15 bus cassés et 15 millions emportés lors des émeutes de l’électricité : Facture salée pour Dakar Dem Dikk

En l’espace de dix jours, la société de transport Dakar Dem Dikk a enregistré la casse de quinze de ses bus. Un acte signé par la furie populaire émanant des coupures d’électricité qui a fini de plonger Dakar dans le noir. Pour l’instant, les pertes sont évaluées à 15 millions de francs cfa et ce n’est pas fini. Puisque chaque bus immobilisé, dépose inconfortablement sept pères de famille sur la chaise du chômage.


Depuis quelque temps, les populations privées d’électricité expriment, chaque soir, leur colère et le lendemain Dakar Dem Dikk constate avec amertume les dégâts. Quinze bus emportés par les émeutes de l’électricité ; ce qui représente une manne financière de 15 millions de perte en l’espace de 10 jours. Aujourd’hui, Dakar Dem Dikk étouffe. Et c’est dans nos locaux que ses syndicalistes ont poussé, hier, le ouf du ‘y’ en a marre’. La vindicte populaire s’intensifie avec des méthodes changeantes. Puisqu’actuellement, en plus des casses, les recettes de la journée sont ciblées par une foule déchaînée. Les conséquences de tels actes ne sont pas que financières. Elles sont aussi d’ordre social. ‘Chaque bus cassé augmente le temps d’attente des populations au niveau des arrêts bus et fait perdre à sept pères de famille leurs emplois’, informe le Secrétaire général de l’Union démocratique des travailleurs de Dakar Dem Dikk (Udt3D), Mamadou Goudiaby. Le syndicaliste garde la forte conviction que les gens ne mesurent pas les conséquences dramatiques de ces actes. ‘Ils peuvent même périr dans ces casses’, regrette Goudiaby qui ajoute que les populations ne comprennent pas que les travailleurs de Dakar Dem Dikk sacrifient souvent leurs salaires pour relever le parc automobile de la société. Le groupe de syndicalistes en colère de dénoncer la confusion faite souvent par les populations en identifiant Dakar Dem Dikk à l’Etat du Sénégal. Ce qui n’est pas le cas, précisent-ils, en soutenant : ‘S’il est vrai que c’est dans sa politique en matière de transport que l’Etat à créer 3D, il faut retenir que c’est aux bénéfices des populations et des travailleurs de ladite entreprise’.

Ces travailleurs se retournent vers l’Etat à qui revient le rôle régalien de protéger les usagers. Et c’est Goudiaby qui rappelle les règles du jeu : ‘Nous interpellons l’Etat parce que les closes stipulent que l’Etat peut réquisitionner les forces de l’ordre pour sécuriser les usagers mais également nos véhicules’. Des mesures idoines doivent être prises pour sécuriser les travailleurs de la société de transport et les citoyens au vu de la violence qui émane de plus en plus de ces foules. Du sang a été versé avant-hier lors d’une attaque contre un bus au quartier Dieuppeul par de jeunes manifestants. La situation s’aggrave et l’absence de réaction rapide des autorités sénégalaises pousseront ces travailleurs, garants des droits de leur entreprise, à demander à la direction générale de Dakar Dem Dikk de prendre des mesures pour ‘un arrêt partiel du réseau et pourquoi pas, un arrêt total’. En fait, ‘tout dépendra de l’intensité des dégâts’.

La solution à cette nouvelle donne incombe à tous. C’est pourquoi, les syndicalistes interpellent les populations par rapport à leur devoir citoyen et à leur sens du civisme, afin qu’elles comprennent qu’aujourd’hui, ‘la situation, compliquée par les coupures d’électricité, peut s’aggraver avec un arrêt de circulation des bus de 3D. Casser les bus en réponse aux coupures d’électricité ne règle pas le problème’. Les travailleurs de la société de transport supplient les populations de leur laisser l’occasion de dérouler toutes leurs mesures visant à alléger le transport dans la capitale sénégalaise. Des politiques sociales élaborées allant des tickets de transport valables pour toute la journée aux bus hors lignes pour une réduction efficiente du temps de l’attente au niveau des arrêts bus.

L’on note que depuis la création de la société de transport Dakar Dem Dikk en l’an 2000, 104 bus ont été cassés lors de manifestations publiques.

Amadou NDIAYE

Source : Walf

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