Pour relever le niveau des élèves en français : Le Rap dans les classes

S’il y a une chose sur laquelle les Sénégalais s’accordent, c’est bien la baisse du niveau des élèves en français. Une chose inacceptable dans le pays de Léopold Sédar Senghor. C’est justement pour cette raison que des initiatives sont prises pour corriger cette situation. Au premier rang de ces thérapies figure en bonne place… le Rap.


(Correspondance) - Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le Rap, en tant que forme musicale constitue une des voies par lesquelles les élèves peuvent réapprendre à parler un bon français. Ce constat est né de la réflexion d’un jeune professeur qui, comme ses collègues, était fortement préoccupé par l’avenir de la langue de Molière. Une langue dont le maniement pose de plus en plus de problèmes au Sénégal. Cette remarque faite au contact de la pratique de classe a incité Tidiane Ndiaye, professeur de Lettres modernes au Lycée Alpha Molo Baldé de Kolda et ses collègues à engager la réflexion. Et dans le lot de solutions, le Rap s’est illustré comme un bon moyen pour inciter les élèves à parler français. Il s’agit aujourd’hui de vulgariser cette expérience qui consiste à introduire le Rap dans les classes. C’est tout le sens du séminaire de Rap poétique qui a pris fin hier au Lycée Djignabo de Ziguinchor. Pendant deux jours, des professeurs de français de la localité ont été formés à l’utilisation de cette forme musicale très prisée par les jeunes pour améliorer la qualité de l’enseignement en français. Il s’agit en fait d’intéresser les élèves au maniement de la langue de Molière à travers la pratique pédagogique de cette musique qu’ils affectionnent tant. Les jeunes écoutent le Rap, aiment le Rap et écrivent le Rap. Pour cette raison, cette musique riche en paroles peut inciter les élèves qui sont des jeunes à améliorer leur français.

Cette approche, de l’avis de Véronique Petetin du projet qualité à la coopération franco-sénégalaise au ministère de l’éducation nationale, ‘peut donner des résultats satisfaisants. Le travail des rappeurs est d’abord un travail d’écriture poétique. Nous pouvons donc trouver dans ces textes de Rap tout ce que nous recherchons par rapport à la grammaire, à la syntaxe, aux figures de style, aux compétences de l’élève’. Certes, il ne faut pas s’attendre au miracle, le Rap ne peut pas régler tous les problèmes, mais, pense t-elle, ‘ce qui est certain, c’est que si nous faisons travailler les élèves à partir de ce qui les intéresse, ils apprennent plus vite et mieux’. Le désespoir des professeurs de français peut donc être réglé par cette musique pourtant snobée par les adultes.

Pour le moment en tout cas, l’expérience fonctionne bien. Et c’est justement pour ça qu’elle est en train d’être vulgarisée. Déjà, ce type de séminaire de Rap poétique a été organisé à Kolda, à Dakar et à Saint-Louis. La prochaine étape sera la mise en place de clubs poétiques de Rap à travers les clubs de littérature, d’art et de philosophie dans les établissements scolaires. Ce qui va déboucher sur la confection d’un compact disc enregistré dans un studio avec le rappeur sénégalais, Malal Talla alias ‘Fou Malade’. Un Cd qui sera fait à partir des meilleures chansons des élèves du Sénégal. La finalité est de vulgariser le français, mais, surtout, d’améliorer le maniement de cette langue de plus en plus mal parlée par les élèves.

M. Papo MANE

Source : Walf

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