72 HEURES DU HIP-HOP

Le mouvement galsen se retrouve autour de l’essentiel

Un nouveau partenariat entre l’Etat et les rappeurs Une grande retrouvaille entre toutes les générations en passant par ceux qui ont écrit les belles pages du rap sénégalais, jusqu’aux tous nouveaux venus. A cette occasion, le ministre de la Culture a promis de renouer avec tous les rappeurs.


Par Binta NDONG

L’objectif principal des 72H est de permettre à l’ensemble du mouvement de se retrouver autour de l’essentiel pour le triomphe du rap galsen. Awadi dira à ce propos : « Nous sommes ces petits docteurs, ces petits journalistes. On n’est pas obligé d’être des frères, mais on se bat pour la même cause. » Pour lui, la grande innovation est qu’aujourd’hui, l’autorité accepte officiellement que les rappeurs « existent », et promet de mettre sur pied différentes initiatives pour ce mouvement culturel. Et Didier de dire : « On applaudit, je crois que c’est un partenariat naturel. » Pour ces retrouvailles entre différentes générations, l’initiateur de ce projet « pense qu’à un moment donné, on a besoin de travailler ensemble, raison pour laquelle toutes les générations se sont retrouvées autour de l’essentiel ». En qualité de voix des sans voix, Awadi estime que les rappeurs ont le « pouvoir », mais il tient à préciser « ce pouvoir consiste à faire une critique objective et constructive ». Il sera appuyé dans ses propos par Simon qui tient à préciser que « cette rencontre est déjà une victoire. L’essentiel c’est de se réunir, car, le hip-hop est en train de brûler. Pour cette grande première, plus de 130 groupes vont jouer sans cachet. On ne vient pas faire de la politique, on vient travailler ». Prenant la parole avec comme d’habitude un discours préparé à l’avance, le ministre de tutelle, Mame Birame Diouf dira d’entrée de jeu : « J’ai décidé d’improviser comme Awadi et Simon. » Ce qui fera exploser la salle, mais, contrairement à ces habitués de l’improvisation, le ministre ne fera pas de « rimes » dans ses propos, comme l’a souligné un participant du fond de la salle. Mame Birame Diouf a annoncé qu’à partir d’aujourd’hui, un véritable partenariat est né entre mouvement hip-hop et le ministère de la Culture. Pour lui, cette initiative consiste d’abord à régler les préoccupations du mouvement. Car, dit-il « vous allez faire l’évaluation d’un travail de 20ans, mais aussi vous allez apporter un viatique nouveau ». Par la suite, le ministre a tenu à clamer haut et fort que tout le monde se retrouve dans le hip-hop, et qu’il est par ailleurs « le ministre chargé de tous les arts du Sénégal ». « C’est dans ma mission de promouvoir toutes les formes d’expression culturelle. Vous devez recevoir autant que les autres », lâche-t-il. Par la suite, il a lancé un appel pressant à tout le mouvement hip-hop pour qu’il participe à la réussite du prochain Fesman qui se tiendra à Dakar. « Le président compte sur vous pour le Fesman », dira-t-il à ces jeunes. Au cours de ces 72 heures, il y aura également la mise sur pied d’une mutuelle de santé pour les acteurs culturels. Cependant, ce mouvement étant très vaste, à coté des rappeurs, il y a également des breakers, des grafeurs, des disc-jockeys entre autres. C’est pourquoi la musique, la danse, la mode, tout sera au rendez-vous. Déjà hier, de jeunes breakers ont gratifié le public de belles démonstrations de danse. Hormis cela, un détour au niveau de l’exposition, a montré toute la créativité et la richesse de ces jeunes. Des tee-shirts, des chaussures, des blousons, en passant par des tops pour filles, tout était présenté au ministre et aux visiteurs. Après cette visite guidée, le public a eu droit à un concert au cours duquel, les jeunes ont fait montre de beaucoup de talents. Rappelons que pour cette manifestation, le ministère de la Culture a offert aux jeunes un montant de 4millions de francs Cfa. Après cette ouverture, le public aura droit jusqu’à samedi à d’autres manifestations telles que des séances de dédicaces, du battle, de la danse, du graff et des concerts à la place de l’Obélisque et au centre culturel Blaise Senghor. Pour cette grande première, le mouvement hip-hop a voulu coller à l’actualité sociale en articulant leur thème autour de la lutte contre la faim. C’est la raison pour laquelle, un tableau d’art qui a été présenté au ministre a pu être acheté avec la somme d’un million, montant qui sera reversé à l’Empire des enfants.

Source : Le Quotidien

1er festival 72 heures de hip-hop : Des Lyrics contre la pauvreté

Les adeptes du flow, à travers ce nouveau concept, veulent sensibiliser sur la nécessité pour les animateurs du mouvement d’assurer leur prise en charge, à tout point de vue.

La première édition du Festival 72 h de Hip hop galsen se déroulera du jeudi 1er au samedi 3 janvier 2009, informe le président du comité d’organisation de l’événement, Simon ‘Bisbi Clan’. Le rappeur faisait face à la presse hier vendredi. Le festival, selon ses promoteurs, sera centré sous le concept de la lutte contre la pauvreté, une nouvelle optique entreprenariale du mouvement Hip hop. Avec ce concept, les amis de Simon, comptent participer à la campagne de sensibilisation relative à l’élimination de la pauvreté, sur fond de spectacles musicaux. Parmi les artistes, annoncés pour marquer ce premier festival, on note les ténors du rap sénégalais, avec les Didier Awadi, Matador, Dream Mazi, entre autres. Ils vont partager les podiums du Centre culturel Blaise Senghor et de la place de l’Obélisque avec une cinquantaine de nouveaux talents.

Lancée par l’association des rappeurs, qui regroupe les pionniers du mouvement au Sénégal et les nouveaux talents, la manifestation a pour objectif de ‘permettre aux rappeurs de s’unir pour l’évolution positive du mouvement afin de pouvoir vivre notre art’, souligne le président du festival, Simon Bisbi Clan. Ce festival est ainsi présenté comme une réponse adaptée à une plus large représentation du mouvement Hip hop galsen. Il se veut un événement incontournable pour la promotion des jeunes artistes, note le président. ’Ce festival favorise la collaboration des rappeurs sur toute l’étendue du Sénégal. Il crée des synergies, des échanges d’idées et d’influences musicales propices à pousser le Hip hop galsen à s’imposer sur la scène internationale’, soutient l’artiste.

Il s’agit aussi, selon le chargé de l’organisation, ‘Jojo’, de ‘bâtir un concept symbolisant l’union entre jeunes du mouvement du Sénégal ; de célébrer la richesse de la culture Hip hop sous toutes ses expressions artistiques’ ; mais également de ‘renforcer les capacités techniques des acteurs par une formation appropriée’. Il est prévu, durant les trois jours du festival, un atelier de formation en technique de Slam, des conférences avec des thèmes axés sur, entre autres sujets, ‘Historique du Hip hop’ - ‘La poétique du texte rap’.

En outre, au-delà de ce festival, les rappeurs comptent, avec l’appui du ministère de la Culture, mettre sur pied une mutuelle de santé pour assurer leur prise en charge médicale.

Paule Kadja TRAORE

Source : Walf

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