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Sans eau à quatre jours du Magal : Touba attend Wade de pied ferme

jeudi 20 janvier 2011

L’épisode du manque d’eau à Touba, à l’occasion de l’édition de 1999 du grand Magal, qui a précipité la chute du président Abdou Diouf est-il en train de se reproduire ? En tout cas, tout le laisse croire puisqu’à quatre jours du Magal, les quartiers les plus populaires de la ville sainte ont soif.

(Correspondance) - Janatou Mahwa, Madiayana, Darou Marnane et Minam et une partie de Touba Mosquée n’en peuvent plus : il n’y a pas une seule goutte d’eau qui sort des robinets. La pénurie d’eau y est totale. A Sam, quartier le plus touché par cette pénurie, une manifestation devant la place publique du village a réuni une centaine de familles autour d’un camion citerne offert par un chef religieux. Awa Thiam, leur porte-parole improvisée, a déverse sa bile sur les autorités étatiques : ’Depuis un an, le quartier Sam ne dispose pas d’eau et cette année est pire encore. Nous sommes donc outrés par les propos de Me Ousmane Nom qui déclare que les engagements du gouvernement ont été respectés à 90 %. Rien n’a été fait ici. Si vous multipliez les 10 mille maisons par une moyenne de trois habitants, il y a au moins 100 mille personnes qui vivent ici et dans les quartiers environnants. Et toute cette population est sans eau et on se permet de dire à la radio que l’Etat a respecté ses engagements c’est faux’, dira la dame très en colère. Et elle prévient : ‘Demain (ce jeudi, Ndlr), à 14 h, nous serons à l’héliport pour attendre Wade de pied ferme, parce que l’Etat n’a pas respecté ses engagements.’ Un homme venu annoncer aux femmes que le marabout leur offre un autre camion-citerne a profité de la manifestation des femmes pour expliquer à la ronde : ‘Nous remercions Serigne Cheikh Mati Lèye qui a fait ce qu’il devait faire en exprimant ses besoins depuis des mois. Wade doit maintenant se rendre compte que ses proches lui font des coups bas. Nous ne voterons pas pour lui, il nous a déçus’.

Dans la vague de contestations des populations venues de cinq autres quartiers de Sam, il y a celles des habitants de Janatou qui pensent Wade joue avec le feu. Selon Saliou Seck, un habitant, ‘les populations peuvent se passer de l’électricité, mais l’eau est source de vie. Il faut qu’il aide les habitants privés d’eau depuis la disparition de Serigne Saliou’. M. Seck d’ajouter : ‘Si l’on n’aide pas les couches les plus démunies, le quartier va mourir de soif ce dimanche. Il faut une solution d’urgence. Ce problème ne peut pas être réglé par un président de conseil rural ou un sous-préfet. Il ne faut pas que Wade s’attire les foutres des populations. Il va vers des élections et ça risque barder pour lui s’il règle pas le problème de l’eau à Touba.’

Du côté des autorités religieuses, l’on se demande si le khalife général des mourides a la bonne information car les organisateurs semblent être allés trop vite en besogne en annonçant leur satisfaction par la voix du porte-parole du khalife. Mais qui connaît Serigne Bassirou Abdou Khadre peut s’assurer que si la situation persiste, il n’hésitera pas à cracher ses quatre vérités aux autorités étatiques, comme il l’a toujours fait face à de pareils manquements.

Pour rappel, en 1999, à la veille des élections de 2000, une grave pénurie d’eau avait frappé la ville sainte au point que le khalife général des mourides, Serigne Saliou Mbacké, avait demandé aux pèlerins de se munir d’eau en rendant à Touba. Cette situation avait, selon certains observateurs, précipité la chute du régime socialiste l’année suivante.

Pourtant, le ministre de tutelle, Oumar Sarr, qui visitait il y a quinze jours des ouvrages hydrauliques, avait donné des assurances quant à une couverture correcte en eau pour l’édition 2011 du Magal, mais les habitants dans le désarroi devront encore prendre leur mal en patience.

El Modou GUEYE

Source : Walf

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