’il avait fondé des écoles coraniques dans les régions de Thiès et de Diourbel où il se consacrait à enseigner les préceptes de l’islam, il s’était déjà illustré à travers la mise en valeur de nombreux périmètres agricoles à Got, Ndiapanal, Ndiourop, à Khabane.

Le Khalife, présenté comme un soufi accompli, se tient aussi à équidistance des chapelles politiques en s’abstenant de donner des consignes de vote, contrairement à certains de ses prédécesseurs.

Cela fait que Serigne Saliou Mbacké a bénéficié, tout son magistère durant, d’un crédit moral incontestable qu’il mettait parfois au service de la nation, ce qui n’est pas sans rappeler l’emblématique El Hadj Abdoul Aziz Sy de la confrérie tidiane de Tivaouane

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