APRES YOU ET PBS SUR LE CALVAIRE DES POPULATIONS

5 kiem Underground” et “Rapp J Squad” jouent leur partition

Les groupes de rap « 5 Kiem Underground » et « Rapp J Squad » se sont joints à Youssou Ndour et au « Positive Black Soul » pour plaider la cause des sénégalais affectés par les inondations et les coupures intempestives de courant. Ils sont en effet montés au créneau pour dénoncer à travers des singles, le calvaire que vivent les populations.


par Cheikh Mody FAYE & O. DIAW

Le lead vocal du Super Etoile et le Pbs n’ont pas été les seuls à décrier le calvaire des Sénégalais, d’autres groupes ont embouché la même trompette en plaidant la cause des populations déjà meurtries par les coupures intempestives et son lot d’inondations. Après Youssou Ndour, d’autres membres de la scène musicale Sénégalaise sont entrés en studio pour dénoncer à leur manière le mal-être des Sénégalais. En effet, ils ont utilisé leur voix pour fustiger la gestion des affaires publiques au Sénégal.

C’est ainsi que les groupes de rap « 5Kiem Underground » et « Rapp J Squad » sont entrés dans la danse pour jouer leur partition. Dans son album « Yagg Bawoul Dara », le groupe « 5kiem Underground » a en d’autres termes parlé de la « calamité » qui s’est abattu sur tout un pays. « Yegg Ngen ko Moss » (Vous êtes bien au courant de ce qui se passe), est le titre que « Baye Ndiagn a.k.a Madagueun » et « Djily Baghdad » ont produit pour traduire le mal-être des populations en portant leur message de détresse.

Leur texte, du reste très engagé, compare la vie quotidienne de la majorité des Sénégalais à celle des gouvernants qui sont, à leur avis, « nourris, blanchis, véhiculés et escortés ». Les Médinois ont ensuite dressé un tableau sombre de la société sénégalaise contemporaine en relevant une dichotomie, une séparation sociale entre « ceux qui souffrent et ceux qui continuent à exercer leur domination ».

Pour sa part, le groupe « Rapp J Squad » abonde dans le même sens et évoque dans son single la lancinante question du manque d’électricité, d’eau, mais aussi des inondations qui sont venues assombrir le décor. Dans leur clip en noir et blanc, les « Possee » de Yoff passent en revue le mal des Sénégalais symbolisé par des enfants érigeant des pancartes où on peut lire « Dafa doy » (C’en est trop) choisi comme titre de la chanson ou encore « la santé coûte cher ». Les images parlent d’elles mêmes et illustrent le quotidien des jeunes sénégalais qu’on voit se démener pour trouver de l’eau pour se débarbouiller. Dans le même clip, on peut apercevoir d’autres jeunes s’installer dans les premières heures du jour au détour d’un coin de rue et devisant autour d’une séance de thé.

You et PBS avaient donné le tempo

Ces jeunes artistes ont emprunté le même chemin que le « Roi du Mbalax » et du Pbs qui on mis sur le marché des singles qui prennent en charge la préoccupation et le calvaire des populations. Après « Mademba » qu’il avait sorti il y a une dizaine d’années pour fustiger les coupures de courant, le roi du « mbalax », a remis ça avec « Lep Mo Leundeum » (Tout est sombre).

Ce nouvel opus « revendicatif » déjà présent sur « You tube » est en train de faire sensation sur la « toile ». Ce cri de cœur est associé à des images édifiantes sur le mal-être des populations sinistrées et l’élan de solidarité engagé par la star pour se mettre du côté des victimes. Le micro-clip en ligne, présente un montage d’images avec des zones inondées devenues la proie des eaux, des bougies allumées, la pénombre accompagnant des images de la star en compagnie de chefs d’Etats en l’occurrence George Bush, Jacques Chirac etc.

Dés le début de la chanson, le lead vocal du Super Etoile annonce la couleur et lance : « Vous, responsables de l’électricité, écoutez bien ! Vous avez posé sur notre dos un lourd fardeau que même Dieu nous a épargné ». Le refrain, en passe d’être adopté par les Sénégalais car collant à l’actualité, est très révélateur : « les populations sont fatiguées de cette pénombre, coupures le matin, coupures le soir », égrenne le chanteur tout en s’interrogeant : « un manque de courant associé à des inondations, mon Dieu quel sort nous est réservé ? ».

Le « Roi du Mbalax » n’y est décidément pas allé de main morte dans le deuxième couplet où il s’est chargé de transmettre « le mécontentement du peuple » aux gouvernants en leur chantant : « Vous savez qu’actuellement le peuple est mécontent car vous ne réglez pas leurs problèmes, trop de discours maintenant place aux solutions (…) vous nous jetez à chaque fois de la poudre aux yeux au point de nous tuer avant l’heure. Trêves des innombrables périples, attaquez vous à nos problèmes » « Dafa doy » (Ca suffit).

Comme il s’était passé le mot avec le leader du Super Etoile, le Pbs sacré groupe précurseur du hip-hop au Sénégal, enfonce le clou avec ce titre plus qu’évocateur. Awadi et Doug E tee, dans « Dafa Doy » auquel s’est mêlé le chanteur Bouba Kirikou ont ainsi tenté, à travers leur chanson de faire l’ « état des lieux » et démontrer le calvaire des Sénégalais et crier le raz-le –bol des Sénégalais. Dans l’entame du clip produit à cet effet, on peut voir une pancarte où il est écrit : « bienvenue à Dakar » et un logo de stop de signalisation où il est marqué « coupure ».

La chanson débute par un cri de désespoir : « wouyoy wouyoy wouyoy », sont les premières paroles que serinent les chanteurs. Les images qui suivent ne sont pas moins éloquentes. Elles mettent en relief le visage hideux de la capitale sénégalaise où les pneus calcinés jonchent sur la chaussée. Mais aussi des images de manifestations, des forces de l’ordre qui tentent de disperser la foule en colère et qui tentent de les dissuader avec des chars de combats. Sans parler les images de quartiers de la banlieue inondée, les grévistes de la faim, les édifices saccagés.

A ce tableau chaotique s’ajoute un texte très engagé qui sonne comme une satire contre le pouvoir actuel. « Town bi légui (maintenant à Dakar), y’a la banlieue et les bons lieux, dans les bons lieux y’a plein de vue sur la mer, dans la banlieue y’a plein de vue sur la merde. » ironise t-il. « Y’en a marre. Ca suffit. On a mal et faim. Nous ne sommes plus en sécurité, ici, il ne fait plus bon de vivre. Le Sénégalais « yoratoul » (il est appauvri), « weratoul » (il a une mauvaise santé), « lékatoul » (il est affamé) », a renchérit Doug E Tee. Le clip s’est achevé par cette citation du journaliste burkinabé assassiné, Norbert Zongo : « La méchanceté des gens mauvais, c’est le silence des gens biens. Vous, qu’est ce que vous faîtes ? »

source : sud

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