Nouvel album de Duggy Tee : Le rappeur se donne du courage avec Fit

Après une pause de près de six ans, le co-fondateur du groupe Positive Black Soul refait surface. C’est la sortie d’un double album solo Fit qu’il a annoncé, hier à Dakar. Il sera disponible à partir de vendredi prochain, jour de son concert de retour, à l’Institut français de Dakar.


C’est le deuxième acte de la trilogie, Ngëm-Fit-Jomm, que le célèbre chanteur de hip hop sénégalais, Duggy Tee, a présenté hier à Dakar. Ngëm, produit en 2005, signifie la foi, en Wolof. Fit, titre de son nouvel album dont la sortie est prévue vendredi, fait référence au courage, à l’audace. ‘Oser se voir tel qu’on est. Fit, c’est se regarder dans le miroir, voir ses défauts, ses qualités, prendre ce qu’il y a de mieux et avancer dans la vie avec’, explique le rappeur en conférence de presse, hier, à l’Institut français. Le dernier album de la trilogie sera Jomm, l’honneur.

Ces trois titres portent donc des noms wolofs de valeurs essentielles dans la vie, selon lui. ‘Ce sont des vertus de chez nous, mais avant tout des vertus humaines’, précise-t-il. Mais Fit, c’est également les initiales de ‘Families in touch’. Amadou Barry, de son vrai nom, décrit les différents artistes qui ont participé ou soutenu son nouvel album. Des Sénégalais, tels Youssou Ndour ou Didier Awadi, son ancien camarade du Positive Black Soul y ont pris part. ‘La chanson avec Awadi est très engagée, on parle de la situation au Sénégal. L’avenir au Sénégal n’est pas seulement le nôtre, c’est aussi celui de nos enfants’, révèle Duggy Tee qui chante en Pulaar dans l’album.

Mais ce sont aussi des chanteurs internationaux comme le Français Soprano ou d’autres rappeurs américains. Ils ont chacun contribué à renforcer un des concepts même de l’album : la complémentarité. ‘On a tous besoin les uns des autres. On ne peut pas prétendre tout faire tout seul. Les vrais self made man n’existent pas’, commente Duggy Tee.

Une famille d’artistes des quatre coins du monde, un album qui s’est réalisé entre le Sénégal et les Etats-unis et des couleurs musicales toutes aussi variées : entre hip hop, reggae et soul. Cet album annonce le retour d’un long et riche voyage, le retour du roi au pays. ‘The king is back’, peut-on, en effet, lire sur la pochette du double album (il y aura deux Cd à l’intérieur du disque) de vingt-six titres qui sort vendredi. ‘C’est le public qui scande ça quand je monte sur scène. Mais c’est surtout une dédicace à tous les gens que j’aime et qui m’aiment’, explique Barry en précisant qu’il n’est pas un roi qui abdique.

C’est justement une fan qui s’interroge alors : ‘Je parle à mon papa. J’ai l’impression que cet album c’est aussi une thérapie personnelle, parce que Fit c’est s’accepter soi-même, regarder ses erreurs, avancer’. Effectivement, pour Duggy Tee, chaque jour s’accompagne de nouveaux challenges qui nous poussent à faire une thérapie. ‘Quand je fais ces chansons, je veux que tout le monde s’y retrouve. La remise en question, c’est très important’, répond-t-il avant de constater, ‘la crise aujourd’hui n’est pas seulement financière. C’est aussi une crise des relations humaines. L’individualisme est en train de tuer le monde. C’est bien la technologie, mais l’humanisme c’est mieux. Fit, c’est une thérapie. Je ne vais pas sauver le monde, mais si je peux aider à créer un sérum qui sera injecté à tout le monde…’.

A travers cette thérapie musicale, l’artiste aborde des thèmes de société, les relations humaines, et fait de la pédagogie. Mais il y a également un engagement qui ressort de cet album. S’il avoue ne pas vraiment croire en la politique, qui est selon lui ‘l’art de bien mentir’, le chanteur affirme tout de même son soutien au mouvement ‘Y’en a Marre’, particulièrement impliqué en cette veille électorale. ‘J’espère qu’un jour on aura une République, et qu’on aura un président’, clame le chanteur. Convaincu que la situation sénégalaise, et même africaine doit changer, il poursuit, ‘l’Africain est généreux et poli. Parfois même ‘trop bon, trop con’. Il faut que ça cesse. Tous les pays d’Afrique aujourd’hui sont des monarchies’. Pourtant, ajoute-il, ‘Nous sommes tous des employés, mais le président de la République est notre employé. C’est nous qui le payons.’

L’artiste affirme avoir abordé tous ces thèmes d’une manière ou d’une autre dans son nouvel album. ‘Je crois qu’on a assez parlé de politique, ils ne m’intéressent pas. Mon parti, c’est le peuple. Ce qui m’intéresse, c’est ma relation avec le public’.Ainsi, pour conclure l’artiste invite ses fans, et les amateurs de musique à saluer son retour officiel sur son trône, au théâtre de verdure de l’Institut français, vendredi prochain.Une tournée et des prestations live dans les boîtes de nuit s’en suivront.

Anaïs TANKAM (Stagiaire)

Source : Walf

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