Le mouvement « Y’en a marre » étend ses tentacules

Moins d’un mois après sa naissance, le mouvement citoyen « y’en a marre » enregistre de plus en plus d’adhérents. Après une conférence de presse à Dakar où étaient présents les plus grands noms du hip-hop sénégalais, c’est autour d’un groupe lougatois, « Eumzo Me Flower », de venir soutenir le mouvement lancé par Thiate et Kilifeu du groupe de rap « Keur Gui » Crew de Kaolack.


« Y en a marre » voulait organiser une manifestation ce samedi à Rufisque contre les délestages, la cherté de la vie, la corruption… Mais la police l’en a empêché. Mais malgré tout, le mouvement n’en finit pas de grossir et de prendre de l’ampleur...

En effet, les mouvements citoyens semblent être la nouvelle mode au Sénégal. Tout le monde s’y met. Des mouvements jusqu’ici accaparés par des personnes du monde politique, universitaire, religieux et des affaires connus, en dehors de Youssou Ndour, artiste et homme d’affaires qui avait créé son mouvement en vue de réclamer une autorisation d’émission pour ce qui allait devenir la Télévision Futurs Médias (TFM) face à ce qu’il considérait comme de l’arbitraire par le gouvernement. Les artistes ne veulent plus être en reste, aussi des rappeurs ont-ils créé un mouvement dénommé « Y’en a marre ».

Suivant une initiative du groupe « Keur Gui Crew » de Kaolack, connu du grand public par son engagement pour les causes sociales et leurs textes engagés, ce mouvement est grandement soutenu par les jeunes. De quoi en faire pâlir les gouvernants sénégalais. Le Sénégal, ce petit pays composé en majorité de jeunes et dont l’élection présidentielle approche à grands pas. Des rappeurs qui ont une grande influence sur les jeunes en plus d’avoir beaucoup contribué à l’avènement de l’alternance en 2000.

Mais les choses ne s’annoncent pas aussi faciles pour ces adeptes du hip-hop. Pour leur première conférence de presse, ils ont été expulsés de la place du souvenir africain. La librairie Athéna leur offre alors une tribune pour s’exprimer et Thiate et Kilifeu (membres du groupe Keur Gui Crew de Kaolack) déclinent leurs objectifs. « Un million de plaintes contre le gouvernement », voila le premier objectif qu’ils se fixent. Et cela semble être sur le chemin du succès.

En effet, loin des autres mouvements citoyens, « Y’en a marre » compte s’étendre dans les régions. Les rappeurs de l’intérieur du Sénégal adhérent et portent le projet. Dans ce lot, se distingue le groupe « Eumzo Me Flower » de Louga tel que le rapporte le quotidien « Walf-Grand-Place », dans sa livraison du vendredi 4 mars.

« Le mouvement Y’en a marre n’est pas, à notre avis, une association mais plutôt une philosophie et un principe d’expressions plurielles qui appartiennent à tout le monde », a déclaré Eumzo, leader du groupe. Une façon de dire que nul n’a besoin d’attendre d’être invité pour faire partie de ce mouvement. Il suffit d’adhérer à l’idée et de se confondre au groupe. Comme lui il l’a fait. Convaincu en outre que « tout citoyen qui en a marre peut l’exprimer librement ». Mais, « une organisation de toutes ces expressions est nécessaire ».

Après Eumzo, Kilifeu et Thiate peuvent s’attendre dans les prochains jours à d’autres adhésions spontanées.

Bigué Bob

Source : Nettali

« Y en a marre » fait tabac à Rufisque, la police gâche la fête

Formulaire de plainte contre le gouvernement à télécharger

Il y avait de l’électricité dans l’air ce samedi à Rufisque. Les initiateurs du Mouvement Yen a marre ont débarqué dans cette localité de la banlieue située à 28km du centre ville pour faire signer « les plaintes contre le gouvernement ».

Des plaintes qui ont été arrachées par les populations comme de petits pains. Ce qui a littéralement mis en colère le commissariat de police de Rufisque qui est intervenu pour faire cesser l’activité des rappeurs et journalistes et disperser la foule qui s’agglutiner au camion de sono.

Selon le communiqué de ce mouvement, « au moment de l’interpellation des membres de la coordination du mouvement Yen a marre par les éléments du commissariat de Rufisque, plus de 500 plaintes étaient déjà signées. Et en moins d’une heure ».

Malgré l’intervention énergétique des forces de l’ordre les membres de ce mouvement comptent poursuivre leur action. « N’empêche, la collecte se continue à Rufisque. Nos cellules poursuivent sur place la collecte et partout ailleurs dans le pays ».

Télécharger la plainte

Source : pressafrik

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