ALIF : Et la douzième année fut l’année de la maturité

Premier groupe de rap féminin au Sénégal, Alif va célébrer à partir du 4 août son douzième anniversaire. Un signe de maturité pour le trio qui, en douze ans d’existence, a intégré le mbalax dans son style pour être véritablement adopté par les sénégalais.


Une première pour le groupe Alif ! Le trio sénégalais de rap féminin composé de Myriam, Mamy et Oumy, a fait face hier à la presse pour décliner le programme de son douzième anniversaire qui sera célébré la semaine prochaine, dans divers endroits de Dakar.

C’est presque impensable, « on n’a jamais fait de conférence de presse », avoue Mamy, la benjamine du groupe d’une voix hésitante. Myriam, l’une des membres fondatrices du groupe avec Oumy, reprend le micro pour signifier au public qu’Alif a grandi et « gagné un peu plus de maturité ».

Avec ses lunettes d’intello, coupe de cheveux à la « Zeïna la guerrière », Myriam est à la fois le chef d’orchestre et la matière grise du groupe.

Titulaire d’une maîtrise en Sciences économiques, cette rappeuse d’une trentaine d’années prépare actuellement un doctorat axé sur l’industrie musicale sénégalaise. Oumy, quant à elle, cultive plutôt la discrétion dans le groupe. Elle parle peu et préfère le plus souvent laisser à ses deux camarades s’adresser aux journalistes. A l’opposé de Mamy qui aime les tenues provocatrices et les couleurs vives, Oumy s’habille discrètement, sans fards. Elle est en outre celle qui calme et tempère les ardeurs de ses camarades. « Moi, je suis une tête en l’air, soutient Myriam, j’aime bouger, j’aime danser. Oumy est là pour nous calmer le plus souvent ».

Mamy quant à elle se distingue par sa mine coquette et toujours joviale. Cheveux courts, longues boucles d’oreilles mariées au couleur rouge de sa chemise, elle est pleine d’énergie. Aux origines, le groupe ALIF pour « Attaque libératoire de l’infanterie féministe » était créé pour apporter une réponse aux nombreux rappeurs qui s’en prenaient aux femmes dans leurs chansons. « Il fallait une touche féminine pour parler au nom de celles-là qui n’avaient pas la télévision ou la radio pour se défendre ». Mais « Alif » c’est aussi la première lettre de l’alphabet arabe et donner ce nom à leur groupe était pour elles une manière de rappeler la primauté de la femme sur l’homme.

En 1999, Myriam et ses amies sortent Viktim, leur premier album produit par Optimist production de Pindra. Une mauvaise promotion ajoutée au manque d’expérience des filles feront entorse à cette production. Elles ne se découragent pas et sortent en 2002 un Cd international intitulé Da Kamerap qui sera produit par une structure allemande dénommée « Out here records ». Elles effectuent leur première tournée internationale et font divers pays européens comme l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, l’Italie... De retour de leur odyssée, Ndiaya, une des membres d’Alif, quitte le groupe. Elle est remplacée par Mamy, une jeune chanteuse, étudiante en marketing communication.

A ses heures perdues, Mamy s’exerce dans le mannequinat. Un nouveau départ pour le groupe qui, en 2005-2007 entre dans sa phase de maturation. Les filles voyagent beaucoup et participent à des festivals dans le monde entier. Pour renouer avec le public sénégalais, Alif sort « Rareti », un album rap-mbalax. Le style fait-il défaut à Alif ? Que nenni ! soutient Mamy. Pour elle, l’artiste ne doit guère avoir de fixation sur un style de musique quelconque. Myriam ajoute : « Ce qui nous intéresse, c’est de faire quelque chose qui plait aux gens. Et la musique c’est la manière de combiner les sons d’une manière agréable à l’oreille ».

En effet, le groupe ne cesse de subir des critiques acerbes depuis qu’il a accepté d’intégrer le mbalax dans son style. Mais Mamy et Myriam crient tout haut qu’elles ne regrettent pas d’avoir osé composer « Rareti » dans ce style bien sénégalais. Ainsi, à partir du 4 août, des séries de concerts seront organisés à Grand-Yoff, aux Parcelles Assainies, au Just 4 U. Cet anniversaire sera clôturé par une soirée au Yengoulène.

Maguette NDONG et Marie Henri SARR

Source : Le Soleil

Après douze années de présence scénique : Alif entame sa phase de maturité

Du 4 au 7 août prochain, le groupe Alif sera sur plusieurs scènes à Dakar pour le plus grand plaisir de ses fans. Histoire de marquer leur douzième année de présence scénique.

Par G. A. TCHEDJI

ImagePremier groupe de rap féminin au Sénégal, Alif va célébrer à partir du 4 août son douzième anniversaire. Ses membres l’on fait savoir vendredi dernier au cours d’une conférence de presse, organisée au Just 4 U. « Nous existons depuis 12 ans, mais c’est la première fois que nous faisons face à la presse. Et cela, simplement parce que nous avons atteint maintenant la phase de maturité. Et, il nous faut nous affirmer davantage », a affirmé Marième Diallo, de son nom d’artiste Myriam. L’anniversaire du groupe, placé sous « le signe de la maturité », se déroulera en plusieurs phases. D’abord, c’est le Just 4 U qui abritera demain mardi, la première soirée-anniversaire. Puis ce sera au tour des quartiers de Grand Yoff et des Parcelles assainies de recevoir le trio de chanteuses et rappeuses. Elles offriront à leurs fans à cette occasion, des concerts en plein air, notamment le mercredi 5 et le jeudi 6 août prochain, avant de donner le 7 août, une soirée de clôture au Yengoulène. Plusieurs artistes locaux vont participer à cette série de prestations du groupe Alif. « Nous avons invité tout le monde : le Pbs, Fallou Dieng, Salam Diallo, les Pirates de Dieuppeul, Da Brains, Simon Biss Bi… et ils viendront rehausser l’évènement » a informé Myriam. Outre cela, la plus grande surprise de cet anniversaire, sera la participation de Ndiaya aux côtés de ses « anciennes copines » avec qui elle a débuté sa carrière musicale. « Ndiaya est une sœur et elle reste notre sœur. Elle demeure un membre du Alif, car le Alif c’est un esprit, c’est un concept qu’elle a toujours adopté et respecté », a laissé entendre Myriam, qui précise que Ndiaya a accepté leur invitation et sera sur scène avec elle pour la soirée du Just 4 U notamment. Titulaire d’une maîtrise en Sciences économiques, Myriam la rappeuse du groupe Alif, prépare actuellement un doctorat axé sur l’industrie musicale sénégalaise. Quant à Mamy, de son vrai nom Ndèye Oumy Mbaye, elle est étudiante en année de master Marketing et communication, tandis que la « benjamine » du groupe Oumy Ndiaye est opératrice économique. C’est en 1997 qu’a été créée l’Attaque libératoire de l’infanterie féministe (Alif), pour apporter une réplique aux nombreux rappeurs qui s’en prenaient aux femmes dans leurs chansons. « Il fallait une touche féminine pour parler au nom de celles-là qui n’avaient pas la télévision ou la radio pour se défendre » a notamment expliqué Mamy, pour qui, « Alif c’est aussi la première lettre de l’alphabet arabe et donner ce nom à leur groupe était une manière de rappeler la primauté de la femme sur l’homme ». En 1999, Myriam et ses amies sortent Viktim, leur premier album produit par Optimist production de Pindra. Une mauvaise promotion ajoutée au manque d’expérience des filles feront entorse à cette production. Elles ne se découragent pas et sortent en 2002 un Cd international intitulé Da Kamerap qui sera produit par une structure allemande dénommée « Out here records ». Elles effectuent leur première tournée internationale et font divers pays européens. De retour de leur odyssée, Ndiaya, une des membres d’Alif, quitte le groupe. Elle sera plus tard remplacée par Mamy, une jeune chanteuse, étudiante en Marketing Communication. C’est le début d’une nouvelle aventure qui sera marquée par la sortie de leur dernière production Rareti. Un album qui coupe avec le style qu’on leur avait toujours connu. Les filles y font en réalité du rap-mbalax. Et, pour répondre à la provocation de ceux qui pensent qu’elles ne s’approprient pas un style et un genre particulier dans l’évolution de leur carrière, elles répondent simplement : « Quand on atteint la phase de maturité, il faut le prouver en embrassant, tout ce qui peut enrichir ou apporter un plus à la musique. »

arsene@lequotidien.sn

Source : Le Quotidien

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