LABEL MUSICAL FRANÇAIS : Kavall Records veut produire Wa Flash, Pacotille et Fou Malade

A Paris, Ibrahim Guèye a monté son label, Kavall Records, dont l’objectif est de dénicher et de produire les jeunes talents de la musique urbaine délaissés par les grands majors.


Ce Sénégalais fait partie de cette génération de jeunes immigrés africains implantés en France qui ont choisi de s’investir à fond dans la création d’entreprises.

Il était récemment en prospection au Sénégal où il a pris langue avec le groupe Wa Flash de Thiès, les rappeurs Pacotille et Fou Malade.

Il y a un an, Ibrahim Guèye décida de créer son propre label musical. Mais pas n’importe quel label. La structure Kavall Records dont il est le directeur général s’investit dans un créneau quelque peu délaissé par les grands majors : la musique urbaine (surtout africaine) caractérisée par des styles comme le hip-hop, le dancehall, le RNB et la soul-rock. Avec une équipe restreinte de cinq personnes, le jeune Sénégalais s’est lancé dans l’aventure de la production musicale. « Cela a été presque un hasard car, un jour, un jeune musicien m’a présenté ses projets. Il avait besoin de quelqu’un qui était prêt à investir de l’argent et à s’impliquer humainement. C’est comme ça que j’ai commencé », raconte-t-il.

Au début, il ne travaillait qu’avec des artistes africains, mais de plus en plus son label s’ouvre aux autres cultures et il envisage même de produire de jeunes musiciens français. Lui qui travaillait dans une multinationale informatique dont le chiffre d’affaires s’évalue en milliards (il est informaticien de formation) n’imaginait pas qu’il allait « tomber » dans la production musicale car sa carrière était plutôt tournée vers la finance. Mais son cursus l’aide énormément dans ses nouvelles activités.

« Gérer un label musical c’est la même chose que gérer n’importe quelle entreprise à la seule différence que cela demande une certaine polyvalence. Il faut avoir un flair artistique et savoir parler aussi bien aux banquiers qu’aux designers, photographes, compositeurs et ingénieurs de son », confie le jeune directeur général de Kavall Records.

En janvier 2008, le label va mettre sur le marché les disques de Fenomen10’gla (Guadeloupe) qui fait du dancehall ; Blackapar, un métis franco-gabonais adepte du hip-hop ; et Dial, jeune musicien sénégalais qui excelle dans la soul style Lenny Kravitz. « Dial commence à être connu en France. Il est même passé dans le journal télévisé de 13 heures de France 2. Actuellement, il tourne beaucoup. Nous allons ainsi produire son premier disque », explique Ibrahim Guèye. Du flair, il en a car il n’a pas investi le créneau des musiques urbaines par hasard. En effet, il révèle que, selon une étude très sérieuse menée par des experts, la vente des disques RNB va progresser de 35 % environ dans les prochaines années.

Le label Kavall Records n’a pas encore produit d’artistes sénégalais mais son patron compte le faire. « Nous sommes en contact avec le groupe Wa Flash de Thiès dont nous voulons produire le premier disque international. Nous comptons aussi travailler avec les rappeurs Pacotille et Fou Malade. Il existe au Sénégal de jeunes musiciens très talentueux mais qui n’ont malheureusement pas les moyens de se faire connaître sur le plan international », poursuit Ibrahim Guèye.

Son objectif n’est pas de « gagner de l’argent » sur ces futures productions, mais surtout de contribuer à la professionnalisation du secteur.

« Nous voulons également favoriser les échanges et le brassage entre les artistes sénégalais et ceux de l’extérieur », ajoute le directeur de Kavall Records. Parmi ses objectifs, investir dans l’industrie musicale sénégalaise par la mise sur pied de structures comme des studios d’enregistrement audio et vidéo...

MODOU MAMOUNE FAYE

Source : Le Soleil

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