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Mise à sac des rédactions de l’As et 24 heures chrono : L’empreinte du pds

mardi 26 août 2008

Ce que le procureur n’a pas dit hier lors de sa conférence de presse, c’est que les interpellations dans l’affaire L’AS et 24 Heures Chrono renseignent sur le commanditaire de l’attaque. D’après les informations obtenues, les enquêteurs sont en route vers le sommet du parti au pouvoir.

Dans l’enquête sur la mise à sac des sièges des quotidiens L’AS et 24 Heures Chrono, la piste du Monstre est en… « bleu ». Les indices l’indiquent, les témoignages sont formels et nos sources sont catégoriques : « Tous les chemins mènent vers la direction du Parti démocratique sénégalais (Pds). » Certains de leurs responsables sont à la base de cette affaire qui défraye la chronique, depuis plus d’une semaine. Hier, le procureur de la République, Ousmane Diagne, instructeur du dossier, a révélé lors de sa conférence de presse que la Police effectue bien son travail et même des interpellations sont effectuées. Voulant respecter le secret de l’enquête, le Procureur a préféré taire l’identité des personnes mises en cause. En réalité, nos sources soutiennent qu’il s’agit d’éléments commandés à partir du plus haut niveau du parti au pouvoir. Pis, certains de ces présumés criminels sont connus par les services de la Police pour avoir participé à des activités de vandalisme similaires, précisément lors du badigeonnage de la maison de l’ex-Premier ministre, Idrissa Seck en 2005. Ainsi, au moment où le Procureur s’adressait à la presse, trois individus étaient déjà arrêtés. Et si la piste bleue était tout indiquée pour bon nombre de Sénégalais, grâce notamment aux menaces du ministre Farba Senghor et portant la signature de son chef de cabinet Assane Bâ, les premiers éléments obtenus par les éléments de la Sûreté urbaine citent un autre haut responsable du Pds. De même un proche du président de la République se retrouve sur les tablettes des enquêteurs. Ces nouveaux éléments obtenus par les enquêteurs ne surprennent guère. Car, avant que le Pds et ses alliés ne prennent la décision de boycotter la presse membre du Comité pour la défense et la protection des journalistes (Cdpj), une réunion très restreinte avait eu lieu au siège dudit parti. Et aujourd’hui les indices en possession des limiers mènent vers certains participants à cette réunion. Tout cela est connu par le juge et il s’engage à mener son travail jusqu’au bout. Seulement, lui-même, lors de son face-à-face d’hier avec la presse, a délimité ses prérogatives reconnaissant son incapacité de poursuivre ou d’interpeller des ministres en fonction. Mais l’aspect cocasse dans cette histoire, c’est que depuis hier, quatre des nervis engagés par le Groupe Futurs médias ont été interpellés par la Police et placés en garde-à-vue. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à la mise à sac des rédactions de L’AS et 24 Heures Chrono. Donc après avoir effectué leur sale besogne, ils se sont retrouvés embauchés par le groupe de communication de la Corniche. Aujourd’hui, après avoir travaillé des jours durant pour ces responsables, ils en connaissent beaucoup sur eux. Et en cela ils constituent un danger potentiel pour les éléments de Futurs médias, dont la Direction a décliné, hier, toute responsabilité sur les agissements de ces nervis antérieurs à leur recrutement.

Auteur : Cheikh Fadel BARRO

Source : Le Quotidien

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