Des téléphones et des tumeurs

Des centaines d’études scientifiques ont été financées par les fabricants de portables pour disculper leurs produits. Avec même la caution de l’OMS. Au contraire, les premières études indépendantes montrent que le téléphone portable est un objet dangereux pour la santé.


Une étude scientifique israélienne, la première du genre, en partie financée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), prouve que les utilisateurs “lourds” du téléphone mobile se trouvent en danger de plusieurs dizaines de pourcents de plus que la normale de développer des tumeurs – cancéreuses ou bénignes – de la glande parotide.

La parotide est la plus volumineuse des glandes salivaires (15-30g). Elle est située tout près de l’oreille. De forme pyramidale, elle est moulée sur les parois de la loge parotidienne (entre le muscle masséter et la peau), entre le mandibule en avant et le sterno-cléido-mastoïdien en arrière. La parotide peut être le siège de tumeurs, bénignes ou malignes. L’adénome pléïomorphe est la forme histologique la plus fréquente.

Les recherches menées par le docteur Sigal Sadetski, ont été dirigées par une équipe de chercheurs de l’institut national Gartner du ministère de la Santé, du département de chirurgie de la tête et du cou de l’hôpital Shiba et de l’université de Tel Aviv.

L’étude a été publiée jeudi dernier (le 6 décembre) dans l’American Journal of Epidemiology. Cette recherche montre également que le danger est plus grand chez les gens qui ont l’habitude de tenir leur téléphone mobile toujours près de la même oreille. Par ailleurs les habitants des villages, où les antennes cellulaires sont plus éloignées des maisons qu’en ville, ne sont pas moins en danger que les autres.

Les chercheurs ont localisé 460 malades âgés de plus de 18 ans, atteints d’une tumeur de la glande parotide et qui ont été traités dans 22 hôpitaux d’Israël depuis le mois de janvier 2001 jusqu’en décembre 2003. Parmi ces tumeurs, 58 étaient cancéreuses et les autres bénignes. Le groupe de contrôle comptait 1 266 personnes saines.

L’étude n’a pas trouvé de hausse des risques de développer des tumeurs cancéreuses en utilisant le téléphone mobile d’une façon normale. Une « utilisation » est dite normale dans le cadre de cette étude s’il s’agit « d’une conversation d’au moins une fois par semaine pendant six mois. »

En revanche, les scientifiques ont découvert une relation significative entre une utilisation “lourde” du mobile et le développement des tumeurs. Les gens qui ont effectué au moins 456 conversations téléphoniques par mois et n’ont pas utilisé de kit mains-libres avaient des risques accrus de 58 % de développer une tumeur par rapport à ceux qui n’utilisent pas du tout le téléphone mobile.

Parmi les 284 personnes souffrant de tumeurs observées dans le cadre de la recherche et se qualifiant d’utilisateurs “normaux”, la majorité (55 %) ont affirmé qu’elles avaient effectivement l’habitude d’utiliser le téléphone du côté de l’oreille où s’est développée la tumeur.

L’étude israélienne fait partie d’une recherche mondiale qui est réalisée dans 16 centres médicaux de 13 pays.

Source : A7fr

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