FATA SUR WALF TV « Le rap est victime d’un blocage parce qu’il fait peur »

Invité de l’émission « Sortie » sur Walf Tv, le rappeur Mouhamadou Moustapha Gningue, plus connu sous le nom de Fata El presidente n’a pas mis de gants pour fustiger l’attitude de ses pairs qui confondent engagement et vulgarité. Le rappeur a aussi dénoncé ceux qui bloquent le rap à cause du rôle joué par les rappeurs pour l’avènement de l’alternance en 2000.


Si cela ne dépendait que de certaines volontés, le hip hop ne marcherait pas au Sénégal’’. Fata en est convaincu, parce qu’il estime que la musique rap fait peur à cause du rôle qu’elle a joué pour l’avènement de l’alternance au Sénégal, le 19 mars 2000. ’’Le rap a été à la base de l’alternance, car les rappeurs ont conscientisé la population sur la valeur qu’a la carte d’électeur’’, se targue Fata.

Même si le rap a joué un rôle dans la conscience citoyenne, il reste que l’image des acteurs de cette musique est écornée entre autres par la vulgarité des textes de leurs chansons, les querelles entre rappeurs, les scènes de violence qui font certains spectacles de rap se terminent en queue de poisson.

Autant de maux condamnés par Fata qui invite ses pairs rappeurs à parfaire leur image. ’’Les pionniers doivent faciliter les choses aux jeunes. Ces derniers aussi leur doivent respect’’, tonne le rappeur. Et à son avis, cette situation s’explique par le fait que les rappeurs sénégalais veuillent imiter les rappeurs américains.

’’Les contextes sont différents, les rappeurs américains ont leur vécu et je ne pense pas qu’il y ait des aigris au Sénégal’’, soutient Fata. Aussi exhorte-il ces derniers à revoir leur manière de s’habiller et de s’exprimer. ’’Engagement ne signifie pas vulgarité et on peut dénoncer tous azimuts’’, assène-t-il.

Ainsi revenant sur la dernière édition des 72 heures du rap qui s’est terminée par des scènes de violence, le poussant à ne pas faire sa prestation, Fata minimise et parle d’un jet de bouteille et non de jets de pierres. Toutefois ajoute-t-il, ’’nous ne devons nous référer aux Américains et on n’a pas besoin d’inciter à la violence’’.

A ses yeux, les rappeurs sénégalais doivent être beaucoup plus conscients afin de renouer avec le public qui ne vient plus en masse aux manifestations organisées, pour des problèmes de sécurité. ’’Une concurrence doit être saine et loyale et, si les rappeurs étaient beaucoup conscients, le public serait beaucoup plus présent’’ », soutient Fata.

  • Par ZAHRA -

Source : Nettali

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