GREVE ILLIMITÉE DES TRAVAILLEURS DU NETTOIEMENT

Dakar pue, mutisme chez les autorités, les charretiers trottent dans le bonheur

Presque toutes les ruelles de Dakar sont devenues des poubelles à ciel ouvert depuis ce samedi 9 mai, date de démarrage du mot d’ordre de grève illimitée décrété par le Front unitaire des syndicats du nettoiement. Madani Sy et compagnie protestent ainsi contre le retard dans le paiement des salaires de certains de leurs camarades. 72 heures après, les charretiers sont les seuls à profiter de la situation. Quant aux autorités, elles font toujours la sourde oreille au grand dam des protestataires.


Khar Yalla, dimanche 10 mai, il est un peu moins de 14 heures. Le trottoir qui sépare les deux voies goudronnées est « décoré » d’amas d’ordures entassées presque tous les 200 mètres sous une forme pyramidale. Les déchets prennent même des fois un peu de hauteur... L’explication en est que la veille, c’était le marché hebdomadaire du samedi, mais l’autre raison, la principale, c’est la grève des techniciens de surface qui est entrée dans sa quatrième journée, ce mardi.

A quelques détours de là, aux Hlm, pour se débarrasser de ses ordures, il faut tendre l’oreille bien mieux que d’habitude. A la place du bruyant klaxon du camion de ramassage, c’est le bruit d’un petit sifflet coincé entre les lèvres d’un charretier qui rappelle aux ménagères qu’il y a tout de même d’autres moyens d’acheminer les déchets. Mais il va falloir faire mieux que tendre l’oreille, il faut aussi débourser une modique somme d’argent : les moins véreux ne demandent que 100 Francs alors que d’autres en exigent deux fois plus. Comme quoi, le malheur des uns…

Au grand bonheur des charretiers, la fétidité risque de durer encore. Le coordonnateur du Front unitaire des syndicats du nettoiement, Madani Sy déplore le mutisme des autorités, aussi bien gouvernementales que municipales. Autrement dit, le tout nouveau Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, et le nouveau maire de Dakar Khalifa Sall et autres n’auront pas connu un long état de grâce.

Outre le paiement des salaires et des arriérés, les grévistes demandent entre autres, le paiement des indemnités de congé dues aux ex-travailleurs d’Ama-Sénégal et protestent en même temps contre le non-reversement des cotisations sociales depuis 2006 par l’entente Cadak-Car (Communauté des agglomérations de Dakar-Communauté des agglomérations de Rufisque) qui doit plus de 400 millions de francs à la Caisse de sécurité sociale, selon Madani Sy.

Dénonçant un manque de volonté politique, ce dernier annonce la poursuite du mouvement qui, à l’en croire, a été suivi jusque-là à 95% dans tout le périmètre de la région de Dakar. Les éboueurs de la Médina font sûrement partie des 5% qui n’ont pas respecté le mot d’ordre. Là-bas, les choses se passent comme si de rien n’était.

Source : Nettali

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