Coulou Darou Salam : Le rappeur thiessois prend le « mic », pour l’apaisement du front scolaire

Un des rappeurs les plus connus du milieu hip-hop thiessois, Coulou Darou Salam, est aujourd’hui très conscient que l’éducation occupe une place importante dans le développement d’une nation. C’est pourquoi, comme tout citoyen tenant à l’éducation et la formation de la jeunesse de son pays, la crise qui secoue depuis quelque temps le système éducatif sénégalais ne lui est pas restée insensible. Dans son dernier album intitulé « Mame Diarra », le rappeur titille, par ses lyrics - notamment dans le morceau « Education pour tous » - les fibres sensibles des élèves, des enseignants et des autorités, pour éviter à la génération de demain les spectres d’années blanches. Dans cette interview, Coulou, « conscientisateur » des acteurs et défenseur de l’école, revient sur sa nouvelle mission, son parcours, son album et ses relations avec les autorités.


Article Par NDATTE DIOP,

Coulou, pourquoi ce titre que vous venez de consacrer à l’école ?

Le morceau dont vous parlez s’appelle « Éducation pour tous ». C’est un des titres figurant dans mon deuxième album, « Mame Diarra », sorti le premier mai 2008. Mais, tenez, la chanson est antérieure à l’album. C’est un morceau que j’avais sorti en solo avant même que la crise n’atteigne les proportions actuelles. Même si, aujourd’hui, un semblant d’apaisement se dessine. Accordant une importance capitale à l’éducation et à la formation en général, j’ai composé ce morceau pour apporter ma contribution dans la recherche de solutions aux grèves répétitives, qui paralysent le système éducatif et hypothèquent l’avenir des enfants. C’est pourquoi, dans le souci d’amener élèves, enseignants et autorités à sauver l’école, j’ai créé le morceau pour les sensibiliser. D’abord aux élèves afin qu’ils sachent que c’est de leur avenir qu’il s’agit, ensuite aux enseignants, qu’ils sachent que l’avenir de milliers d’enfants sénégalais est entre leurs mains et enfin à l’Etat, afin qu’il se rappelle que c’est à lui qu’il appartient de prendre en charge les revendications des enseignants et de veiller à la bonne marche de l’école. Ainsi, le gouvernement doit savoir que les 40% du budget national accordés à l’éducation doivent servir à quelque chose. Élèves et enseignants doivent ressentir cela.

Mais, que répondez-vous aux gens qui disent que c’est le ministère de l’Éducation qui a financé votre album ?

Comme, je vous l’ai dit tantôt, ce morceau, je l’ai chanté suite à un constat personnel. C’est par conviction que je l’ai fait et non pour plaire à qui que ce soit. Pour vous dire, j’ai l’album réalisé sur fonds propres. J’ai débloqué 300 000 Fcfa pour l’enregistrement et 50 000 F pour la réalisation du clip. Personne d’autre n’y a mis un seul kopeck. Tout ce que les gens disent n’est qu’intoxication et affabulations. Si c’était le cas, j’aurais au moins la gentillesse ou bien la retenue de ne pas écorner l’Etat là-dedans. Par ailleurs, il est vrai qu’au cœur même de la crise, j’ai cherché à approcher le ministre Moustapha Sourang. En ce moment là, l’album était déjà dans les bags. C’était tout simplement pour lui faire part de mes intentions d’intervenir, c’est-à-dire d’apporter ma modeste contribution, en sensibilisant par la musique. J’avais comme projet des tournées scolaires, afin de mieux toucher les acteurs que sont les élèves et les enseignants. C’est dans ce cadre que j’ai été en contact avec certains proches du ministre Sourang, mais les tractations n’avaient pas abouti. Et je n’avais pas pu rencontrer le ministre. C’est par la suite, après la sortie de l’album, lors d’une des descentes du ministre à Thiès, que j’ai enfin réussi à m’asseoir avec lui, pour lui présenter le projet. Il m’avait fait des promesses, mais jusqu’ici rien n’a été fait. Un point c’est tout.

Depuis quand Coulou est dans le milieu ?

Vous savez, mine de rien, j’ai fait 14 ans dans le milieu hip hop. C’est en 1994 que j’ai fait mes débuts. C’était à Diourbel avec le groupe Jaam Ji. Mais c’est vraiment en 2003, à la suite de mon arrivée à Thiès, après l’affectation de mon père dans la cité du rail, que j’ai réellement commencé à me tailler une place dans le milieu. D’ailleurs, c’est un an après que j’ai sorti mon premier album intitulé « Far fène » qui veut dire le choix, sous le label de Jaam Ji. Mais depuis 2006 je mène une carrière solo. C’est dans ce registre que j’ai sorti des singles comme « Avec Coulou » qui était accompagné d’un clip, puis « Mame Diarra » et « Education pour tous » en 2007. La sortie de ces singles assurait en quelque sorte la phase promotionnelle de l’album « Mame Diarra », qui regroupe presque l’ensemble de tous mes titres. L’album est sorti en mai 2008, avec des clips comme Mame Diarra et Sunu Sénégal.

Source : L’Observateur

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