L’agression de Souleymane Jules Diop à Chicago

Le journaliste sénégalais vivant au Canada, Souleymane Jules Diop a été agressé ce vendredi à Chicago par la garde rapprochée du président Abdoulaye Wade en visite dans la ville américaine à l’invitation de l’Association des journalistes noirs de la ville de Chicago.


Selon plusieurs témoignages concordants, Souleymane Jules Diop qui a fait le déplacement depuis le Canada où il vit pour assister à la communication du Président Wade, suivie d’une conférence de presse, a été attaqué par un conseiller du chef de l’Etat vraisemblablement Alioune Diop alors que le journaliste se préparait à interpeller en pleine séance Me Wade. L’ancien conseiller en communication du Premier ministre Idrissa Seck a été ensuite pris à partie par des gardes du corps du chef de l’Etat sénégalais qui l’ont violemment tabassé.

La police de Chicago a dû intervenir pour l’extraire des mains de ses bourreaux qui ont commis la forfaiture devant la presse américaine. Indigné par cet acte de violence les journalistes américains n’ont depuis lors de cesse de critiquer les agissements du régime wadien en ayant une preuve concrète de ses rapports conflictuels avec la presse notamment sénégalaises. Un responsable de CNN, Roland Martin a interpellé le Président Wade pour lui dire que cette agression qui s’est passée devant les journalistes noirs des Etats-Unis était sans doute la preuve que les accusations exprimées par la presse sénégalaise contre le régime libéral n’étaient pas totalement fausses.

Quelques minutes plus tôt, Me Wade accusait les journalistes sportifs sénégalais Boubacar Kambel Dieng de la Radio Futurs Médias (Rfm) et Karamokho Thioune de la West african democracy radio (Wadr), d’avoir provoqué leur bastonnade par des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip-police). Le chef de l’Etat a expliqué à la presse américaine présente dans la salle de sa conférence que les deux journalistes, menottés et sauvagement battus par des policiers après la victoire fin mai du Sénégal sur le Liberia (3-1) à Dakar, ont voulu « agresser les joueurs ».

Source : Nettali

La visite du président de la République du Sénégal à Chicago a été très mouvementée. Entre manifestations et contre manifestations, Abdoulaye Wade, premier Chef d’Etat étranger invité à la plénière de l’Association des journalistes noires des Etats-Unis est revenu sur l’affaire Boubacar Kambel Dieng et Karamokho Thioune, deux journalistes victimes d’une répression policière le 21 juin dernier au stade Léopold Sédar Senghor. Pour le président de la République, c’est le Chef du desk sport de la RFM qui a frappé le policier. Revenant largement sur ses relations avec la presse privée, Wade a déclaré que “ses ministres ne sont pas attaqués dans la presse parce qu’ils sont corrupteurs des journalistes“.

(Chicago) – Les échauffourées ont commencé devant l’enceinte du local où Abdoulaye Wade doit tenir son discours face aux journalistes noirs des Etats-Unis d’Amérique. D’un côté, le camp des Souleymane Jules Diop, Talla Sylla et Barthélémy Dias qui serait fort de 80 participants et de l’autre les militants du Parti démocratique sénégalais (Pds) venus de tous les coins, estimés à 100 personnes.

La tension était tellement vive entre les deux camps que la police de Chicago avait été obligée d’intervenir pour les séparer.

Toutefois, le leader du Jëf Jël et le parton de la Convergence socialiste n’auront pas de badges leur permettant d’accéder à la salle. Seul Souleymane Jules Diop arrivera à décrocher le sésame. Assis confortablement sur sa chaise, le journaliste va attendre le moment opportun pour sortir de sa réserve. Alors que le f d’Etat déroulait son discours sur l’environnement, il tonne en anglais : “Je vous parle au nom de mon peuple. Cet homme est un dictateur“ avant d’être encerclé par la sécurité et les militants du Pds qui vont en profiter pour lui rouer de coups.

Comme pour apporter la réplique afin de noyer cet incident, les accompagnateurs de Wade décident de transformer la cérémonie en meeting. C’est là qu’intervient le président de la séance qui menace de faire évacuer les “perturbateurs“.

Après le discours du président de la République qui, faut-il le rappeler, est le premier Chef d’Etat étranger à être invité par cette association, les organisateurs désignent quatre journalistes pour lui poser des questions. La première est relative à l’émigration en Europe. Etant conscient de la position de Wade sur la question, notre confrère demande au président de la République “si sa bataille consiste à une plus grande ouverture des frontières. Et que si telle était le cas, il serait en contradiction avec lui-même parce que ayant déjà sollicité le maintien des cerveaux“. Abdoulaye Wade qui apparemment n’avait pas compris la question se lance dans un discours sur l’émigration.

“C’est le Journaliste qui a frappé le policier“

Mais c’est surtout Rolin Martin qui a marqué les esprits. Un des dirigeants de l’Association noire, le chroniqueur politique de la chaîne CNN commence d’abord par exhiber les lettres de protestations écrites par le Comité pour la protection et la défense des journ alistes suite à l’agression policière dont ont été victimes Boubacar Kambel Dieng et Karamokho Thioune.

Puis s’adressant au président de la République, il lui demande : “Monsieur le Président, est ce que vous êtes prêt à déclarer solennellement que vous condamnez l’agression contre les journalistes ? Est-ce que vous vous engagez à assurer la protection des journalistes pour qu’ils puissent faire leur travail sans crainte ni intimidation ?“

En répondant, Wade s’interroge. “Qui est journaliste ? Ce sont des politiciens !“. Rolin Martin interrompt le président de la République pour revenir à la charge : “Excusez-moi, Monsieur le président, je ne vous demande pas de me définir qui est journaliste ?“. Wade poursuit : “dans cette affaire c’est le journaliste qui a frappé le journaliste“ confirmant le communiqué déjà publié par le ministre de l’Intérieur, Cheikh Tidiane Sy. Ensuite, le président de la République commence à énumérer ce qu’il a fait pour la presse.

Notre confrère s’interpose à nouveau en insistant sur la protection des journalistes.

Face à la récurrence de la question Wade l’invite à venir à Dakar avec un jury d’honneur pour dit-il “voir ce qui s’y passe“. Notre confrère retire sa question et dit regretter que le Président de la République ne veuille pas y répondre.

“Mes ministres ne sont pas attaqués par les journalistes parce qu’ils sont corrupteurs des journalistes“

Par ailleurs, il faut aussi signaler que le Chef de l’Etat a rencontré les journalistes en herbe jeudi dernier. Répondant à une interpellation selon laquelle pourquoi, il ne voyage pas avec la presse privée, Abdoulaye Wade répond : “elle est en grève“. Et d’ajouter : “les journalistes sont des corrompus (…)“. S’appuyant sur une enquête qu’il dit avoir lui-même ordonné, le Président de la République révèle : “j’ai demandé pourquoi mes ministres ne sont jamais attaqués dans la presse comme elle le fait avec moi. On m’a fait savoir que les ministres sont des corrupteurs des journalistes“.

Source : Dame Babou Sudonline.sn

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