MALAL TALLA ALIAS « FOU MALADE » « Quand Diouf ne nous arrangeait plus, on l’a enlevé. Si Wade ne arrange plus on n’a qu’à l’enlever »

Dans cet entretien, Malal Talla, Alias « Fou Malade » revient sur son nouvel album qui est sur le marché. Dans cet album intitulé « On va tout dire », « Fou Malade » dit tout. Les hommes politiques d’ici et d’ailleurs ont reçu à bout portant les missiles du « Fou ». Il parle également de sa femme qu’il aime et adore. Une basketteuse qui aime le Mbalax, écoute du rap, mais elle est fan de Carlou-D.


Votre nouvel album s’appelle « On va tout dire ». Pourquoi le choix d’un tel titre ?

Cet album est produit par un label français Lalu Music, un label indépendant basé en France. Le choix du titre « On va tout dire », c’est un album qui donne la parole au continent africain, à tous ceux qui souffrent. L’album de Fou Malade est la voix de tous ceux qui ne parlent pas. Dans cet album, nous répondons au discours de Sarkozy. Quand il est venu à Dakar, il a dit qu’il est temps que l’Afrique entre dans l’histoire. L’Afrique est dans l’histoire depuis longtemps. Il y a eu l’esclavage, l’Afrique est le berceau de la civilisation humaine. C’est une façon de rappeler à Sarkozy que ce sont nos ancêtres qui ont creusé les tunnels. Ce sont les anciens combattants, les tirailleurs qui ont libéré la France. Ce sont des choses qu’il ne faut pas oublier. C’est l’Afrique qui continue toujours de nourrir l’Occident. La colonisation est dépassée. Il y a de nouvelles formes de colonisation qui passent par des coopérations. C’est pourquoi à la fin d’une chanson qui s’appelle : « Il paraît que là-bas », tu dis aux , restez dans votre pays. Tu dis que l’Afrique n’est pas du tout endettée, arrêter de l’embêter. Rends-moi ce que tu me dois, comme ça je resterai sous mon toit. L’Afrique ne doit absolument rien à la France. L’Afrique ne doit rien à l’Europe. L’Afrique, c’est le continent auquel on doit quelque chose.

On a l’impression que Sarkozy vous a beaucoup inspiré ?

Oui, ce n’est pas normal. C’est une insulte. Quand il est venu à Dakar, c’est tout le peuple sénégalais, c’est tout le peuple africain que Sarkozy a insulté à travers ce discours. Avec tout ce que l’université Cheikh Anta Diop représente dans l’intelligentsia africaine, il n’y a pas eu de réactions. Les gens ont réagi après. Où sont nos intellectuels ?

Il y a quand même un livre-réponse à Sarkozy qui est sorti ?

Oui, mais ils devraient tout de suite apporter la réplique à Sarkozy. Ils devaient avoir des réactions chaudes. Souvent c’est comme le médecin après la mort. A part Sarko, vous n’avez pas épargné les dirigeants africains ?

Dans le morceau « Galgangui digue », je parle de la folie politique au Sénégal. C’est-à-dire ce cinéma politique au Sénégal qui berne le peuple sénégalais, qui prend le peuple comme une marionnette. Il faut qu’on arrête avec ça. Le vrai pouvoir, ce n’est pas l’Etat. Le vrai pouvoir c’est le peuple. C’est l’album pour dire qu���on a plus besoin des dirigeants africains d’aujourd’hui. On a besoin de dirigeants charismatiques. Des jeunes à l’image de Thomas Sankara, de Lumumba…

A l’échelle nationale, vous voulez dire qu’on n’a pas besoin du président Me Abdoulaye Wade non plus ?

Je veux dire qu’il y a un paradoxe. C’est le peuple qui a réélu Abdoulaye Wade. Il faut que le peuple ait une personnalité. Il ne faut pas que le peuple se porte en faux contre lui-même. Quand Diouf ne nous arrangeait plus, on l’a enlevé avec les cartes. Si Wade ne nous arrange pas, on n’a qu’à l’enlever aussi et choisir un autre. C’est tellement simple. C’est le peuple qui est le pouvoir. Selon vous Wade nous arrange ou pas ? Le problème, ce n’est pas moi. Moi je ne suis pas important.

Vous l’êtes. Vous représentez ceux qui ne parlent pas non ?

Oui, ce n’est pas un problème personnel. C’est un problème collectif. Les Sénégalais sont sortis pour organiser une marche contre la cherté de la vie. Les populations de Tamba ont faim. Les problèmes sont là. Il y a toujours « Macky-Karim. Wade-Idy ». Un non-lieu par ci, par là. Des gens qui disent une chose aujourd’hui et le contraire le lendemain. Des modifications de lois par ci, des articles par là. C’est une véritable folie politique. L’opposition ne se mobilise que pour se faire un nom politique. Pour avoir des voix. Il faut être là pour les besoins du peuple.

Dans cet album, on a vu des featuring avec Oumou Sangaré, Makobé…Pourquoi ces choix ?

L’album a été enregistré à « Youkoungkoung » du Bat’Haillons Blin-D à Guédiéwaye, mixé en France et maestérisé à Londres par Cyrill Label. Un album avec une certaine identité. Un album avec une certaine thématique. Le choix d’Oumou Sangharé, je l’ai utilisé en chant. J’ai beaucoup de gras. Makobé est un ami. Il est venu au Sénégal, il a demandé à chanter avec moi dans son album qui est sorti. Il va devenir disque d’or. Il s’appelle « Mon Afrique ». Une fois en France, je lui ai demandé de faire le featuring avec moi, ce qu’il a accepté. C’est quelqu’un qui m’aide dans la promotion de cet album.

On vous connaissait dans un rap au langage ordurier, quand vous parlez de « poupe machin… », dans cet album aussi, on retrouve des mots du genre testic…, Est-ce à dire que le fou n’est pas tout à fait guéri ?

Quand je parle de « poupe bou goudou », c’est aussi un langage politique. C’est une façon pour moi de faire disparaître les disparités sociales. De lutter contre les stratifications sociales. Quand je parle de « poupe bou goudou », c’est pour dire uniquement que, que tu sois ministre ou président, talibé ou prisonnier, que tu sois mendiant ou ouvrier, tu chies. C’est quelque chose de très commun. Le langage ordurier est toujours là. C’est un album en Français. Ce qui fait rire le Sénégalais, ne fais pas forcément rire le Français. On a beaucoup chanté en Français pour toucher un nouveau public.

Vous vous êtes marié récemment, pouvez-vous nous parler un peu de votre dulcinée ?

Oui c’est une femme que j’aime. Elle fait du basket. Elle n’est pas rappeuse. Elle écoute un peu de rap. Elle est fan de Carlou -D (rires). Elle écoute beaucoup Gaston. Elle aime beaucoup la musique Mbalax. Elle est issue d’une très bonne famille. Elle est honnête. C’est une femme qui partage. Qui a un très grand cœur. J’en ai besoin. Elle est simple. Une femme qui n’est pas dans les mondanités. Une femme qui ne m’a demandé que la dot habituelle. La dot traditionnelle. Elle ne m’a pas demandé une valise de millions. Ah oui !!! C’est une femme que je n’ai pas achetée.

Qu’est-ce qui vous a fait flashé chez elle ?

Sa simplicité. Sa franchise.

Oui, ça, c’est après. Mais à première vue, qu’est-ce qui vous a marqué chez elle ?

C’est l’amour. Tout de suite. Je l’ai pratiquée. Je l’ai fréquentée, elle m’a plu, je l’ai épousée.

Elle vous a fait courir ?

Comme tous les hommes, elle m’a fait courir. Je lui ai dédié une chanson dans le Cd « Diéguéma ».

Source : L’observateur

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