L’acidité des océans inquiète

« Nous, scientifiques qui nous sommes réunis à Monaco pour rassembler les connaissances sur l’acidification des océans, déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les récentes évolutions rapides de la chimie des océans et de leurs potentiels à affecter dans quelques décennies les organismes marins, les réseaux alimentaires, la biodiversité et les pêcheries. »


L’évolution des niveaux d’acidité est à l’heure actuelle 100 fois plus rapide que la variabilité naturelle, avertissent les signataires de la « Déclaration de Monaco ». Ne nous y trompons pas. Dans le coup de dé qui a présidé à l’apparition de la forme de vie que nous connaissons sur terre, l’équilibre complexe et variant des forces de la « macro-chimie » à l’oeuvre sur la planète a joué un rôle déterminant. Ayant désormais acquis grâce à notre maîtrise de l’énergie qui décuple nos forces et notre empreinte - et la multiplie par notre nombre - une capacité à modifier en profondeur ces réglages fins, résultats de processus s’étant déroulés sur des millions d’années et sur lesquels le vivant avait patiemment construit son empire, c’est la vie dans son entier que nous mettons en péril.

BBC, 30 janvier 2009

Les écosystèmes marins du monde risquent d’être gravement compromis par l’acidification des océans, à moins que n’interviennent des réductions drastiques des émissions de CO2, avertissent les scientifiques.

Plus de 150 océanographes de premier plan ont fait part de leurs inquiétudes à travers la « Déclaration de Monaco », qui met en garde sur l’accélération de l’acidification des mers.

Cette déclaration, qui a reçue le soutient du Prince Albert II de Monaco, se fonde sur les conclusions d’un précédent sommet international.

Elle avertit que l’évolution des niveaux d’acidité est 100 fois plus rapide que la variabilité naturelle.

Sur la base des priorités de recherche identifiées par un symposium consacré à l’océan et à l’élévation des teneurs en CO2 qui s’est tenu en Octobre 2008, la déclaration précise :

« Nous, scientifiques qui nous sommes réunis à Monaco pour rassembler les connaissances sur l’acidification des océans, déclarons que nous sommes profondément préoccupés par les récentes évolutions rapides de la chimie des océans et de leurs potentiels à affecter dans quelques décennies les organismes marins, les réseaux alimentaires, la biodiversité et les pêcheries. »

Cette déclaration invite les décideurs à stabiliser les émissions de CO2 « à un niveau assurant la sécurité et évitant non seulement de dangereux changements climatiques, mais également une dangereuse acidification des océans ».

Les chercheurs avertissent que l’acidification des océans, qu’ils désignent comme « l’autre problème du CO2 », peut rendre la plupart des régions de l’océan inhospitalières pour les récifs coralliens d’ici à 2050, si les niveaux de CO2 dans l’atmosphère continuent de croître.

Ils indiquent par ailleurs que ce phénomène pourrait provoquer des changements substantiels dans les stocks de poissons, menaçant la sécurité alimentaire de millions de personnes.

« La chimie est tellement fondamentale et les changements interviennent de manière tellement rapide et importante que les impacts sur les organismes apparaissent inévitables », déclare le Dr James Orr, le président du symposium.

« Désormais, les questions sont : à quel point cela sera-t-il néfaste et à quel point cela arrivera rapidement. »

Un autre signataire, Patricio Bernal, secrétaire exécutif de la Commission océanographique intergouvernementale de l’ONU, décrit comment la communauté des océanographes tente de répondre à ce défi.

« Nous avons besoin de réunir les meilleurs scientifiques afin de partager les résultats de leurs dernières études et de fixer des priorités pour la recherche afin d’améliorer notre connaissance des processus et des impacts de l’acidification sur les écosystèmes marins. »

A l’occasion de cette publication, le Prince Albert II a exprimé ses préoccupations, ajoutant qu’il espérait que les dirigeants du monde sauraient prendre les « mesures nécessaires » lors d’ un sommet de l’ONU sur le climat qui se tiendra cette année.

« Je soutiens fermement cette déclaration. J’espère qu’elle sera entendue par tous les dirigeants politiques à Copenhague en Décembre 2009. »

Illustration : évolution de la concentration de l’aragonite, l’une des formes du carbonate de calcium utilisé par les coquillages.

Source : BBC

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