Le plan Takkal refuse de s’allumer : Karim Wade alimente le feu de la révolte

L’obscurité que provoquent les délestages est maintenant coupée par la lumière des incendies que provoquent les manifestations de colère des populations. Hier, divers points de la ville ont été éclairés par les pneus que brûlaient des manifestants. Au point qu’à Pikine, les policiers ont été débordés, et ont cherché des renforts. Le mot de ralliement de tout le monde était le départ de Karim Wade et le limogeage de Seydina Kane. Hier, les populations de Pikine ont envahi les rues de la ville pour protester contre les coupures de courant de la Senelec. De la rue 10, en allant vers Tally Bou mack, tally Icotaf, et tally Bou bess, toutes les rues ont été embrasées. Les manifestants demandaient tous, invariablement, le départ de Karim Wade de son poste de ministre de l’Energie, ainsi que le limogeage sans délai, du Dg de la Senelec, Seydina Kane.


Sortis tous dehors, malgré le froid du soir, les manifestants criaient : « Nous en avons marre, et nous ne sommes pas d’accord avec le nouveau planning de délestage de la société. Ce n’est pas normal qu’on puisse rester plus de 48 heures sans courant », lance M. Dièye. La Police, impuissante face à cette foule qui grossissait de minute en minute, du fait de son effectif réduit, avait tous les problèmes du monde pour rétablir la situation. Les brasiers éteints étaient aussitôt rallumés une fois que les forces de l’ordre avaient tourné le dos. « Pourquoi éteignent-ils les feux ? On n’a pas d’électricité, alors nous allons allumer aujourd’hui toute la ville », s’écrient les jeunes surexcités.

Dans l’obscurité, la Police, après plusieurs interventions dans les différents quartiers et ruelles, décide de balancer des grenades lacrymogènes dans tous les sens. Résultat, beaucoup d’occupants ont été délogés de leur maison par le gaz. Mais les jeunes manifestants n’ont pas été calmés pour autant. Plus que déterminés, ils ont fait face avec des pierres, pour organiser la riposte.

A 21 heures 37 minutes, les éléments du commissariat central de Guédiawaye sont venus en renfort prêter main forte aux éléments du Gmi. « Nous ne sommes pas prêts à abandonner, et si l’Etat décide de continuer avec nous dans ces conditions, nous sommes prêts à y laisser nos vies », lance Mbacké Ndiaye, un habitant de Tally Bou Bess.

A la Cité icotaf, sur la rue 10 et dans toutes les grandes artères de la ville de Pikine, le décor est le même. Des morceaux de pneus brûlés, des ordures renversées sur la chaussée, et des troncs d’arbre allumés, le tout dans une atmosphère indescriptible. « Nous en avons marre de ce régime. Il faut que le monde entier sache que nos autorités sont en train de nous tuer, ils nous piétinent et nous poussent à la mort, crie un certain Diop.

La situation devenait de plus en plus tendue. Les jeunes manifestants voulaient se rendre à la sous-préfecture de Pikine Dagoudane. Mais ils seront dissuadés par les notables, qui espéraient une amélioration de la situation de manière rapide.

Mais comme s’ils s’étaient passé le mot, d’autres quartiers de la ville de Dakar ont repris le flambeau des incendies, dans la nuit d’hier. La ronde des flammes a semblé se répandre d’un coin à l’autre de la ville. A Sacré-Cœur, sur les deux voies qui mènent à Liberté 6, la route a été un moment bloquée par les flammes. L’Agence de presse sénégalaise a annoncé de son côté que des incendies ont été maîtrisés sur l’avenue Blaise Diagne, à hauteur du lieu dit, Keur Serigne bi. Donc, à quelques encablures du Palais présidentiel.

Des manifestations ont été également notées en des lieux aussi éloignés que Ouakam et Khar Yalla, entre autres. Tous ne demandaient qu’une chose : la fin des délestages et le départ de l’équipe qui est aux commandes du ministère et de la Senelec.

latifmansaray@lequotidien.sn

Source : Le Quotidien

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