DIDIER AWADI, RAPPEUR SENEGALAIS : “L’Afrique doit dire non aux Ape”

L’un des pionniers de la musique rap au Sénégal et un des rappeurs les plus en vue sur le continent africain et sur la scène internationale, Didier Awadi, vient de publier une composition intitulée « On ne signe pas », dénonçant avec véhémence les Accords de partenariat économique (Ape) que l’Europe veut imposer à l’Afrique à partir du 31 décembre de cette année finissante. Pour le rappeur, ce cadre de partenariat viendra plomber nos faibles économies en quête de survie. Il a salue la position du président de la République, Abdoulaye Wade sur la question et révèle le plan de lutte que les rappeurs sénégalais et de la sous-région sont en train d’orchestrer contre Ape.


Pourquoi une composition contre les Ape ?

Cette lutte contre les Ape a commencé depuis longtemps puisque nous avons déjà déroulé une communication avec le mouvement des alter-mondialistes.

En plus, nous avons déjà commencé à communiquer nous autres depuis Nairobi. D’ailleurs, sur Internet, vous voyez des images de Nairobi pour montrer que ce combat contre les Ape ne date pas d’aujourd’hui.

D’ailleurs pendant les Fespaco ? nous avons organisé des manifestations, il y a aussi Bamako d’où je viens il y a une semaine. Donc ? c’est un combat pour moi qui n’est pas nouveau, même si la question semble être nouvelle au Sénégal et on est heureux de voir que les Sénégalais se battent pour la non-signaturee des Ape.

Parlez-nous un peu de votre chanson sur les Ape...

La chanson, ce qu’elle dit, est trop simple, c’est qu’on n’a pas le droit de signer ces accords, car signer ces accords constitue une mort pour les paysans, les artisans, les commerçants, les industries, les commerces. Les commerces et les industries viennent de naître au Sénégal et en Afrique, donc on n’a pas le droit de nous mettre en compétition avec des gens qui sont plus riches, plus organisés, qui ont beaucoup de moyens financiers et qui veulent imposer leurs lois sur les faibles puissances sociales, industrielle, commerciales que nous sommes. Je pense que ce sont des accords crapuleux que l’Europe veut faire signer à l’Afrique, en essayant de lui forcer la main.

Selon vous, quelle attitude doivent adopter les chefs d’Etat d’Afrique face à cette question ?

Je pense qu’il faut être solidaire avec ceux qu’on a obligés à parafer, parce que personne n’a signé ; il y a seulement des Etats qui ont parafé. Donc, il faut qu’on soit solidaire et qu’on comprenne leurs positions et qu’on arrive tous ensemble à dire non aux Ape. Ce n’est pas facile parce que si la Côte d’Ivoire et le Ghana ont parafé, c’est parce qu’ils disent avoir l’accord... Maintenant, c’est au niveau de la Cedeao que cela va se discuter et ils ont remis cela entre les mains de la Cedeao, parce que ce sera aussi un devoir de solidarité, parce qu’ils ne sont pas dans la même situation que nous Pays moins avancés. Et ils ont des raisons d’avoir fait ce qu’ils veulent sans en informer la Cedeao. Je pense qu’ils sont revenus sur leurs raisons et on doit avoir une position solidaire vis-à-vis d’eux, pour qu’enfin, on agisse ensemble.

Comment voyez-vous la position de Me Wade sur cette question ?

La position du président Wade est salutaire sur cette affaire. Je pense qu’on doit l’applaudir pour ce qui concerne cette question. Je suis parfaitement d’accord avec lui parce qu’il nous rejoint dans notre combat de militant révolutionnaire, donc on ne peut qu’applaudir, parce que nous avons un nouveau militant maintenant pour cette question des Ape.

Quelle est la place des artistes africains dans ce combat ?

Oui, il y a beaucoup d’artistes que nous sommes en train de mobiliser actuellement dans mon studio. Il y a 16 artistes africains qui sont en train d’enregistrer. Il y a aussi le réseau de rappeurs « Poto Poto », les rappeurs sénégalais avec qui nous sommes ensemble pour faire un morceau. Il s’agit de Doug E Tee, Awadi, Daradji, Alex, Dabrains, Humane, entre autres. Nous essayons de faire notre devoir citoyen et panafricain.

Propos recueillis par Idrissa SANE et Eugène KALY

Source : Quotidien Le Soleil

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1 Message

  • La question est donc posée. Charité bien ordonnée commençant par soi-même, concentrons-nous d’abord sur notre pays le Sénégal, et relevons au passage les propres chiffres de Wade sur les APE en reprenant cette dépêche de l’APS comme source datant de quelques jours :
    «  »« (Aps) - Les pertes de recettes fiscales du Sénégal passeraient de 38 à 115 milliards de francs CFA entre 2008 et 2015, si l’Etat adopte les Accords de partenariat économique (APE) proposés par l’Europe, selon le président Abdoulaye Wade, citant une simulation du Centre d’étude et de recherche sur le développement. »«  »

    Notre grand économiste parle de 115 milliards entre 2008 et 2015, soit sur 8 ans. Même si il l’a quelque peu oublié car tout ce qui importe pour lui c’est l’argent frais facile à détourner de ses objectifs premiers, des APE mal négociés auront des conséquences très négatives sur le plan social.

    Voyons maintenant les exploits du régime wadien, sans l’aide des APE, en matière de pertes pour les sénégalais.

    Un petit décompte très très loin d’être exhaustif (Taiwan, ICS, décoration réfection Avion, les chèques à Victor Kantoussan, les scandale de l’Anoci, les 40 milliards cachés dans un compte trust, les milliards des campagnes électorales, etc….) semble avoir tétanisé les sénégalais qui ont encore du mal à y croire. Un chiffre très éloquent est celui rendu public par l’organisation Aid Transparency qui a déjà démontré que l’argent détourné et dilapidé par le régime wadien de 2000 à fin 2006 avoisine et peut très allègrement dépasser les 2477 milliards (chiffre officiel renseigné par cette organisation qui a pourtant tout à y gagner en disant le contraire ou en vantant les mérites inexistants d’un tel régime comme en ont fait un travail très lucratif certains partis ou comités de soutien).

    Ces 2477 milliards ne tiennent aucunement compte pour le moment des dizaines ou centaines de milliards de fonds secrets que reconnaît avoir eu à gérer Idrissa Seck pour le compte de son supérieur le président de la République, milliards dont les sénégalais attendent toujours la publication de la comptabilité minutieuse évoquée par Seck qui dit attendre le signal des autorités pour cela.

    Ces 2477 milliards ne tiennent pas encore compte non plus des dons que le Sénégal n’a jamais enregistrés. Ni des 300 milliards de valeur de l’assiette foncière cédée à des promoteurs de projets hôteliers sans que un centime ne soit jusque là versé au trésor public.

    Ces 2477 milliards ne tiennent en fait pas compte des scandales révélés en 2007, et Dieu sait qu’ils sont chaque jour un peu plus nombreux

    Notre cher Wade n’est pas seul dans son cas, mais au vu de ces chiffres et de ce qui reste à découvrir, nous voyons qu’il contribue grandement, certainement dans le peloton de tête, à donner raison à cette enquête de la Commission des communautés européennes qui renseigne ceci :

    « Les avoirs africains volés détenus dans des comptes bancaires étrangers représentent l’équivalent de plus de la moitié de la dette extérieure du continent, évaluée à 284 milliards de dollars. »

    Vous avez bien lu ; 284 milliards de DOLLARS. Cela représente, tenez-vous bien : 156.200 milliards de pauvres francs cfa, c’est-à-dire que vous comptez un milliard 156200 fois. Ce qui fait en moyenne 3000 milliards par chef d’état africain. Et cette étude date de 2005 (au taux 2005), c’est-à-dire avant que l’Anoci n’atteigne sa triste vitesse de croisière.

    Tout le monde peut comprendre aisément que ces pseudo héros, ces nouveaux chevaliers qui criaient au vol à Lisbonne sont les premiers détrousseurs, et selon des proportions qui dépassent l’entendement et très loin les pertes d’un APE mal négocié par eux-mêmes, de cette Afrique qu’ils font mine d’aimer.

    Wade et ses homologues étaient tellement occupés à détrousser l’Afrique et envoyer dans des comptes étrangers les milliards de leurs contribuables qu’ils n’ont accordé aucune attention aux APE qui sont pourtant sur leurs tables depuis 2000, et ce n’est que 7 ans plus tard, à quelques jours de la date limite qu’ils se réveillent pour demander aux populations (qu’ils considèrent comme des moins que rien) de constituer un front autour de leurs tristes personnes qui ont fait 10 fois pire que ne pourraient jamais faire des APE mal négociés.

    Nous ne disons pas qu’il faut signer quoi que ce soit. Ce que certains apprennent aujourd’hui, eux, les Wade et compagnie, le savent depuis 2000, mais trop occupés à ce que vous savez pour s’en préoccuper. Les états eux (UE, USA, les états arabes ou asiatiques) n’ont jamais eu d’amis et ce n’est pas aujourd’hui qu’il faut s’en étonner. Mais ceux qui sont encore moins nos amis sont juste là tout près, à la portée de tous.

    Juste en guise de conclusion, ce Communiqué officiel du Conseil des Ministres qui s’est tenu le 11 Juin 2002 au Sénégal. Je vous donne également le lien, avant qu’il ne disparaisse

    http://www.gouv.sn/conseils_ministr...

    EXTRAIT :

    «  »" Le Conseil a examiné et adopté :

    • Un projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier l’Accord de Partenariat entre les Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) et l’Union Européenne, signé à Cotonou le 23 juin 2000 «  »«  »"

    Wade et ses ministres avaient-ils au moins lu ces accords, et plus particulièrement les articles 36 et 37 qui renvoyait aux futurs APE et aux exigences de conformité avec les règles de l’OMC ? Certainement non, car plus occupés à voler qu’à lire

    Le seul commentaire que l’on peut faire est qu’un mal il faut le combattre à sa racine, car des accords catastrophiques, il y’en a eu à la pelle et il y’en aura encore, car les états n’ont pas d’amis, juste des intérêts, même si Wade nous parle souvent de ses amis.

    MARVEL
    marvel@hotmail.fr

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