Rufin cloue Paris et Dakar au pilori

L’ex-ambassadeur de France au Sénégal revient sur ses relations avec la famille Wade et sur la politique africaine de l’Élysée.


Dakar. De notre correspondante Jean-Christophe Rufin fait une sortie fracassante. Dans une interview diffusée, dimanche, à la radio sénégalaise RFM, l’écrivain et désormais ancien ambassadeur de France au Sénégal est revenu sur ce qu’il ne pouvait pas publiquement exprimer en tant que diplomate.

Il a décrit ses relations « compliquées » avec Karim Wade, fils du président sénégalais et ministre d’État, qui « semble ne pas supporter la critique, ni même le dialogue ». Il s’est interrogé sur la candidature annoncée d’Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012, à l’âge de 84 ans, pour un troisième mandat. « Une curiosité » selon Jean-Christophe Rufin : « Ce n’est pas courant de voir en Italie, en France, un candidat aussi âgé. C’est quelque chose de surprenant. »

Ses propos ont été jugés « inopportuns et discourtois de la part d’un diplomate en fin de carrière », par Bamba Ndiaye, le porte-parole du président sénégalais, qui dénonce « une ingérence intolérable dans les affaires internes du pays ».

Dans son interview, l’ex-ambassadeur égratigne aussi la cellule Afrique de l’Élysée. « Bernard Kouchner est obligé d’avaliser beaucoup de décisions qu’il ne prend pas. Ces décisions viennent du secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant. C’est un préfet, un homme d’ordre et pas forcément un connaisseur de l’Afrique. »

Lundi, le quotidien Kotch définissait Jean-Christophe Rufin comme « un irréductible libre-penseur, critique et lucide sur la situation politique nationale ». Pour le journal pro-gouvernemental Le Messager, l’écrivain est assimilé à un « conspirateur » et à un « scénariste intriguant contre le Sénégal ».

Source : Ouest France

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