Malal Talla ’Fou Malade’ (bat’haillon blind-d) - ’Les sponsors n’ont pas voulu nous soutenir pour l’étape de Reubess’

Parce que la prison ne rend pas visibles leurs produits, les sponsors n’ont pas voulu accompagner le concert du Bat’haillon blind-d, tenu le jeudi 23 avril à Reubess. Pour le lead vocal de ce posse de la banlieue, Malal Talla, ’c’est une grave erreur, car chaque membre de la société a un parent en prison’.


Le Bat’haillon blin-d a offert un concert privé aux détenus de Reubess, jeudi dernier. La manifestation a vu la participation de nombreux groupes de rap tels que : Matador, 2Mcarré (ancien groupe de la prison), Sen Kumpe, Bibson, Gaston, 1-2 Shifaay, Rap Attack, Maxi Crazy, 5Kiem Under Ground. L’événement a été financé sur fonds propres par le posse Bat’haillon blind-d de Guédiawaye. Car, soutient le lead vocal dudit posse, Malal Talla, ’personne n’a voulu nous aider. Les sponsors se disent que la prison n’est pas un milieu qui rend visible leurs produits’. Le chanteur trouve que ’c’est une grave erreur, car les prisonniers étant parmi nous, chaque membre de la société a un parent en cellule’.

D’autres difficultés ont été notées lors de ce concert. Malal Talla ’Fou malade’ en cite l’interdiction de discuter avec les détenus, signifiée à la presse. ’C’est vraiment dommage, les journalistes ne sont pas rentrés avec leurs enregistreurs parce que la loi l’interdit, même les télévisions n’ont pas pu filmer’, se désole le rappeur. L’administration pénitentiaire n’a pas aussi accepté que le Bat’haillon blind-d enregistre la chanson du groupe Nako Dale de la prison. Comme il a pu le faire avec le groupe 2Mcarré composé d’anciens détenus. ’Nous sommes en train de voir comment revenir ici pour prendre en charge le volet formation Hip hop pour la réinsertion des détenus’, annonce le chanteur.

En attendant un projet de tournée dans les prisons est en gestation. Intitulé ’Prison tour’, ce concept prendra en charge d’autres activités, comme les danseurs, les graffeurs, des ateliers d’écriture... Pour Malal Talla, ’Ceci permettra d’encadrer les prisonniers pendant la période post-carcérale’. La manifestation s’inscrit en droit ligne dans la philosophie de la formation musicale qui défend tout ce qui est marginal avec le message Degëun Tàne (dire vrai). Les personnes privées de liberté, les malades mentaux, les gens de la rue sont les principales cibles. Jeudi dernier, La lutte contre la détention préventive était au coeur du concert de Reubess. Le Bat’haillon blin-d ne veut pas se limiter à la dénonciation du phénomène dans ses textes de chansons.Les rappeurs veulent aller plus loin afin de parvenir à joindre l’acte à la parole, en se produisant en milieu carcéral. ’Faire un concert en prison, c’est se dire aussi que le prisonnier a le droit de danser, d’écouter la musique et d’assister à un concert. Les détenus font partie de nos fans’, fait remarquer l’interprète de l’album On va tout dire (sorti en 2008), Malal Talla.

L’objectif du spectacle livré à Reubess, affirme le rappeur, vise à permettre à plusieurs détenus, une fois libres, d’avoir un emploi. ’Car, relève-t-il, les prisonniers sont confrontés à un problème de réinsertion sociale, le regard de la société à leur endroit est négatif’. Pour le lead vocal du Bat’haillon blind-d, ’Ce sont des gens qui ont fait des fautes et qui sont emprisonnés. Et après avoir purgé leur peine, ils ont payé leur dette envers la loi. On doit les considérer comme des êtres humains parmi d’autres’.

Fatou K. Sene

Source : Walf

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