Neega Mass en croisade contre l’ignorance


Après le succès de son dernier album, « Révélations » qui avait été composé par des instruments africains tels que le Xalam, la Kora, la flute peulh et qui se voulait un retour aux sources, puisque axé essentiellement sur l’histoire et les antiquités africaines, l’artiste compositeur Mass Thiam remet ça.

Cette fois-ci, c’est en faiseur de conscience que l’homme va aller au contact de son public. Ayant fait sienne cette vérité du professeur Cheikh Anta Diop -sur la nécessité pour la jeunesse africaine de se réapproprier son patrimoine culturel afin de pouvoir éduquer le monde, l’auteur de « l’Enfant du Nil » reprend son bâton de faiseur de conscience. Fruit d’un mélange de Slam et de Rap, ce nouvel album composé de 14 titres est attendu comme un chef d’œuvre musical. Façonné par le célèbre musicien Paul Diouf de MBIR, un de plus grands compositeurs, les morceaux sont un produit d’une beauté musicale sublime. Poussant le mystère à son paroxysme, la production a décidé, jusqu’au dernier moment, de garder confidentiel le nom de ce nouvel opus.

Comme ses illustres pères, l’artiste pense qu’ « à partir du moment où cette jeunesse est consciente qu’il y a des facteurs qui la désunissent et qu’elle les a identifiés, elle peut réfléchir et proposer des solutions pour bâtir une idéologie cohérente qui va dans le sens de ses intérêts. » Et c’est de la pédagogie, que seule permet la culture, que naît cette conscience. Plus connu sous son nom de scène, Neega Mass, le panafricaniste mégalomane a annoncé cette semaine la sortie de son 3ème album au cours de ce premier semestre 2015. Perpétuant le même engagement musical qui a fait le charme de sa musique, l’auteur a fait savoir que cet énième opus aura comme particularité un jeu musical très enrichit. Mais aussi et surtout, développera des thèmes variés. Rassurant ses fans au passage, il a soutenu qu’ « (il) restera sur sa ligne directrice, la continuité du combat des grands hommes qui nous ont précédés ». Dans les sillons de ses illustres aînés rastamen, ses références sont Marcus Garvey, George Padmore, Nkwameh Nkrumah, Cheikh Ahmadou Bamba, entre autres qui ont fait la fierté de l’homme noir. Car loin d’être une opportunité artistique du moment, le combat de Neega Mass est un engagement de longue date pour l’émergence d’une génération africaine, consciente de son passé et prête à relever les défis du moment. Pour lui, « cette jeunesse doit être digne et motivée afin de réaliser une Afrique fédérée, debout, riche de ses valeurs et qui refuse l’oppression interne et externe. »

Plus explicite, l’artiste a soutenu que les thèmes abordés ont été inspirés par l’actualité africaine. « C’est la compréhension de ce vécu qui permet une ouverture et permet de faire face aux enjeux de survie. Mais aussi aux défis actuels que sont le chômage, les maladies comme Ebola, le terrorisme et la protection de l’environnement. » Bien que loin de sa terre d’enfance depuis de longue date, l’enfant du Sénégal reste attaché à ses origines. Car pour lui « sans la connaissance de soi, on ne peut être fier, et sans la fierté on ne peut mesurer sa capacité à converger vers une conscience commune. » Souligne-t-il

Mais pour arriver à cette conscientisation, l’artiste est conscient que le chemin ne sera pas de tout repos. Les lobbies qui tirent les ficelles, les gens de l’ombre qui luttent contre l’éveil des consciences sont ses principaux adversaires et ne rate aucune occasion de le brocarder. A l’en croire, ces forces n’ont aucune envie que l’Afrique s’en sorte. Et c’est pourquoi il appelle à les combattre ouvertement.

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