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Des 4X4 non immatriculés font régner la terreur

mardi 29 juillet 2008

Article Par PAPA SOULEYMANE KANDJI ET MAKHALY NDIACK NDOYE (STAGIAI, Paru le Mardi 29 Jui 2008

L’histoire récente en a fait, à une certaine époque, ses choux gras. Il s’agit de la honteuse saga des Duvalier avec leur milice tristement célèbre. Dénommée les « tontons macoutes », cette horde semait à tout bout de champ la mort et la désolation. Ce qui s’est passé, hier, avec de jeunes leaders de l’opposition, rappelle, à bien des égards, cette page sombre qui fait encore sursauter en Haïti. Mais, avec les menaces à tout bout de champ de champ et l’impunité ambiante sous nos chaudes latitudes… Quant à Aly Mané du Front Siggil Sénégal, nos sources sont formelles : c’est une véritable chasse à l’homme qui est déclenchée afin de le débusquer. Pour lui faire la peau ? Allez savoir !

Le président des jeunes de l’Alliance Jëf-Jël, Ousmane Ndiaye, a été arrêté et violenté, hier, par des nervis d’un genre particulier. A bord de 4x4 neuves, de surcroît non immatriculés, ils excellent dans l’art de torturer ces empêcheurs de matraquer en rond. Des sentinelles qui se font, d’ailleurs, de plus en plus nombreux sous le ciel bleu azur de l’Alternance. C’était lors d’une manifestation de l’opposition qui voulait exprimer son indignation, suite à la volonté de la mouvance présidentielle de modifier, pour la énième fois depuis 2001, la Constitution. En l’occurrence l’article 27. Ainsi donc, Ousmane Ndiaye, président de la jeunesse de l’Alliance Jëf-Jël et porte-parole des jeunes du « Front Siggil Sénégal », a été arrêté, avec Aïda Niang du mouvement des jeunes du Pit, par des « gens en 4x4 sortis on ne sait d’où ». « Ils nous ont arrêtés et nous ont conduits, à bord d’une voiture 4x4 qui n’était pas immatriculée », fulmine Ousmane Ndiaye. Curieusement, ces deux personnes arrêtées ne sont conduites, selon nos sources, ni au commissariat de police, ni à la brigade de gendarmerie. Leurs bourreaux les ont, nous dit l’un d’eux, acheminés derrière le Palais de la République « pour les insulter et les brutaliser ». C’est ainsi que M. Ndiaye, après avoir passé un sale quart d’heure, verra sa puce téléphonique confisquée « par des éléments qui sont sortis de nulle part ».

Des nervis aux trousses d’Aly Mané de Siggil Sénégal

Mais, toujours de l’avis de notre interlocuteur, « ces nervis étaient à la recherche d’Aly Mané, membre de la jeunesse du Front Siggil Sénégal ». Les manifestants, qui devaient être devant le siège de l’Assemblée nationale, sont arrivés par le boulevard de la République. Ils ont, ensuite, été dispersés par des éléments du Groupement mobile d’intervention (Gmi) de la police nationale. En un mot, comme en mille, les Sénégalais sont chaque jour que Dieu fait, davantage confrontés aux bavures du pouvoir. En effet, au moment où les journalistes réclament toujours justice, suite à l’agression sauvage perpétrée par des éléments de la Brigade d’intervention polyvalente (Bip) sur notre confrère Kambel Dieng, les autorités ne trouvent ont remis ça pour (re) casser, cette fois-ci en terre américaine, en la personne de notre confrère installé au Canada, Souleymane Jules Diop. Ne voudraient-ils pas se donner, encore, en spectacle sur la scène internationale, voire jeter en pâture ce qui reste de crédibilité à nos institutions avachies, que les sbires de Me Abdoulaye Wade ne s’y prendraient pas autrement. Pour dire à quel point le Sénégal, jadis modèle démocratique dans une Afrique en proie à des régimes dictatoriaux, marche à reculons.

Source : L’Obs

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