Les dictateurs africains

Qu’ils soient les amis ou les ennemis de la France, qu’ils soient fous ou sages, qu’ils soient au pouvoir ou qu’ils l’aient quitté il y a bien longtemps, les dictateurs africains marqueront l’histoire de ce continent pour longtemps. Ils ont en commun de ne pas laisser de place à la liberté d’expression ou d’opposition. A l’exception de Charles Taylor au Libéria, ils ont tous connus la colonisation. Passage en revue de ces hommes à la fois sources de terreur et de fascination.


Mouammar Kadhafi, l’infréquentable guide de la révolution

Mouammar Kadhafi est le chef d’État Libyen depuis 1970. Quand il se déplace, il emporte toujours avec lui ses « amazones », sa garde personnelle exclusivement constituée de femmes. Il s’installe ensuite dans son immense tente bédouine. A Paris, il l’avait plantée dans le parc de l’hôtel Marigny. Il avait été invité suite à la libération des infirmières bulgares emprisonnées en Libye. Souvent provocateur, il a appelé à la guerre sainte contre la Suisse quand celle-ci a interdit la construction de minarets au dessus des mosquées.

Idi Amin Dada, le fou tyran

Ses frasques amusaient l’occident, mais il terrifiait ses citoyens. Entre 1971 et 1979, Idi Amin Dada a gouverné avec sa folie, décidant de sa politique économique selon ce que lui disait Dieu en rêve. Nul n’était à l’abri de son courroux, et surtout pas ceux de ses proches qui osaient lui dire « non ». Torturés, tués à coups de massue, jetés aux crocodiles ou encore noyés, 150 000 à 300 000 personnes ont subi sa terrible loi. Une de ses femmes a même été retrouvée démembrée dans un coffre de voiture quelques mois après leur divorce.

Omar Bongo, l’ami de la France

Le Gabon est le pays symbolisant au mieux la proximité entre la France et certains pays africains. En accédant au pouvoir en 1967, Albert-Bernard Bongo, qui deviendra El Hadj Omar Bongo en se convertissant à l’islam, commence par créer un parti unique. Il autorisera plus tard la création d’autres partis mais sera toujours réélu dans des conditions douteuses. A sa mort en 2009, Bernard Kouchner et Nicolas Sarkozy évoquent la perte d’un ami, Noël Mamère la disparition d’une « crapule ».

Robert Mugabe, le libérateur devenu despote

Quand il accède au pouvoir 1980 en tant que premier ministre du nouvel Etat du Zimbabwe, Robert Mugabe incarne l’optimisme de tout un peuple libéré de la domination de la minorité blanche. 30 ans plus tard, son peuple meurt de faim. Devenu président en 1987, sa politique a été marquée par l’expropriation des fermiers blancs en 1999 alors qu’ils représentaient 80% du revenu national. Aujourd’hui, 80% de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

Charles Taylor, le prisonnier

Cet ancien président du Libéria de 1997 à 2003 a commis deux erreurs qu’un dictateur n’a pas le droit de commettre : il a déstabilisé un pays membre de l’ONU et il a quitté le pouvoir. Il est désormais jugé au tribunal de La Haye où on l’accuse d’avoir soutenu la rébellion en Sierra Leone et conduit à la guerre civile qui a fait 120 000 morts. Il souhaitait ainsi avoir accès aux diamants du pays. Naomi Campbell pourrait être citée à comparaitre pour témoigner, Charles Taylor lui avait offert un gros diamant brut.

Félix Houphouët-Boigny, pacifiste à tout prix

Lorsqu’il accède au pouvoir en 1960, il devient le premier président de la nouvelle république de Côte d’Ivoire. Felix Houphouët-Boigny proclame l’indépendance de son pays mais garde ses relations avec la France. Ce pacifiste use de méthodes peu orthodoxes puisqu’il fait bien souvent taire la contestation par la force ou la manipulation. S’il a parfois sacrifié la liberté au nom de la paix, il fait quasiment l’unanimité dans la classe politique française, jusqu’à sa mort en 1993.

Jean-Bedel Bokassa, le cannibale

En 1965, il profite d’un coup d’Etat manqué contre le président de Centre-Afrique, son propre cousin, pour devenir président de ce petit pays. Sept ans plus tard, il s’autoproclame président à vie, puis il se couronne empereur en 1977. Celui qui a offert à Valéry Giscard-dEstaing une plaquette de bijoux d’une valeur d’un million de francs avait aussi la réputation d’être cannibale. Arrêté, jugé et condamné à mort pour divers crimes, il meurt en 1996 d’un arrêt cardiaque.

Joseph Désiré Mobutu, le mauvais gestionnaire

Bien que resté au pouvoir 32 ans, il n’aura été à la tête de la république démocratique du Congo que 6 ans. En effet, il rebaptise le pays « Zaïre » en 1971. Sous prétexte de « zaïrianisation », il nationalise les grandes entreprises et en confie la direction à des proches. Son régime est alors marqué par la corruption. Il se coupe des grandes puissances économiques et s’enrichit laissant son peuple mourir de faim. Il est destitué de son pouvoir en mai 1997 et meurt d’un cancer de la prostate quelques mois plus tard.

Gnassingbé père et fils

Gnassingbé Eyadema a dirigé le Togo de 1967 à sa mort en 2005. Il s’est longtemps vanté d’avoir tué de ses propres mains le premier président du Togo au cours d’un putsch en 1963, il n’était alors qu’un jeune sergent-chef dans l’armée. Lorsqu’il meurt, l’armée togolaise prend le pouvoir et le parlement élit son fils Faure Gnassingbé Eyadema président de l’assemblée nationale. Des élections sont organisées sous la pression internationale et Faure est élu président le 4 mai 2005. Il a été réélu le 4 mars 2010 mais l’opposition conteste cette victoire.

Omar el-Béchir, le hors-la-loi

C’est inédit, jamais un chef d’Etat n’avait été sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale. Le président du Soudan est soupçonné de « génocide » au Darfour, cette région de l’ouest du pays. Tout juste réélu, il doit faire face à un nouveau scandale, celui-ci d’ordre financier, puisque des membres de son parti auraient orchestré une fraude « pyramidale », c’est à dire la même que Bernard Madoff aux Etats-Unis.

Teodoro Obian Nguema Mbasogo et l’Unesco

La Guinée Equatoriale est un petit pays dont le pétrole est la principale ressource. Les exportations devraient permettre à ses 600 000 habitants de vivre. Au contraire, ils sont très pauvres, la faute à un système corrompu à la tête duquel se trouve Teodoro Obian Nguema Mbasogo. On imagine alors la colère des ONG en apprenant que l’Unesco s’était associé à lui pour décerner un prix pour la « recherche en sciences de la vie ». Trois millions d’euros qui n’iront pas pour le peuple. Un symbole de plus de la contradiction dans laquelle se trouve la communauté internationale vis-à-vis des dictateurs.

Source : MSN News

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