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Les USA devront emprunter 1000 milliards pour sauver la finance

Le coût du plan de sauvetage de Paulson pourrait atteindre 1000 milliards. Il ne peut être financé que par le déficit, c’est à dire l’émission de bons du Trésor. Le salut des USA dépendra donc de la bonne volonté des investisseurs étrangers. Sidérés par l’ampleur de la facture, les observateurs n’ont pas encore commencé à aborder une question pourtant pressante. Les acheteurs seront-ils au rendez vous ? Et subsidiairement, le rendement actuel de la dette américaine est-il suffisamment attractif ? Si ce n’est pas le cas, les USA sont dans la seringue. Ils devraient alors remonter leurs taux, aggravant d’autant la récession. Reste une autre solution. La réédition des fameux prêts conditionnels que pratiquait le FMI. Mais cette fois, ce sont la Chine et le Golfe qui établiraient la liste des ajustements structurels.


Les États-Unis pourraient devoir emprunter de 700 à 1000 milliards de dollars supplémentaires pour financer le plus grand de sauvetage du système financier depuis la Grande Dépression, selon Michael Pond, analyste chez Barclays.

Les interventions en faveur de Fannie Mae, Freddie Mac et American International Group, les nouveaux prêts accordés par la banque centrale US au secteur financier et le ralentissement de l’économie vont ajouter 455 milliards aux besoins de financement du Trésor, estime M. Pond.

Le plan de sauvetage annoncé par le secrétaire au Trésor Henry Paulson prévoit débarrasser les banques de « centaines de milliards » d’actifs.

« On peut facilement ajouter 1 000 milliards à l’encours de la dette du Trésor au vu des initiatives annoncées au cours des deux dernières semaines, » estime M. Pond.

La dette de l’état a considérablement augmenté au cours des dernières semaines, à mesure que les responsables politiques tentaient de mettre un terme à la crise financière en prenant en charge les établissements financiers menacés par l’insuffisance de capitaux.

Le 7 septembre, le Trésor a accepté de garantir la dette de Fannie Mae et Freddie Mac et a annoncé qu’il achèterait les titres adossés aux emprunts hypothécaires. Cette semaine, la Fed a accru son offre de liquidités de 25 milliards, prêté 85 milliards à l’assureur AIG et quadruplé - en le portant à 247 milliards - le total en dollars que les banques centrales étrangères peuvent injecter sur leurs marchés. M. Paulson a déclaré aujourd’hui que le gouvernement allait racheter les actifs illiquides détenus par les banques et apporter sa garantie aux placements sur le marché monétaire.

Déficit croissant

« la probabilité que le déficit devienne énorme existe certainement », déclare Nils Overdahl, un gestionnaire de fonds de placement. « je présume que nous allons assister à l’émission [de bons du Trésor] de différentes durées. »

Le déficit devait probablement atteindre 650 milliards au cours de l’exercice 2009 en raison du sauvetage de Fannie et Freddie, avaient estimé les analystes de JPMorgan, dans un rapport publié le 12 septembre.

Au cours de la prochaine décennie, l’écart entre les dépenses et les recettes totaliserait 5 300 milliards, selon une étude de Goldman Sachs publiée le 10 du mois, révisant à la hausse un précédent chiffrage à 3 600 milliards. Le Congressional Budget Office avait de son coté prévu un déficit record de 438 milliards en 2009.

« Le déficit va grimper en flèche dans d’énormes proportions, » déclare Lou Crandall, l’économiste en chef de Wrightson ICAP LLC. « Même avant les événements de la semaine, les estimations tournaient autour de 500 milliards pour l’année prochaine, avec la perspective que s’ajoutent par-dessus des milliards de titres hypothécaires. »

Source : Bloomberg

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