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Quatrième édition du Showcase words and pictures (Wapi) : We Art the Word

mardi 16 mars 2010

Samedi, la quatrième édition du Wapi Showcase (vitrine pour les mots et les images), accueillait au British Council de Dakar, une performance inédite réunissant slameurs, poètes, conteurs musiciens, chanteurs, stylistes, danseurs. Une présentation collective autour du Mot.

Organisé tous les deux mois par le British Council, en collaboration avec le collectif Les Petites pierres, le Wapi Showcase (vitrine pour les mots et les images, en anglais) est un programme de développement des industries créatives. Il permet aux aspirants poètes, créateurs de mode, DJs, danseurs, graffeurs, dessinateurs, peintres, chanteurs, musiciens, cinéastes de présenter leur savoir-faire à travers une série de spectacles. La quatrième édition du Wapi showcase s’est déroulée ‘autour du mot’ et a réuni un pool de talents artistiques, valeurs montantes ou confirmées de la mode, de la danse, de la musique, des arts urbains tous styles et tendances combinés. L’ambiance était immersive grâce à la mise en scène originale et à l’aménagement de l’enceinte du British Council. Littéralement encerclés par les spectateurs, les artistes se sont produits sur une scène tamisée, fluorescente, agrémentée de lettres suspendues au plafond recouvert de plantes grimpantes. Excellent orateur, Babacar Mbaye Ndaak a tenu en haleine l’assistance. Le conteur a ‘ouvert bal’, réjouissant le public par ses envolées lyriques. Viera et la compagnie Afreekanam ont interprété une danse des mots bien inspirée. Le saxophoniste Issa Cissokho a aussi joué sa partition avant que Maktar Dada ne se distingue en déclamant des vers ‘autour du mot’. Programmés avant le concert de clôture joué par le Daara J Family, les slameurs se sont ensuite emparés du micro. Matador et Diofel ont exploré ce genre relativement nouveau. A noter que le défilé de mode Fiderte (Ethiopie) a été annulé. Des bandes dessinées réalisées par les petits pensionnaires du Centre culturel Riac de Thiaroye ont été également exposées et vendues aux intéressés. Ces livres racontent les histoires d’un chacal tantôt analphabète, tantôt gourmand, tantôt amoureux.

Un showroom entre mots et mode

En retrait de la scène, un showroom présente aux férus de mode et aux curieux trois lignes de vêtements ‘urban wear’ élaborées par des stylistes membres du collectif Les Petites pierres, une association d’artistes et d’opérateurs spécialisés dans la création de produits culturels (artisanat, événementiel, stylisme…) D’après son designer, Baay Sooley, la marque Bull Doff ‘nous projette dans une perspective fortement militante’. Le costumier, chorégraphe, danseur et rappeur (membre du Positive Black Soul), indique que Bull Doff ‘a la même valeur expressive qu’un Stand up de Bob Marley ’. Baay Sooley utilise la mode comme un mégaphone. Il lance ainsi à la jeunesse sénégalaise ‘une invitation à poser un regard plus conscient sur la réalité’. Premier prix des jeunes créateurs sénégalais du Sira vision 2006, membre fondateur du collectif Les Petites pierres, le styliste Cheikha matérialise sur des vêtements ses convictions sur le rôle que l’Afrique doit jouer comme force créative sur la scène internationale. Très attaché au jean, ce passionné de coupe propose une nouvelle mode urbaine dans l’esprit ‘made in Africa’. Sa marque ‘Sigil’ (‘Relève la tête’, en wolof) est à l’avant-garde des tendances. ‘Travailleur manuel’ endurci, Habib Sembène ‘récupère, assemble et surpique un large éventail de matériaux’. Sa marque Def’Art a du caractère, un tempérament affirmé, émancipé. Habib propose des accessoires du prêt-à-porter et des tenues créées spécialement pour la scène.

Sa vocation ? ‘Habiller les stars et personnalités du showbiz’.

Son credo ? ‘Consommer local en proposant un style moderne conçu avec des techniques purement traditionnelles’.D’après ce jeune créateur, ancien agent commercial, ‘la participation au Wapi a apporté ce brin de folie, cette signature singulière’ qui faisaient défaut à son univers artistique quelque peu conformiste à l’origine.

Mohamed NDJIM

Source : Walf

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