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Le rappeur sénégalais chante les grands noms de l’Afrique : Didier Awadi triomphe aux Francofolies de Montréal

lundi 21 juin 2010

Deux nuits successives, lundi et mardi derniers, entre caprices de météo et manchettes du très sérieux quotidiens montréalais La Presse, Didier Awady était fortement attendu par le public des FrancoFolies de Montréal.Le rappeur devait à la fois porter l’esprit du rap des ghettos américains des années 80 dénonciatrices d’injustices et surtout livrer, à travers son dernier album Président d’Afrique, un hommage aux ‘grands noms de l’Afrique’.

(Montréal-Correspondance) . Didier Awady est précédé à Montréal par une réputation qui sonne comme un défi à relever. Sur la note de présentation des organisateurs des FrancoFolies, Didier Awady écrivent : ‘Le rap des ghettos américains des années 80 retrouve sa mission cri du coeur et dénonciatrice d’injustices grâce au rappeur sénégalais militant Didier Awadi. Ses chansons, qu’il qualifie de ‘panafricanistes’, métissent habilement cultures occidentales et africaines. Et elles rassemblent et mobilisent les jeunes de toute la diaspora ! Président d’Afrique, son plus récent Cd est la musique des grands idéaux : progrès, paix et justice’. Juste avant le premier des deux concerts, ce lundi 14 juin, le sérieux quotidien montréalais La Presse titre à la Une : ‘Didier Awadi : toutes Afriques unies’ avec en couverture la photo de l’artiste entouré de deux grands symboles du continent noir Kwamé Krumah et Nelson Mandela. ‘Le pionnier de la musique hip-hop africaine’, selon La Presse de Montréal, s’est présenté lundi dernier sur la scène urbaine de Vidéotron dans un grand boubou africain pour une heure de prestation. L’homme affiche une forme débordante devant une foule dense qui ne s’entiche guère d’une météo capricieuse. Sur la scène comme dans le public, l’Afrique est présente. Très tôt, l’artiste annonce une orientation musicale prenant les contours de sa dernière production Présidents d’Afrique. ‘Nous sommes là pour célébrer les grands noms de l’Afrique’, clame l’artiste. Le voyage vers le continent noir fait un détour aux États-Unis pour rendre hommage à Malcom X. Le fondateur du Positive black Soul impressionne par le son et les discours qui sonnent comme le crédo d’un militant engagé. ’On a plus le choix, on se tue à le répéter ’, scande le rappeur après plusieurs étapes au Burkina Faso (Sankara) et en Guinée de Sékou Touré. Sur le podium avec un groupe de quatre musiciens (piano, guitare et drums) soutenu par deux choristes, Awady a impressionné par son aisance, alliant rock, funk et rythmes africains. Le célèbre rappeur sénégalais, Awady, au sommet d’un art maîtrisé et dans une parfaite communion de la foule, une voix grave résonnant sur le morceau ‘Le cri du peuple’, n’a pas de nationalité. ’Lumumba ou Rosa (Parc)’ qui ne se sont jamais connus, ont pourtant été de tous les combats de la défense des valeurs d’humanité. Comme Mandela. Et justement le voyage proposé vers l’Afrique du Sud, en pleine campagne de coupe du monde, sous la forme de rythmes endiablés des Bafana-Bafana, a beaucoup ravi le public montréalais. Didier Awady donne l’impression de résumer d’un trait l’Afrique dans sa diversité culturelle. Du Congo, il reprend la mythique chanson Indépendance Cha Cha du Grand Kallé composée en 1960 pour porter sa voix sur la célébration des indépendances africaines. La dernière étape du concert du lundi sera Yaoundé au Cameroun. Les Montréalais ont été plongés dans une célèbre chanson Zangalewa, reprise par Shakira pour l’hymne d’ouverture de la coupe du monde. Tout comme le public du lundi, ceux qui se sont déplacés mardi pour écouter le rappeur sénégalais ne l’ont pas regretté. Des ovations nourries ont accompagné les deux prestations sous des cris du genre : ‘Reviens-nous, on n’a pas assez.’ Un autre rendez-vous est peut-être possible puisque Didier Awady devrait revenir à Montréal pour la cause d’un documentaire québécois sur les États-Unis d’Afrique, dont il est l’un des principaux protagonistes. Coproduit avec l’Onf, le film est attendu sur les écrans de la ville à l’automne prochain.

Abdou Karim DIARRA

Source : Walf

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