GRANDE PENURIE D’EAU A DAKAR

Les populations bravent les forces de l’ordre

Les populations des Parcelles assainies se sont révoltées hier, dimanche 6 juillet contre les multiples pénuries dont le manque d’eau a été le point d’orgue. Excédées par la recherche effrénée et vaine du liquide précieux, elles ont décidé de braver l’autorité publique en improvisant une marche sur les grandes artères. Avec les bidons, les bassines et seaux d’eaux, les habitants de ces quartiers de la banlieue ont crié leur ras-le-bol et exprimé leur détermination à en découdre avec les forces de l’ordre.


Par Ibrahima Lissa FAYE

Informées de la marche spontanée, les formes du Groupement mobile d’intervention (Gmi) ont rappliqué rapidement sur les lieux de la manifestation. C’est ainsi que les grenades lacrymogènes ont tonné dans les rues. Il s’en est suivi une course poursuite entre populations qui ont essayé de répliquer avec des jets de pierres contre les forces de l’ordre.

Les habitants des parcelles assainies n’ont pas été les seuls à battre le macadam et à braver les forces de l’ordre. Ceux de la cité Keur Damel ont également remis cela. Avec des pancartes de fortune sur lesquelles on peut, entre autres, lire « pénuries gaz, riz, électricité, eau… », « on est fatigué, on a faim », « au secours », ils ont marché de 11h à 14h.

Les éléments du Gmi n’ont pas pu contenir la colère de ces populations décidées à exprimer leur inappétence, leur lassitude voire leur ras-le-bol. Dans cette foule en furie, on remarque beaucoup plus des dames, des jeunes filles et garçons. Ils n’ont pas hésité à brûler des pneus et empêcher la circulation sur les principaux axes de leur lieu d’habitation.

« On ne peut pas comprendre toutes ces pénuries qui s’abattent sur nous. On ne sait pas où donner de la tête. Il n’y a décidément rien dans ce pays. Toutes les denrées de première nécessité manquent. Il n’y a pas de gaz, pas de riz, pas d’électricité et maintenant on trouve plus d’eau. C’est invivable, inacceptable », a clamé un manifestant. Une dame, certainement la quarantaine révolue a, pour sa part, fulminé, « le pouvoir veut-il nous asphyxier, après les coupures d’électricité, les pénuries de riz et de gaz, où va-t-il nous amener ? ».

Un tour vers la pharmacie Golf sud nous amène à rencontrer une femme en sueur portant une bassine d’eau sur la tête. Elle est tellement exaspérée qu’elle peine à ouvrir la bouche et à prononcer quelques mots. Elle s’en prend vivement au régime en place en déclarant qu’ils ne sont là que pour vivre sur notre dos. Toujours à ce niveau de la banlieue et un partout d’ailleurs, ce sont des femmes qui parcourent les rues à la recherche d’eau. Mêmes les hommes ne sont pas restés. Des bidons en bandoulière, ils arpentent les rues à la recherche d’une fontaine.

A Grand Yoff, les habitants n’ont pas hésité à se rendre au Cices pour aller se procurer le liquide précieux qui coulait des robinets de la Foire. Tout le long de leur chemin, les charretiers vont la valse et profitent de la situation pour se faire de l’argent. Ils portent sur leur charrette des barils qu’ils vendent généralement à 3500 F Cfa.

Cette pénurie d’eau a marqué les principaux quartiers de la ville de Dakar notamment la banlieue. Parcelles assainies, Ouest foire, Hlm, Grand yoff, Sicap entre autres sont les localités durement touchées par le manque d’eau. Cette grande pénurie qui sévit depuis samedi à Dakar découle des difficultés rencontrées dans les travaux de raccordement entre la conduite du Lac de Guiers et la nouvelle conduite dénommée ‘’Bonna’’ et devant améliorer l’approvisionnement desdits quartiers, a annoncé hier, dimanche le directeur de la communication de la Sénégalaise des eaux (Sde), Cheikh Tidiane Fall.

Selon lui, « les travaux sont le fait de la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES, société de patrimoine) et tout devait comme prévu entrer dans l’ordre depuis samedi dans la soirée, mais il s’est produit une grosse fuite au niveau de Boune (près de Keur Massar), obligeant les entreprises adjudicataires des travaux de raccordement ‘’à tout recommencer ».

Source : Sud

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