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Pour sortir le pays de la crise, voici une solution géniale d’un expert

mardi 9 juin 2009

Tout simplement génial. Comme le constate cet expert économique sénégalais, ancien ministre, le Sénégal n’a aucune ressource et produit peu de richesse (mais comment les colons ont fait pour soit-disant s’en mettre plein les poches !?).

La solution préconisée pour sortir le Sénégal de la crise mondiale et relancer l’économie, c’est de lever des impôts et d’améliorer la collecte. Bien sûr, il fallait y penser : le Sénégal est pauvre, et comme dit l’expert, sa seule richesse, c’est sa population. Donc, il suffit de la taper. Il n’y a qu’un hic dans ce beau raisonnement, c’est que pour payer des impôts, il faut produire de la richesse.

Je suggère à cet expert de se pencher sur une autre solution facile à mettre en œuvre : commencer par ne plus dilapider l’argent public provenant des impôts et de dons de pays gogos.

Avec des experts « reconnus » comme ça, le Sénégal n’est pas sorti de l’auberge ! (L’article suit) .


PROPOSITION - Relance de l’économie sénégalaise : La fiscalité en appui

08-06-2009 Le Sénégal, pays sans ressources minières ou richesses naturelles autres que ses populations, pourrait pourtant se sortir de l’ornière de la crise internationale, grâce à la capacité des services fiscaux à lever l’impôt, sous toutes ses formes. Cette théorie a été défendue le weekend dernier par un ancien ministre de la République, qui est également un expert reconnu des questions fiscales, M. EL Hadji Malick Sy « Souris ».

Par Safiétou KANE

La situation économique du Sénégal a toujours été difficile, en atteste le rapport de l’Onu sur le développement humain qui place le pays derrière la Mauritanie, le Togo, Haïti et le Zimbabwe. Pourtant selon l’ancien ministre et expert en fiscalité, M. El Hadj Malick Sy « Souris », « la grande majorité des Sénégalais ont travaillé et réalisé une dizaine de plans de développement économique et social, des stratégies de réduction de la pauvreté, mais notre situation reste toujours alarmante et inquiétante ». M. Sy s’exprimait samedi dernier lors de la première conférence-débat initiée par la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) L’objectif de cette rencontre était de susciter un débat d’idées et aussi, de formuler un plan global de relance de l’économie sénégalaise au moment où la crise s’installe durablement dans le monde. M. Sy était le premier conférencier, et il débattait du thème portant sur l’évolution économique du Sénégal à travers l’impôt de 1961 à 2007 : leçons apprises et urgence d’un nouveau modèle de développement ; la fiscalité comme un des leviers de relance.

Il expliquera au cours de ce débat que « le Sénégal reste un pays qui n’a aucune capacité monétaire. Il ne lui reste que les impôts et la dette. L’impôt servant à couvrir les besoins financiers de l’Etat ». Cependant, il soulignera que « le Sénégal a connu un mauvais départ fiscal au lendemain des indépendances. On n’arrivait pas à recouvrer les impôts, d’où le recours systématique à la dette et aux dons ». D’ailleurs, c’est sur le modèle colonial que le système de collecte des impôts a été calqué.

Pour parler de ce thème, M. Sy est parti d’une étude qu’il mène depuis 1983, où il « observe l’économie sénégalaise à travers l’impôt dans ses fonctions et concepts ». Dans le cadre strict du Sénégal qui est un Etat en développement, « l’économie sénégalaise se détermine par le fait que l’Etat sénégalais, son seul levier important, c’est l’impôt. Il ne compte que sur ses recettes fiscales qui représentent à peu prés 95% de ses recettes ordinaires », selon M. Sy. Ainsi pour que la relance de l’économie qui subit la crise économique et financière soit bonne, « il faut que l’Etat dispose de capacités financières. Mais la chose la plus importante est que l’Etat disposant de ces capacités financières doit les utiliser à bon escient. Ce qui est fondamental, c’est la dépense publique. Il faut que la dépense publique soit au profit de la majorité », soutient-il avant d’insister sur le fait que « depuis les indépendances jusqu’en 1996, la capacité d’actions de l’Etat n’a pas été importante du tout, parce que les recettes fiscales dépassent largement les dépenses ordinaires. Il faut le comprendre ; c’est comme dans un foyer, ce que l’on gagne sert tout juste à être dépensé ». Mais la situation s’est un peu « améliorée à partir de 1994 et il y a un secours budgétaire et ce secours a été dépensé à travers les investissements et les autres objectifs de l’Etat. Ce qu’on constate est que les dépenses dans la demande sociale n’ont pas été suffisantes ».

Globalement, le système fiscal sénégalais est jugé comme « un système fiscal juste dans ses modalités parce qu’il respecte tous les principes universels. Mais ce qui fausse le système, c’est l’utilisation des recettes dans les dépenses. Le système est complexe compte tenu de l’environnement du Sénégal, il y a un trop fort nombre d’analphabètes et on gagnerait à avoir un système plus simple, plus accessible ». M. Sy, au cours de cette rencontre a insisté sur l’orientation des dépenses vers les secteurs à haute intensité sociale, mais également à des secteurs qui favorisent le secteur privé pour une croissance vertueuse et de créer des emplois au niveau de l’agriculture.

Il pense que « la Tva est un impôt fondamentalement inadapté au marché Sandaga. La Tva est un impôt très complexe. Il faut un impôt structuré qui s’adapte plus à une entreprise structurée qu’à une entreprise qui n’est pas structurée ». Et c’est pour cette raison qu’à côté de la Tva, il est pour « un impôt plus adapté à l’environnement ».

La Direction des impôts a fait savoir qu’elle est en train d’imaginer un impôt synthétique pour résoudre ce problème. Malick Sy propose aussi l’évaluation des coûts et bénéfices des dépenses fiscales et leur gestion par l’administration compétente, la création d’une école régionale de l’administration financière. La création de haut conseil de l’impôt, et d’une taxe locale. La rationalisation des choix budgétaires pour « que l’Etat ne fasse pas ce qu’il veut et le Parlement doit instituer un autre rendez-vous budgétaire ». Fort de tout cela, M. Sy pense que « toute relance économique doit s’assoir sur un modèle détonant. L’Etat du Sénégal a été diabolisé, mais nous sommes tous responsables, certains plus responsables que d’autres. Il faut plus d’Etat et mieux d’Etat pour que l’Etat consente à de meilleures politiques publiques ».

Pour n’avoir pas eu de réponse à leur proposition faite à l’Etat pour la mise en place d’un groupe de réflexion sur la crise, les chefs d’entreprises membres de la Cnes ont décidé d’organiser des conférences afin de susciter un débat d’idées, mais aussi de formuler un plan de relance de l’économie sénégalaise.

sakane@lequotidien.sn

Sources : Tak / Le Quotidien

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