African Underground - Democracy in Dakar - Les 7 épisodes

Democracy in Dakar Le projet “African Underground-Democracy in Dakar-2007” cree par Nomadic Wax en collaboration avec Sol-Productions et Propagand’Arts, est une serie de documentaire filmes et edites a Dakar, Senegal.


Au mois de juillet 2007, le Hiphop Senegalais était à l’honneur dans la capitale Americaine a l’occasion de la projection du Film “Africa Underground-Democracy in Dakar-2007”. La projection, suivie d’un débat et d’un After-Party de musique, s’est tenue dans la prestigieuse salle du Woodrow Wilson Center au Coeur de Washington DC.

Composée de 7 épisodes enregistrés entre Dakar, New York et Washington Dc, le film est un plaisir à voir tellement l’accent a été mis sur la qualité, l’acuité et la densité des images. Grâce au succès du documentaire, le concept fut élargi dans la capitale française entre Avril et Mai 2007 à l’occasion des élections présidentielles qui ont vu la nomination de Nicolas Sarkozy a l’Elysée. Cette deuxième série de films intitulée “African Underground-Democracy in Paris”, était cette fois ci centrée sur le rôle du Hiphop français face a la politique.

Le 11 juillet 2007, la projection qui a été co-sponsorisée par le programme Africain du Woodrow Wilson Center a été l’occasion pour les panelistes présents de poser le débat sur le rôle que les jeunes Africains jouent et doivent jouer dans le processus socio-politique de leurs pays et de leur ingérence aux importantes décisions qui concernent leur devenir et celui de leur nation.

Le panel était de Ben Herson, créateur du projet et fondateur du label New Yorkais Nomadic Wax, de Magee Mcllvaine, Co-Fondateur et directeur d’une boite de production de films indépendants Sol-Productions, de Abdoulaye Aw, fondateur et directeur de Propagand’Arts, un label de musique, Relations Publiques et cabinet de consultance pour artistes et professionnels du Showbiz, de Moussa Sall, artiste du Wageble Crew, de Baay Bia, artiste sénégalais et de Marc Sommers, chercheur et Professeur a l’Universite de Boston. Le modérateur principal de ce debat n’était autre que le prestigieux Howard Wolpe, ancien envoyé du président Reagan en Afrique et directeur du programe Afrique au Woodrow Wilson Center.

Ainsi, la question a été abordée par Ben Herson qui a développé la notion que le HipHop serait non seulement une forme d’auto-expression, mais surtout qu’il doit être un véhicule engageant les jeunes a adopter un langage politique dans leurs thèmes.

Selon Abdoulaye Aw, Directeur de Propagand’Arts, cette projection a été surtout l’occasion de créer le dialogue et de centrer le débat sur le rôle du Hiphop dans l’environnement socio-culturel et politique dans le monde, spécialement en Afrique. Pour lui, l’occident devient de plus en plus accoutumé et intérressé par la culture urbaine des africains à travers surtout des films comme “Blood Diamonds”, Tsotsi” or “The Constant Gardener”. Le format documentaire est un excellent médium pour captiver une audience en même temps que de créer une plateforme pour l’auto-expression. Ainsi, le concept était en fait d’utiliser l’internet pour faciliter la dissémination de l’esprit démocratique dans le monde et en Afrique, continue-t-il. Hiphop en Afrique D’après le chercheur et professeur d’université Marc Sommers, l’inoubliable MC Tupac Shakur a eu certainement un grand impact en Afrique grâce à sa musique qui chantait la misère des ghettos noirs américains en même temps que de glorifier le “Thug Life”, un concept que les jeunes africains ont rapidement adopté. Si les jeunes rappeurs sénégalais ont favorisé l’élection du président Sénégalais Abdoulaye Wade en Mars 2000 et représentent ainsi l’illustration parfaite du militantisme politique du mouvement hiphop au Sénégal, au Sierra Leone le rap a connu de profonds boulversements car le mouvement s’est réellement vulgarisé lorsque les chefs rebelles ont introduit et utilisé le Hiphop comme une arme de lutte, incitant les enfants soldats a devenir des tueurs sanguinaires. Le rap fut durant la guerre une arme de terreur au point que l’uniforme favori de ces enfants tueurs fut le T-shirt de Tupac. Après la guerre, la musique de Tupac reste toujours populaire dans le pays avec cependant beaucoup plus de chansons positives comme le fameux tube “Keep your head up(Garde la tete haute)”.

Démographiquement, L’Afrique est le plus jeune continent au monde. Cependant, le plus grand paradoxe que Marc Sommers a noté est que les jeunes africains, bien qu’étant majoritaire dans la plupart de ces pays se sentent et sont traités comme des marginaux. Ainsi, la frustration qui s’en est resultée a été l’émergence d’une forme d’expression caraterisée par le rap et l’explosion de la culture hiphop dans toutes les grandes villes Africaines, a ajouté Marc Sommers.

Moussa Sall du Wageble crew insista que les chansons de Tupac délivraient un message instructif malgré la violence des paroles. Selon Moussa, la philosophie du “Thug Life” a été mal interprétée, et qu’il est du devoir des jeunes des Ghettos de saisir la relevance. Pour lui, le ”Thug Life” doit être perçu comme une façon de s’auto-prendre en charge face a l’échec des politiques.

Le hiphop comme une arme politique Abdoulaye Aw, fondateur et Directeur de Propagand’Arts a souligne la frustration des jeunes Senegalais principalement a cause de la pauvrete latente, des innombrables difficultes du systeme educatif senegalais, du chomage et de la santé précaire avec des milliers de femmes qui meurent en accouchement. Dans sa plaidoirie, Abdoulaye Aw n’a pas manqué de rappeler que l’internationalisation du mouvement Hiphop dans le monde a permis aux jeunes du tiers monde de crier leur désespoir à travers leur musique mais surtout, d’obliger les politiciens à tenir leurs promesses sans compter de rendre compte à leurs administrés.

Pour Baay Bia, les jeunes sénégalais utilisent leur musique pour éduquer le peuple tout en influençant la politique et les politiciens. Selon Baay, utiliser le HipHop comme un moyen d’éducation résulte directement de la culture “Griot” a travers les anciens poètes et musiciens qui ont eu un grand impact dans les traditions africaines. Baay a aussi noté que les rappeurs sénégalais sont des messagers qui apportent un message positif.

À la question de savoir si les Hiphop artistes sénégalais considèrent de s’immiscer dans le champ politique en créant leur propre formations, le panel rétorqua que ces rappeurs prennent sérieusement au sérieux leur rôle d’observateurs neutres et risquent de perdre leurs audience s’ils collaborent avec les politiciens.

Ce fut l’occasion pour Abdoulaye Aw de dénoncer certains acteurs culturels sénégalais comme récemment le cas du chanteur Alioune Mbaye Nder, qui profitent de leur proximité d’avec le pouvoir en place pour narguer leurs fans et profiter de l’argent publique.

Ben Herson nota qu’au Sénégal, les plus grands noms du rap participent activement a l’éducation des populations sans pour autant vendre leurs âmes aux politiciens. Cependant, comme le documentaire l’a relevé, les rappeurs Sénégalais n’ont pas pu influencer les élections Sénégalaises passées, malgré leur implication. Irrémédiablement, ils sont obligés aujourd’hui de ré-évaluer leur rôle, pas en tant que simple artistes, mais en temps que citoyens évoluant dans une société démocratique et qui ont une responsabilité de demander des comptes a leur gouvernement.

L’impact de la Globalisation dans le Hiphop Africain Les discussions ont aussi permis de souligner que l’internet et le cable TV ont nettement aidé a rapprocher les artistes Hiphop du monde entier. Des plateformes technologiques comme Youtube, Myspace, et recemment Propagand’Arts ont ouvert de nouvelles avenues aux artistes Africains qui peuvent dorénavant atteindre une audience internationale.

Cependant, cette globalisation peut effectivement donner un effet contraire et résulter en une perte d’identité comme c’est le cas actuellement aux Etats Unis ou le rap est magnifie par le “Bling Bling” et le “Ho’s, Bitches and Cars (prostitues, fornication et Bolides)”.

Au contraire de leurs pairs américains, les Hiphopers Africains endurent de sévères pressions pour maintenir leur integrité, leur unique identité et leur objectifs a l’heure ou les effets de la globalisation s’accentuent. C’est pourquoi au Sénégal, la plupart des rappeurs étudient consciencieusement le style ainsi que les differentes formes d’approche propres a leur contexte culturel afin de peser dans les consciences populaires.

Après la projection et le panel de discussion, la soirée a ete cloturée par un After-Party organisée par Propagand’Arts au Café Peju, le club favori des Africains de Washington Dc, Maryland et de la Virginie. Sous la houlette de DJ Cheick aux platines et de DJ Talla au micro, le fete a ete somptueuse sans compter les performances de nombreux artistes présents.

Source : Xalima

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