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Pour la résurrection du maître de la récup’art

dimanche 14 septembre 2008

Hommage posthume au premier artiste sénégalais à avoir été invité à la Biennale de Venise, en Italie, cette exposition organisée par la Fondation Blachère permet de (re) découvrir une cinquantaine de tableaux de Dimé, présenté comme un maître de l’art de la récupération.

Féru d’assemblages de tous types d’objets récoltés sur les plages et les rochers de l’île de Gorée (3 Km au large de Dakar) où il avait installé ses ateliers, l’artiste s’inspire notamment de la nature, pour faire des sculptures les unes plus originales que les autres. Au sortir de ses ateliers et au gré de ses imaginations, de simples squelettes de ferraille, par exemple, sont peu à peu transformés puis associés à des calebasses et à des morceaux de bois.

Dix ans après le décès de l’artiste, l’histoire de cette exposition d’Apt relève d’une coïncidence heureuse. « A la fin des années 1990, une rétrospective posthume organisée à l’hôtel de ville de Paris honore la mémoire de l’artiste. Importées de manière temporaire en France, ses œuvres doivent rentrer au Sénégal après l’exposition », relate Jeune Afrique.

« Manque d’argent ? Négligence ? Toujours est-il qu’elles n’ont jamais fait le voyage de retour et sont restées enfermées dans des caisses, à la Villette, pendant dix ans. Jusqu’à ce que le critique d’art belge Roger Pierre Turine en informe le directeur artistique de la Fondation Blachère, Pierre Jaccaud » qui finalement va « ressusciter les élégantes sculptures », poursuit l’hebdomadaire panafricain édité à Paris.

Au-delà de l’intérêt artistique qu’il y a à (re) découvrir les œuvres de ce maître de la récup’art, les responsables de la Fondation Blachère espèrent que cette renaissance permettra, « un jour, la création d’un musée Dimé – par exemple dans cette maison inoccupée qui appartient toujours à ses ayants-droit, près de l’aéroport de Dakar », rapporte Jeune Afrique.

LES OEUVRES DE MOUSTAPHA DIME EN QUETE D’UN MUSEE

(APS) - La perspective de la création d’un Musée Dimé, du nom du défunt sculpteur sénégalais Moustapha Dimé, est évoquée par Jeune Afrique dans sa dernière livraison, 10 ans après la disparition de l’artiste célébré depuis juin dernier à Apt (sud de la France), à travers une exposition qui se poursuit jusqu’au 17 octobre prochain.

De son vivant, le sculpteur avait fait construire une villa, près de l’aéroport de Dakar, afin d’y abriter l’ensemble de ses oeuvres. La Fondation Blachère, qui compte faire circuler l’œuvre de l’artiste en Europe durant cinq ans, compte sur le fait que l’argent récolté permettrait justement de faire fonctionner ce lieu qui deviendrait le Musée Dimé.

Ce serait une résurrection pour cet homme qui avait une claire conscience des problématiques de l’art en Afrique « En créant, avait-il l’habitude de dire, j’essaye d’être moi-même. Mais je n’accepterai jamais que l’Occident m’emprisonne dans le concept d’un art africain. Je crée un art universel... En fait, je ne rêve que de lumière... Je vois la mer, la terre, la nature, le ciel et les hommes. Tous ces éléments contribuent à l’harmonie ».

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