« Dakar l’insoumise » Plongée dans le livre du journaliste Fabrice Hervieu-Wane

Pour découvrir la capitale sénégalaise avec un œil neuf… celui du journaliste Fabrice Hervieu-Wane, Dakarois d’adoption, il faut se plonger dans son livre « Dakar l’insoumise ». Il nous fait découvrir une ville à mille lieux des clichés habituels.


par Edelweiss Vieira

Bienvenue à Dakar ! Une ville en mouvement, comme nous le prouve dans Dakar l’insoumise le journaliste Fabrice Hervieu-Wane, installé au Sénégal depuis de nombreuses années. Son but : emmener le lecteur au-delà des clichés. Bien sûr, Dakar, c’est l’« empire de la débrouillardise tout-terrain », la circulation impossible dans la chaleur, les petits talibés qui font la manche. Le délabrement, la pauvreté, les délestages. Mais c’est aussi une somme « de millions de sourires volés chaque jour à la vie. Des milliards de gestes, de facilités, de services, de sacrifices offerts à l’autre au quotidien. Tous réunis, ils font société. Ils fabriquent le Sénégal de 2008. S’il y a une inventivité des Sénégalais, elle est bien là. Face au réel », écrit Fabrice Hervieu-Wane, qui livre un portrait sans concession de sa ville, porté par de très belles photos en noir et blanc d’Eric Maulavé, qui savent capturer des moments furtifs, mais représentatifs de toute une vie.

Dakar, aujourd’hui, c’est un vivier de modèles positifs, un laboratoire du microcrédit, de la lutte contre l’excision et pour la modernisation de l’islam, de la danse contemporaine et du rap d’avant-garde, de la capitalisation des investissements de la diaspora, des call centers et de l’éducation des filles. C’est une ville cosmopolite, qui accueille les 21 ethnies du Sénégal mais aussi des Capverdiens, des Maliens, des Mauritaniens, des Libanais, des Guinéens, des Français. C’est une capitale où des personnalités impriment un mouvement, un « en-avant » formidable. Fabrice Hervieu-Wane en a choisi vingt-six, précisant que chacun d’entre eux est représentatif de ses compatriotes.

De l’autre côté du miroir

Il y a ceux qui ont « opté pour leurs rêves », les « allumeurs de réverbères », comme la romancière Ken Bugul ou le plasticien Ousmane Sow. Il y a « les pédagogues », comme la célèbre chorégraphe Germaine Acogny, Souleymane Mboup, le microbiologiste, codécouvreur du VIH-2 ou encore Amadou Diaw, le directeur de l’Institut supérieur de management. Il y a les « serviteurs du public », de l’imam Mouhamadou Bamba Sall au romancier Abasse Ndione, en passant par le tradipraticien Ahmeth Diaw. Et les « avant-gardistes » : Massemba Diop, président de SOS Médecin, Ndeye Ndiaye Tyson, promotrice de lutte traditionnelle, ou Mouhamet Diop, fondateur de kheuweul.com. Et, enfin, il y a les « empêcheurs de penser en rond » : le sociologue Jacques Faye, l’écrivain Boubacar Boris Diop… Leurs portraits sont autant d’exemples de cette Afrique qui bouge et n’est pas prête de s’arrêter. C’est un bonheur de les lire. « Un peu à la manière de l’Alice de Lewis Carroll, il faut donc enfin regarder de l’autre côté du miroir sénégalais », conseille Fabrice Hervieu-Wane. Bienvenue à Dakar, de l’autre côté du miroir !

Source : http://www.afrik.com/article14925.html

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