Obama = Bush III

Avec George W. Bush, le second du nom, on pouvait s’attendre à ce à quoi on a eu droit. Henry Paulson, issu de Goldman Sachs, faisait un candidat tout à fait plausible pour une remise sur pied aux frais des contribuables des banques en faillite économique et morale. Alberto Gonzales, fantoche qui ne parvint pas à dire deux fois la même chose sur le même sujet, faisait un ministre de la justice tout à fait dans la ligne, politisant l’administration en y installant systématiquement des candidats d’extrême-droite et faisant de la torture une politique d’État. Le Vice-Président Dick Cheney était lui le Rastapopoulos caricatural qui convenait au régime.


Obama avait quand même suscité d’autres espoirs. Bon d’accord, peut-être pas chez moi (je suis méfiant de nature), mais regardez à nouveau Pete Seeger et Bruce Springsteen chantant This Land is Your Land de Woody Guthrie, le 20 janvier, jour de l’entrée en fonction du nouveau président.

Ils n’auraient pas chanté de si bon cœur, ils ne se seraient pas caillé les miches de cette manière s’ils n’avaient pas cru qu’on aurait avec Obama autre chose que la répétition du même.

Qu’est-ce qu’ils pensent aujourd’hui, Pete Seeger et Bruce Springsteen ? Je préfère ne pas le savoir, ça me ferait trop mal. Ils voient en Larry Summers une nouvelle version de Cheney, autre âme damnée sardonique sortie tout droit d’une bande dessinée, en Timothy Geithner, un double de Paulson, mais en pire puisque l’ancien Secrétaire au Trésor tenait au moins tête aux patrons de Wall Street, ils voient la torture passée aux pertes et profits de la Realpolitik, et Guantanamo remis sur les rails grâce à des tribunaux d’exception ripolinés de neuf.

On avait eu Néron. Beaucoup ont voté en croyant qu’ils auraient Marc-Aurèle (ah ! les livres d’Obama : tant de bons sentiments !). À la place, on a Vespasien : « L’argent n’a pas d’odeur ! ».

Obama = Bush III.

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Source : Blog de Paul Jorion

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