Les « oeuvres d’art » de Pierre Goudiaby Atepa

L’art marchand des temps modernes ne tient plus le temps... Lézardé, démodé avant de prendre de l’âge. À Paris les travaux pharaoniques de F. Mitterrand ont tenu tout juste 20 ans. À Dakar, l’inspiration architecturale des années 60 fait figure d’avant garde comparée aux discours économiques âgés de 70 ans. Les « grand travaux » en tout genre ne tiendront pas si longtemps.


par Naomed

J’aime bien les oeuvres d’art de manière générale. Je n’ai rien contre Pierre Goudiaby Atepa, enfin presque rien. Mais les oeuvres d’art de Pierre Goudiaby Atepa, j’ai du mal. Je veux parler des merveilles dont il a parsemé Dakar à une époque.

Celles-ci ont la fâcheuse tendance à ne pas défier le temps. Je ne parle pas de millénaires ni même de décennies juste de quelques années. Les lampadaires posés sur la place de l’indépendance, faux 19ème parisien, que je n’aurai pas osé mettre dans mon jardin à portée de mes petits enfants pour cause de fragilité manifeste des uns et de turbulence des autres, déglingués au bout de quelques mois.

Devant la poste de la Medina, la merveille des merveilles en terme d’embellissement des rues. Jugez !

Un pied d’estale soutenu par des arches censé servir de socle à une statue. La statue a été brièvement posée, je m’en souviens, je l’ai vue encore emballée... Le ptit bout qui dépassait montrait une tête de femme genre statue grecque ancienne, peinte couleur dorée bronze, pas trop belle imitation. La statue n’a jamais été déballée, elle a été démontée et le socle reste vide.

Comme toutes les oeuvres d’art d’aménagement urbain (?) celui-ci est recouvert de carrelage, en partie décollé, je rappelle que le machin n’a pas 10 ans. Le carrelage c’est joli... dans une salle de bain, sur une oeuvre d’art ça me coince un peu. Ce qui me console, c’est que ce n’est pas une oeuvre d’art ! Loin s’en faut. Juste un tas de béton carrelé, qu’il faudra bien faire sauter un jour, avec toutes les autres saloperies dont ce gouvernement a parsemé le Sénégal. Tas de béton carrelé sans utilité ni grâce, plutôt prétentieux et ... déglingués.

Source : Blog Politique du Sénégal

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1 Message

  • Les « oeuvres d’art » de Pierre Goudiaby Atepa

    2 novembre 2007 09:58, par naomed

    Il y a quelques semaines, je disais à propos des danseuses incarcérées, que ce n’était que le premier acte d’une reprise en main de l’espace social sous prétexte de « purification » de la liberté de parole.

    En moins de 15 jours, 2 journalistes ont été incarcérés, le directeur de publication du quotidien « Courrier du jour » est en ce moment à la DIC sans que l’on sache pour quelle raison.

    Dans le même temps, le Conseil national de régulation de l’audiovisuel, dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a jamais brillé par ses actions, se réveille et assez méchamment.

    S’il y a effectivement beaucoup de choses à redire sur la médiocrité (?) et la vulgarité de la télé, la formulation de la menace du conseil ouvre la porte à TOUTES LES CENSURES. Cette phrase ne veut rigoureusement rien dire et ne définit absolument pas ce qu’elle compte réprimer.

    Ce qui ne peut nous surprendre. Le propre d’un régime répressif est de menacer de manière générale et indistincte afin d’être à même de pouvoir tout réprimer selon les besoins ou les humeurs. Le conseil parle beaucoup d’obscénité, mais faut il encore le rappeler, l’obscénité n’est pas définit par la loi. L’obscénité est ce qu’un juge ou un conseil déclare obscène. Pas plus. Ce qui laisse évidemment toute latitude à utilisation...

    Voir en ligne : Censure et répression

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