« Je lutterai pour que le Sénégal soit débarrassé de cette mafia politico-religieuse qui fait vivre l’enfer aux pauvres Sénégalais »

Ex-membre du groupe de rap le « Rap’Adio », Makhtar « Le Kagoulard » fait l’objet de menaces de mort depuis la sortie de son premier album solo en janvier dernier. Album dans lequel il fustige la manière dont le Sénégal est gouverné. Nullement intimidé, il réaffirme sa volonté de lutter pour que le Sénégal soit débarrassé de cette mafia politico-religieuse qui ne cesse de faire vivre l’enfer aux pauvres Sénégalais.


De son vrai nom Makhtar Sy, le rappeur Makhtar « Le Kagoulard », qui poursuit une carrière solo aux Etats-Unis après l’aventure de « Rap’Adio », fait l’objet de menaces de mort formulées par des personnes anonymes. Ces menaces font suite à la sortie de son premier album solo international de 15 titres, en janvier dernier. Un produit qui lui a servi de support pour dénoncer la mal-gouvemance du Sénégal. Et pour montrer à ses détracteurs qu’il n’a nullement peur et qu’il n’est pas intimidé, il enlève « sa cagoule », le temps de cette confession. Ceci, non sans indiquer qu’il continuera à se cacher le visage lors de ses sorties audiovisuelles.

« Pour que ceux qui m’envoient des lettres de menaces de mort anonymes sachent que je n’ai pas peur de mes mots » ; dit Makhtar « Le Kagoulard ». Se faisant plus précis, il ajoute : « J’affirme et je réaffirme que tant qu’il y aura un souffle de vie en moi, je serais hardcore. Je représenterais la vérité. Je lutterais pour que le Sénégal soit débarrassé de cette mafia politico-religieuse qui ne cesse de faire vivre l’enfer aux pauvres Sénégalais ».

La situation politique du pays inquiète au plus haut point le rappeur qui, face au célèbre slogan du président Wade, « Travailler, Toujours travailler, Beaucoup travailler », réplique : « je dirais : Apprendre, S’instruire, Se cultiver. Car la connaissance est la base de tout », lance-t-il en soutenant que cette instruction de la population est surtout cruciale à l’approche des élections. « Il faut des espaces d’information, de proximité dans les quartiers, afin que les populations ne soient pas corrompues ou diverties à travers les querelles entre partis politiques. Car ces derniers profitent du vide idéologique et spirituel des populations en leur parlant toujours la langue de Molière que la moitié ne comprend pas très bien », argumente Makhtar.

Toujours dans le cadre de la politique, i1 relève que durant les campagnes électorales ou plutôt ce qu’il nomme « campagne de corruption », les politiciens excellent dans la langue wolof. Aussi, l’ex-membre du « Rap’Adio » de dire que pour la conscientisation du peuple, les rappeurs ont un grand rôle à jouer. Makhtar « Le Cagoulard » qui épingle aussi le « mbalax » ne manque pas non plus de tirer sur les religieux musulmans qui ne contextualisent pas leur prêche. « Les religieux ne font pas une lecture contextualisée du Coran qui pourrait interpeller les consciences. Ils continuent à nous raconter l’histoire des premiers temps de l’islam », dit-il.

« Wade corrompt les femmes avec un nouveau concept de parité »

Dans la même foulée, le rappeur s’en prend aussi « aux femmes qui se laissent corrompre par Wade avec un nouveau concept de parité qui, d’ailleurs, ne profite qu’aux femmes intellectuelles politiciennes, auxiliaires de ce système de corruption ». Aussi, les grands problèmes de notre pays qui sont, d’après Makhtar Sy, « la corruption et l’ignorance », doivent être combattus par les jeunes du Hip-hop. Il estime en effet qu’il leur revient « d’enclencher la machine de la révolution culturelle. Je les exhorte à arrêter les battles et organiser des journées de réflexion sur cela ».

Justement, pour venir à bout de tous les maux dont souffre le pays, Makhtar « Le Kagoulard » a mis sur pied une Ong dénommée « Sunulight », depuis avril dernier. Comptant déjà plus de 10 000 membres, elle se fixe comme objectif de participer à faire « sortir les populations sénégalaises de l’ignorance et d’aider la jeunesse ».

source : le populaire par Oumou Sidya DRAME

Répondre à cet article