Edito de Agendakar sur le Fesman

Bad Fruits

Il y’a un point commun entre le public reprenant en chœurs les chansons de Soprano et les mots du rappeur Fata souhaitant la bienvenue à Busta Rhymes : mondialisation !


Newyorkais, Dakarois, parisiens vivent certaines réalités à l’identique. Ils s’habillent et s’expriment à quelques différences près, de la même manière. La mondialisation est passée par là ! Lorsqu’elles viennent dans un pays d’Afrique pour la première fois, certaines stars sont ahuris de constater que le public maitrise à la perfection leurs lyrics. C’était le cas de Corneille il y’a quelques années à Dakar, le public ne lui avait laissé le temps de chanter tant il reprenait en chœur toutes ses belles paroles dés les premières notes de guitare. Quant au rappeur Fata qui a dit à Busta Rhymes :’’ Bienvenue à Dakar, il y’a des p****…’’comme aurait dit, pense t-il, un bon Négro de la cote Est, n’est lui aussi qu’une victime de cette mondialisation qui consacre finalement la domination de la culturelle américaine sur le reste du monde.

L’air de rien, les rappeurs, ‘’diseurs ‘’de vérités (dit –on), sont les meilleurs agents de l’american way of life.

Cette épisode oubliée, le Festival s’est poursuivi de plus belle, évidemment, la musique s’est taillée la part du lion. Richard Bona, le bassiste d’origine camerounaise a comme à son habitude servi au public une prestation de haute facture…une voix plein de douceur, une musique à la fois plein de nostalgie et de virtuosité. Finalement et comme toujours à la fin d’un concert de Bona, on s’est encore demandé si on a vu un génial bassiste qui chante ou un merveilleux chanteur qui joue de la basse.

Enfin, en coup de cœur de ce festival, agendakar voulait vous parler d’une expo-installation intitulée ‘’Bad Fruits’’, à l’Espace Timtimol (Zone B). Initiée par l’artiste d’origine ivoirienne Pascal Nampémanla, l’idée est de redonner vie à des matières plastiques usagées. Une occasion de sensibiliser les populations sur l’impact négatif des matières plastiques sur l’environnement. Quelqu’un appelle ça : associer l’utile à l’agréable.

Associer l’utile à l’agréable c’est assurément ce que fait aujourd’hui Tiken Jah Fakoly comme personne dans ce continent. Son message est clair, précis, il conscientise et appelle la jeunesse à se réveiller. Son concert mercredi, ‘’un good fruit’’, a tonné comme un cours magistral à une jeunesse perdue et trompée par élites. Une jeunesse saint- louisienne et dakaroise qu’Akon la star made in US à régaler au cours de deux concerts mémorables. Dans un style très américain, il a chauffé le public des deux villes respectives pendant deux heures d’horloges. Si Salif Keita a servi l’une des meilleures prestations musicales du Festival, Akon a sans doute fourni le meilleur show.

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