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Le changement climatique est irréversible, avertit une nouvelle étude scientifique

dimanche 1er février 2009

Le niveau de CO2 dans l’atmosphère est pratiquement irréversible, avertissent les scientifiques. Même en cessant complètement les émissions, les quantités de chaleur et de CO2 accumulées dans les oceans continueront à se libérer lentement, prolongeant le réchauffement durant des centaines d’années. Illustration : niveau résiduel de CO2, température et élévation du niveau de la mer en l’an 3000, selon le niveau de pic des émissions de CO2 (ligne du bas).

National Public Radio (USA), 26 janvier 2009

Le changement climatique est un processus pratiquement irréversible, avertit une nouvelle étude scientifique.

Avec l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone, la planète subira des perturbation de l’environnement à long terme. Les dégâts provoqués vont persister, même lorsque les émissions seront contrôlées, affirme l’auteur d’étude, Susan Solomon, qui est l’un des climatologues les plus réputés.

« Nous sommes habitués à considérer les problèmes de pollution comme quelque chose que nous pourrions réparer », explique Mme Solomon, à l’image de la pollution atmosphérique, où « il suffit d’arrêter, et tout ira mieux ensuite. »

(JPG) C’est effectivement le cas pour certains gaz qui contribuent aux changements climatiques, comme le méthane et le protoxyde d’azote (N2O). Mais, Solomon et ses collègues suggèrent dans une nouvelle étude publiée dans la revue Actes de l’Académie Nationale des Sciences, que ce n’est pas vrai pour le plus abondant des gaz à effet de serre : le dioxyde de carbone. Mettre un terme aux émissions de dioxyde de carbone n’arrêtera pas le réchauffement de la planète.

« Les gens ont cru que si nous cessions d’émettre du dioxyde de carbone le climat serait revenu à la normale dans 100 ans ou 200 ans. Ce que nous montrons, c’est que ce n’est pas vrai. Il s’agit essentiellement d’un changement irréversible qui durera plus d’un millier de années », affirme Mme Solomon.

Les océans absorbent actuellement une grande partie de l’excès de chaleur de la planète, et une grande partie du dioxyde de carbone présent dans l’atmosphère. Mais le dioxyde de carbone et la chaleur finiront par être restitués par l’océan. Et ce processus aura lieu pendant plusieurs centaines d’années.

Mme Solomon est une chercheuse de la National Oceanic and Atmospheric Administration. Cette nouvelle étude porte également sur les conséquences de cet effet à long terme sur l’élévation du niveau des mers et de sécheresse.

Si nous continuons comme à l’heure actuelle, même seulement quelques dizaines d’années, dit-elle, ces émissions pourraient être suffisantes pour créer des conditions de sécheresse persistante, semblable au « dust bowl » des années 1930, dans le sud ouest des États-Unis et sur pourtour de la Méditerranée.

« La hausse du niveau de la mer est un phénomène beaucoup plus lent, donc il lui faudra beaucoup de temps pour se manifester, mais il sera verrouillé, en fonction du niveau de crête [ des émissions de CO2] que nous atteindrons au cours de ce siècle », affirme Mme Solomon.

L’idée que ces changements seront irréversibles entraîne des conséquences sur la façon dont nous devons combattre le changement climatique. Le thermostat mondial ne pourra pas être baissé rapidement une fois qu’il aura été augmenté. Les scientifiques avertissent donc que nous devrions agir avec plus de prudence dès maintenant.

« Il y a tous ces changements qui commencent déjà à se produire, au moins de façon mineure », prévient Michael Oppenheimer, de l’Université Princeton. « Alors, la question devient celle ci : où devons nous nous arrêter ? A quelle moment tout cela devient-il dangereux ? »

La bonne réponse, dit-il, c’est au plus tôt et non pas plus tard. Les scientifiques tentent de conseiller les responsables politiques sur la recherche d’un niveau acceptable de dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Cette nouvelle étude donne à penser qu’il est encore plus important de se donner pour objectif de CO2 un niveau bas. Si on dépassons les limites, les dommages ne pourront pas être facilement réparés. M. Oppenheimer ressent plus que jamais l’urgence de lutter contre les changements climatiques, mais il juge qu’en dernier ressort la définition de la limites acceptable pour le CO2 relèvera d’une décision.

Source : Contreinfo

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