Le Sénégal dans le « top 10 » des pays les plus corrompus d’Afrique


À en croire les résultats de l’indice mondial de perception de la corruption du Forum civil, section sénégalaise de Transparency International, pour l’édition 2008, le Sénégal qui a enregistré un score de 3,4 est classé 85ème pays corrompu au plan mondial. Au niveau continental, le Sénégal a reculé de 3 places pour se retrouver 10ème pays le plus corrompu d’Afrique.

L’indice de perception de la corruption (Ipc) du Forum civil/ section sénégalaise de Transparency International révèle que pour l’édition 2008, le Sénégal a enregistré un score de 3,4 et est classé 85ème au niveau mondial. Dans ce classement, le rang n’est pas un élément déterminant, mais plutôt le score ou la note. La moyenne du score est campée sur le point 5. Tout pays se situant entre le point zéro et le point cinq est dans la zone rouge des pays corrompus. Le Sénégal qui de 1998 à 2008, soit depuis dix ans, n’a pas franchi le point cinq demeure toujours dans cette zone rouge. Au niveau du classement des pays africains pour l’édition 2008, le Sénégal a reculé de 3 places. Il se retrouve à la 10ème à égalité avec le Madagascar après le Botswana (5,8), l’île Maurice (5,5), le Cap –Vert (5,1), l’Afrique du Sud (4,9), Seychelles (4,8), la Namibie (4,5), la Tunisie (4,4), le Ghana (3,9), le Swaziland (3,6), le Burkina Faso (3,5), le Maroc (3,5). L’indice de perception de la corruption (Ipc) propose un classement annuel des pays suivant une enquête d’opinion basée sur l’avis d’experts provenant d’instituts de recherche et de cabinets spécialisés et d’investisseurs privés sur la corruption, les conflits d’intérêts, les détournements de fonds, les politiques de lutte contre la corruption etc.

La justice épinglée

Estimant que le phénomène de la corruption agit comme un obstacle majeur à la réalisation des stratégies de développement du Sénégal, Souleymane Diawara, coordonnateur de Task force Forum civil, incrimine le secteur judiciaire dans l’évolution de la corruption. Selon lui, les faibles avancées dans la lutte contre la corruption sont intervenues dans un contexte d’impunité qui a comme point de départ, les audits post-alternance. « Ces audits ont connu un traitement politicien et même l’institution judiciaire a été touchée par la corruption à travers le scandale dit des magistrats », rappelle le coordonnateur. Revenant sur les actes posés par l’Etat pour lutter contre le phénomène, le Forum civil souligne qu’ils sont de portée limitée. « La Commission nationale de lutte contre la corruption n’est pas efficace. Elle doit être remplacée par une agence indépendante avec des prérogatives » plus larges, martèle Paul Dominique Corréa. Comme solution, le Forum civil exige de l’Etat la fermeté dans sa volonté de lutter contre le phénomène, l’institution du contrôle citoyen dans tous les secteurs, l’application et le respecter du principe de l’obligation de rendre compte de la gestion des biens publics et contribuer, par l’éducation et la sensibilisation, à ancrer les pratiques humaines dans notre société.

Par Idrissa SANÉ

Source : L’observateur

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