Ibson Faye réussit une jonction rap-littérature

Le rappeur Ibrahima Ibson Faye a converti en œuvre littéraire son premier album intitulé ‘’2main’’, une innovation que l’auteur assimile à un nouveau genre littéraire dénommé ‘’littérapture’’ et destiné à faire la démonstration de la pureté du rap.


Intitulé ‘’Demain’’, ce livre d’une centaine de pages a été publié par L’Harmattan Sénégal par ce jeune rappeur de 28 ans. Il y allie rap et littérature, afin de démontrer que ce genre musical ’’est pur (et n’a) point de rature’’.

‘’Le rap sénégalais est un rap qui ne fait qu’imiter le rap américain. Je crois qu’écrire ce livre prouve que le rappeur sénégalais peut faire autre chose que le rappeur américain, donc ce livre brise les chaînes dont le rap galsen est prisonnier’’, a estimé l’artiste, samedi, au cours d’une cérémonie de présentation.

‘’La +littérapture+ est là pour corriger la rature dans la littérature, à travers aussi le fait de corriger l’image négative que certains ont du rap’’, a soutenu Ibson Faye, qui se considère comme un écrivain devenu rappeur.

Le professeur Oumar Sangharé, agrégé de lettres classiques et de grammaire, a fait part de son admiration pour le jeune artiste, en célébrant dans la préface de ce livre la naissance d’un poète qui ‘’transforme le parler populaire en vers littéraire’’.

‘’C’est un véritable miroir qu’Ibson promène devant les foules pour nous faire découvrir leur us et coutumes’’, écrit l’universitaire, ajoutant que ‘’le poète qui écrit en langue française manifeste une grande habitude à rédiger les chants en wolof (…)’’.

Abdoulaye Diallo, directeur de L’Harmattan-Sénégal, a expliqué au cours de cette rencontre que ce livre a pu être édité grâce au Fonds d’aide à l’édition du ministère de la Culture, estimant que ‘’l’œuvre a permis de faire une jonction entre le milieu du hip hop et la littérature classique’’.

Titulaire d’une licence en Lettres modernes décrochée à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Ibson déclare écouter rarement les rappeurs étrangers, assurant que sa seule référence est l’artiste rappeur sénégalais Ndongo D. Certains des professeurs de Ibson Faye ont toutefois tendance à assimiler le rappeur au français Mc Solaar ou encore au slameur Grand Corps Malade.

Présent à cette cérémonie de présentation, Ndongo D explique sa rencontre avec Ibson par un ‘’hasard artistique’’. Il a dit avoir découvert chez le jeune rappeur, natif de Fatick (ouest), ‘’un talent immense’’, car selon lui ‘’beaucoup oublient que le rap commence par les textes’’.

‘’J’encourage le mouvement hip hop à s’inspirer de Ibson à travers son innovation’’, a notamment dit Ndongo D, membre du groupe Daara J Family.

Source : Le soleil

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