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Wade surprend en assurant que « le Sénégal est autosuffisant alimentairement »

lundi 7 février 2011

Le président sénégalais Abdoulaye Wade a déconcerté son auditoire, lundi, au cours du Forum social mondial (FSM) à Dakar, en affirmant que le Sénégal est « aujourd’hui autosuffisant » en matière alimentaire et notamment en riz, ce que contestent observateurs et experts. M. Wade, au pouvoir depuis 2000 et candidat à un 3e mandat, a fait cette déclaration devant l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et un public de militants altermondialistes étrangers et de journalistes. « Notre pays était dépendant alimentairement, il y a quatre ans. Nous importions 600.000 tonnes de riz (...) Eh bien aujourd’hui, le Sénégal est autosuffisant. Nous produisons, ici même, tout ce que nous mangeons », a déclaré M. Wade, insistant sur le « tout ». Dans les maisons et restaurants de Dakar, les Sénégalais restent cependant de très gros consommateur de riz brisé importé d’Asie, notamment pour le traditionnel riz au poisson, en dépit de la relance de la production de riz local ces dernières années. « En matière de riz, de lait, d’huile, d’oignons, de pommes de terre, on est loin de produire suffisamment », a commenté l’économiste sénégalais Moubarack Lô, interrogé lundi par l’AFP. « La facture des produits alimentaires importés reste très élevée. Des progrès ont été faits avec la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) mais le Sénégal est loin d’être autosuffisant », a-t-il dit. Par ailleurs, aucun bilan officiel n’a encore établi concernant une autosuffisance en riz. Le directeur général de la Société d ?aménagement et d ?exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal (SAED), Mamoudou Dème, avait évoqué en janvier « une baisse notable des importations » de riz, en disant : « au moins la moitié de ce que nous consommons en matière de riz est produit au Sénégal ». Ces bilans officiels sont cependant contestés par des organisations de producteurs et spécialistes de l’agriculture, qui estiment généralement que la production de riz n’atteint pas encore 30% des besoins.

Source : AFP

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