« Amine », 7e album de Big D : Une variété de styles et un cachet très original

« Amine », tel est le titre du 7e album aux variétés de styles détonnants et impressionnants. L’écoute à plein volume des vingt compositions permet d’appréhender le travail de fond abattu par le rappeur. Il prêche la diversité religieuse, l’unité pour conduire le Sénégal sur le chemin de l’excellence et jette un regard sans complaisance sur l’évolution de la musique rap au Sénégal.


Le rappeur Big D a mis sur le marché son 7e album riche de 20 titres. L’artiste a habillé ses messages chers dans une variété de styles de la musique rap. Les férus de la diversité de sonorités trouveront sans doute leur compte. L’album « Amine », c’est aussi la manifestation de la collaboration des acteurs du Show-Biz. Dig D a fait des duos avec Omar Pène, Awadi, Keyti, Xuman, Fafadi, Carloud D, Doug E-Tee, Noumoukounda Cissokho, Thais, Chronik 2 H, Ablaye Mbaye. Une panoplie d’artistes qui ont imprimé un cachet original aux compositions.

Du fond de son cœur, il lance un appel pressant à l’union pour relever tous les défis du développement au Sénégal. Pour ce dernier, la stabilité politique au Sénégal est la condition essentielle pour conduire le pays vers l’émergence. « Sans l’unité, on ne peut pas se développer. Il faut passer à l’action surtout que le Sénégal vit une stabilité politique », dit-il dans le titre « Jokko », il plaide aussi pour le retour à certaines de nos valeurs traditionnelles dans « Set Lou » qui dénonce également les inégalités sociales qui se cristallisent de jour en jour.

« Les riches le deviennent de plus en plu, alors que les plus pauvres s’enfoncent chaque jour dans la pauvreté » soutient-il. Mais il jette aussi un regard critique sur l’évolution de cette musique au Sénégal et convie à une introspection prospective. Comme pour dire que le chemin qui reste encore à parcourir est long.

Retour à une certaine orthodoxie

Les mélomanes seront frappés par les sonorités de la chanson « Fu Gnu Dieum » percée par la voix aux intonations variantes de Carloud D. On est facilement emporté par les arrangements et les refrains de cette composition. Mais, il faut le dire, on a du mal à ranger toutes ces compositions dans un genre musical. Il faut le reconnaître, le rappeur a fait un travail de fond et a sorti le grand art dans la confection de cet album d’une vingtaine de titres. Il faut écouter les compositions pour s’en convaincre. A l’écoute à plein volume, certains titres prennent la puissance du Rnb, tandis que d’autres s’approchent du reggae, du ragga, ou même parfois de l’afro beat.

D’inattendues fusions musicales s’enchaînent, rythmées par des refrains qui rappellent ceux des rappeurs américains.

Il était tenu de faire un produit de grande facture. Car, lors du passage de Morgane lors d’une discussion à bâtons rompus, Big D avait déploré la pauvreté des textes des rappeurs avant de prôner un retour à une certaine orthodoxie. L’homme relate des faits qui ont marqué sa vie comme la disparition de son père et de sa sœur. Il évoque aussi le retour auprès du Tout-Puissant de certains dignitaires religieux comme El Hadj Mountaga Tall. Big D formule aussi des prières pour que Dieu accorde longue vie à tous les autres hommes religieux qui sont en vie.

Vu la variété de sonorités, il faut parier que cet album va cartonner aussi bien au Sénégal que sur la scène internationale.

Idrissa Sané

Source : Le Soleil

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