En marge d’une conférence à l’Ugb : Daara J Family appelle au calme et à la révolution par les urnes

Ndongo D et Faada Freddy du groupe de rap Daara J Family ont animé samedi, aux côtés de trois professeurs de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis une conférence sur les rapports entre ‘Art et engagement social, musique et spiritualité, culture et société’. Au cours de cette rencontre, ces rappeurs ont lancé un appel au calme à l’endroit des populations à qui ils demandent de préférer la révolution des urnes à la violence.


(Correspondance) - Comme le mouvement Y en a marre, Daara J Family prône la révolution par les urnes. Leur vision est alors partagée. Pour Faada Freddy, la démarche de ‘Y en a marre’, activiste, correspond parfaitement aux ambitions de Daara J Family. C’est-à-dire appeler les gens à réagir par rapport à ce qui se passe dans ce pays en ce moment. ‘Nous appelons à une révolution, mais une révolution modérée qui appelle simplement le Sénégalais à militer sur lui-même et sur son sort et surtout sur son destin’, soutient Faada. La violence n’est pas le dada de ces deux rappeurs. Ainsi, appellent-ils les Sénégalais à savoir raison garder. ‘Il y a des troubles partout, en tant que leader d’opinion, nous appelons au calme’. Pour Faada Freddy, il y a une forme d’expression plus forte que la violence : ‘les urnes’. ‘Si une quelconque révolution devait se faire, elle ne pourrait s’accomplir qu’avec des cartes d’électeurs. Les urnes parlent plus fort que tout discours politique ou toute violence que nous aurons à appliquer dans les rues. C’est bientôt les élections, nous allons nous faire entendre par les urnes et chacun pourra faire son choix’. Non sans demander au Sénégalais de se retenir à être victime de manipulation politique. Selon Faada, il est temps que nous montrions au monde entier que nous méritons notre nom de pays laïque et démocratique.

Cependant, Ndongo D et Faada Freddy disent soutenir tous les mouvements sociaux qui se veulent démocratiques. Daara J Family animait une conférence samedi à l’Ugb. Les liens entre ‘Art et engagement social, musique et spiritualité, culture et société’ étaient le sujet de discussion. ‘Musique et spiritualité sont deux réalités qui se complètent pour bien aller ensemble’, pense Ndongo, parlant du lien entre la musique et la spiritualité.

Professeur de sociologie, Ibrahima Sylla a axé son intervention autour du lien entre la musique et la politique. La musique revêt une importance capitale dans la politique, croit-il savoir. La musique a la force d’harmoniser une foule. Elle peut, en revanche, être source de discorde, a-t-il illustré.

Pour Sylla, la musique est une opportunité politique parce qu’elle permet d’accéder à la masse. Ainsi, a-t-il étayé ses propos par un exemple tiré de la candidature du Président des Etats-Unis. La musique permet, également de consolider le pouvoir, dit le professeur. Le Président Senghor, chanté durant tout son mandat par la cantatrice Yandé Codou Sène, lui a servi d’exemple.

En Côte d’Ivoire, soutient-il, c’est la musique qui a conduit à la reconstruction de la stabilité et au maintien de la cohésion sociale.

Cependant, la musique est source de défiance d’un pouvoir. A titre d’illustration, Sylla a fait appel au mouvement ‘Y en a marre’, au mouvement Hip-hop qui, d’après lui, a joué un rôle déterminant en l’an 2000. Les textes de chanteurs comme Ouza, Talla Sylla sont aussi dans ce registre.

La musique peut être un facteur de régression sociale, a-t-il soutenu, si elle n’est pas utilisée à bon escient.

La conférence se tient en marge des journées culturelles et scientifiques de l’Association des jeunes travailleurs de l’Ugb (Ajtu), qui se sont déroulées les vendredi 15 et samedi 16 juin.

Aïda Coumba DIOP

Source : Walf

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