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Spectacle « Sunu street » : Une chorégraphie qui peint la société sénégalaise

samedi 14 février 2015

Le public du Théâtre national Daniel Sorano a eu droit, avant-hier, à un spectacle de danse urbaine riche et varié. Il est le fruit d’une restitution de 10 semaines d’ateliers de « Sunu street », qui est un projet de valorisation de cultures urbaines regroupant des dizaines de jeunes. Le début est un choc. Des uppercuts, des sauts acrobatiques, des bras tournant dans tous les sens, des pieds en l’air… le tout, agrémenté par des rythmes du tam-tam ou un fond musical classique. Dans la fraîcheur de la nuit, le Théâtre national Daniel Sorano vibre au rythme du groupe « Sunu street ». Plus d’une dizaine de jeunes sont en mouvement. Ça bouge et crie parfois, puis c’est le silence. Les danseurs, à travers un spectacle majestueux, réussissent, dès leur première entrée, à tenir en haleine un public hybride qui, comme excité, semble se mêler à la danse. Pancartes en bandoulière, des salles de classe improvisées, des vendeurs de « café Touba », des ramasseurs d’ordure… Sur scène, tout est bon pour passer le message. Le but du spectacle, au-delà des aspects techniques et artistiques, est de sensibiliser sur des thèmes de société, d’évoquer le vécu quotidien des populations, soulever la problématique de la sauvegarde de notre cadre de vie. Ici, le tabou n’existe presque pas. On parle et danse de tout pour corriger et parfaire « notre » existence, mais également celle de « nos » concitoyens, via un travail d’éveil de conscience qui exige une débauche d’énergie et de fluidité. Ce spectacle présenté au public de Sorano est une restitution de 10 semaines de travail sous la houlette de deux danseurs de renom, Romuald Brizolier, un champion du monde de danse hip hop, et Joseph Nguessan, danseur/chorégraphe, vainqueur de nombreuses compétitions. « Sunu street » (notre rue) est un projet de valorisation des cultures urbaines, appuyé par l’Union européenne. La revendication des valeurs, à travers les créations artistiques, sont des paramètres essentiels qui sont pris en compte dans ce projet débuté en avril 2014. Le programme cherche aussi à répondre à la rareté des plateformes et des espaces de danse à Dakar. Aujourd’hui, ils sont plusieurs dizaines de jeunes à avoir bénéficié des bienfaits de ce programme. Le projet a permis d’organiser des ateliers de danse au Collège Sacré-Cœur, à l’Institut français Léopold Sédar et d’organiser des débats et soirées autour de la création artistique avec les danseurs urbains. Actuellement, l’objectif, a expliqué Anne Marie Van, l’une des initiatrices de « Sunu street », est d’arriver à tenir des tournées dans les différentes régions du Sénégal, afin de pouvoir en faire bénéficier aux autres jeunes de l’intérieur du pays. Mais, c’est également d’arriver à rencontrer de jeunes talents par l’entremise d’un croisement d’univers riches et variés. En attendant, pour « Sunu street », l’étape prochaine reste la participation au festival « Kaay Fecc » prévu en février en 2015.

Ibrahima BA

Source : lesoleil

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